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ricMirs, celui de Trente particulièrement, avaient pu se taire sur le gallicanisme qui n'avait pas encore une existence oflicielle, pour ainsi dire, dans TKglise de l'rance, les conditions étaient changées : la lameuse d(''(daralion avait été, au xvir et au wiii'^ siècle, condamnée par trois papes : le nouveau concile devait prendre parti.
La définition de liidaillibililé (''lait dans lair : le (i février ISCl», parut un manifeste de la Cwiltà cathcAica, annonçant (pie le concile définirait deux dogmes nouveaux : riid'aillibilité et l'Assoniplion. (Je fut le signal des polémiques : la question, comme dit Dupanloup, fut jetée « dans la rue et dans la presse ». Les ultramontains ne pouvaieid. laisser sans réponse les écrits de Maret, de Dupanloup, de Gralry, et la protestation des évèques allemands assend)lés à Fulda. Cest ce que proclame avec force le postulatum des évèques pour la définition de l'infaillibilité : « Si auparavant l'opportunité d'une décision de cette doctrine par le concile œcuméni(iuc a pu sembler douteuse à quelques-uns, la nécessité en paraît maintenant évidente... ».
yuand l'histoire impartiale de ce concile sera faite, nous saurons si la question de rinfaillibilité, fut, comme on l'a ilit, i)osée par surprise, et également par surprise introduite dans les scheniata proposés aux Pères du Concile; si la discussion en fut précipitée et étranglée; si Pie IX pesa de tojile son intluence sur la décision à intervenir; si enfin les admirables efforts des derniers gallicans ne se brisrrcid pas devant le parti pris d'adversaires décidés à tout pour triompher.
La solution intei'vnit le IS juillet lîSTt»; ilans la i" session généi'ale du concile lui inoniulguée la constilulion sur Vinjhilliblc inaiiistcre dn Ponlifc roiitaiii : » Nous enseignons et dt'fiiùssons, avec l'approbaliou du saint (loucile, (pie c'est un doi;iuc divinement r(''vél('' : (jue le
Pontife romain, lorsquil parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant la rliarge de pasteur et docteur de tous les chrétiens, en verlu de sa supirme autorité apostolique, il définit qu'une doctrine sur la foi ou Ir's moeurs doit être tenue par l'Église hniverselle, jouit pleinement, par l'assistance divine qui lui a été promise dans la personne du bienheureux Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que son Église fût pourvue en définissant la doctrine touchant la foi ou les mœurs; et, par conséquent, que de telles définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en verlu du consentement de l'Église.
« Que si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, avait la témérité de contredire Xotre définition, qu'il soit anatlième '. »
Les mots essentiels étaient ceux-ci : « Ideoque ejus modi Romani pontificis definitiones esse ex sese irreformabiles, non autem ex consensu Ecclesiae » ; or le 4e article de 1682 portait : « nec tamen irreformabile esse judicium nisi Ecclesiae consensus accesserit ». J. de Maistre avait gain de cause -.
L'heure était solennelle, et Louis \euillol vit la main de Dieu dans cet événement : « Vn orage effroyable, dit-il, environnait Saint-Pierre, plongé presque dans l'obscurité. Le dogme a été proclamé au milieu des éclairs et des tonnerres. Dans la foule, les uns pensaient au gallicanisme, et disaient : C'est un enterrement. Les autres pensaient à l'avenir et disaient : ^ous sommes au Sinaï '•■ ». Ainsi s'achevait cette crise religieuse, la plus
1. Fcsslor. In ]'rait' ri ht fausse iitfaillihililr ,lcs Paprs. p. "(4.
2. Qucl(|ut's inliaiisi.-canls, dit-on, avaicnl proiiosé n-llc aulro furiiiiilc : " incriirmahilL's ex st'sc, al)s<iiir ninsrnsu Kccicsiao ».
:t. Ildiiir, i>ritdiint le conrili; (.11, p. /|.:J0.