‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 31 sur 152 · JOSEPH DR MAISTRE EN RUSSIE · texte numérisé non relu

JOSEPH DR MAISTRE EN RUSSIE

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Nul (loulc ((lie Sloiinl/.a n'ait visr tlirectemenl J. de Maislri; lorsqu'il disait, au ilébut de son livre :

« L'ouvrage que l'on offre en ce moment au puJjlic a été suggéré par des motifs aussi impérieux qu'ils sont légitimes. Ce qui vient de se passer à Saint-Pétersbourg; les tentatives de quelques hétérodoxes domiciliés en Russie, pour agiter les consciences, et exciter dos doutes parmi les fidèles sni- la piirel('' des dogmes {)rofessés par l'Église d'Orient, la lluctualion des esprits qui est résultée de ce choc d'opinions : en un mot, l'agression ouvertement dirigée contre la religion de l'État, ont fait sentir la nécessité de rompre le silence et de se défendre puisqu'on se voyait attaqué, i

Stourdza admirait vivement les quatre premiers siècles, ceux où la doctrine et la discipline étaient dans leur pureté primitive. Les deux premiers livres de l'ouvrage tendent à prouver que l'Église d'Orient n'a jamais accepté les innovations, ni dans les dogmes qu'elle professe, ni dans les rites qu'elle observe.

Le livre III, plus général, s'élève à une vue d'ensemble sur l'esprit des deux églises d'Orient et d'Occident et détermine l'influence de l'Église orthodoxe sur les peuples adhérents à sa communion, notamment sur les deux, pat ries de l'auteur, son pays natal, la Grèce; son pays d'adoption, la Russie. « Les institutions civiles' des Grecs, au milieu de leur assujettissement attestent la prodigieuse activité du pi'incipe religieux qui les vivifie, et leur tient lieu de patrie, de liberté, de gloire, de sécurité, de richesse, de lumière et même d'espérance » (p. IT.'l).

.Mais St(iurd/.a triomphe surtout dans le chapitre qui

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termine ce livre et qui est consacré à la tolérance. L'Église, dit-il, doit avoir « le zèle, et non l'impatience du règne de la vérité » (p. 200). Les nations qui ont pratiqué la tolérance, la Russie, la Prusse, l'Angleterre, l'Amérique septentrionale, la Hollande sont prospères; mais l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la Turquie, la Perse, le Japon ont, pour leur malheur, connu le fanatisme et les persécutions. Quant aux individus, qui s'élèvent contre des opinions religieuses, uniquement parce qu'elles ne sont pas les leurs, ou bien ils s'arrogent un droit qui ne leur appartient point, ou bien ils détournent les âmes de la vérité par leur zèle coupable, et, en fin de compte, ils « perdent à censurer leurs semblables un temps qu'ils pourraient employer à leur propre perfectionnement ».

Cette allusion personnelle blessa peut-être moins J. de Maistre que les diatribes de Stourdza contre la papauté. Voici en quels termes vStourdza rappelait le couronnement de Charlemagne par Léon III :

« Au milieu des ténèbres de l'ignorance, le descendant des maires du palais de Mérovée voit luire une couronne radieuse que lui offre un prêtre étranger fissis au pied du Capitole. Il s'en approche sur les ruines du royaume des Lombards, et la reçoit des mains d'un pontife usurpateur. Si jamais la force et la gloire s'humilièrent ouvertement devant la fraude et l'imposture, certes ce fut à cette mémorable époque. A dater de ce jour, tout esprit éclairé aurait pu prédire les attentats, les délires, les entreprises de la papauté jusqu'au mx*^ siècle. On aurait pu prévoir... que ce siège profané donnerait à l'univers des tyrans et des monstres; que les papes bâtiraient des temples, au détriment de celui qui n'est point de mains d'iionimes. »

Pie \'ll. d'après le représentant de ILglise orthodoxe.

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ii'iiviiil liiil que ini'llri" le sf(^aii nux ont reprises, aux aijus et aux scandales de ses prédécesseurs.

Ku Russie, la polémique religieuse tournait donc jiiiloui- delà papauté : c'est pourquoi J. de Maistre ne crut pas pouvoir défendre plus efficacement le catholicisme qu'en relevant cette souveraineté tant méprisée, en déroulant le tableau de toutes ses gloires passées et des bienfaits inromparal)les que le présent et l'avenir pouvaient en attendre. Les Considérations et VEssai sur le principe générateur fixaient les conditions du problème politique: c'est à Rome que le problème religieux trouverait sa solution.

Précisément la France se luontrait disposée à rejeter l'erreur gallicane : un livre sur le Pape était opportun pour préparer les voies à la renaissance religieuse de rOc(Mdont, et à la réunion des Églises séparées.

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