I. N" XCV, i décembre ISlo
chères à la piété des peuples, en même temps qu'il proclamait la révolte contre l'autorité légitime, comme le droit le plus sacré des nations i. »
C'est ainsi (ju'en 1815 il n'était pas rare de voir donner à la tyrannie le libéralisme pour base ! La polémique royaliste profitait de ce que Napoléon, en habile usurpateur, s'était posé lui-même en héritier de Tesprit révolutionnaire , pour rejeter sur les idées libérales l'établissement de ce despotisme monstrueux, qui abaissait les cerveaux et ravalait les âmes au niveau des ambitions matérielles. Mais n'est-ce pas au nom de la liberté, que Mme de Staël et Chateaubriand ont, pendant cette Terreur de la pensée, personnifié la résistance à l'oppression et empêché la proscription du droit?
De Place condamne systématiquement l'œuvre de ce xvHi'' siècle, qui crut travailler à l'émancipation des intelligences, et leur ouvrir la voie indéfinie du progrès. Qu'est-ce que la science , cette nouvelle révélation, que l'Encyclopédie apportait au monde? Que sont les lumières dont la génération précédente fut éblouie?
« Il n'y a qu'une sorte de lumière, répond de Place, qui ait réellement en soi quelque prix : c'est celle qui nous conduit à notre fin en nous éclairant sur nos devoirs, sur leur nature, sur leur étendue, et principalement sur les moyens de les remplir -. »
Les savants modernes ont lort de senorgueillir, car la science morale seule nous importe :
« Quand les Herschell et les Lalande nous auraient laissé ignorer l'existence de quelques-unes des étoiles qu'ils ont ai)ercues dans les cieux; quand la chimie de INlacquer naurail pas cédi- la place à celle des Lavoisier