GUY-MARIE DE PLACE
« Ne sont-elles pas écrites, dit-il, dans les pages les }ilns hideuses de notre histoire, dans les harangues des législateurs de 'J3, dans leurs horribles lois, dans les proclamations de leurs proconsuls, dans les registres de nos clubs, dans les sentences de mort dont nos rues riiicnl tapissées, dans notre littérature révolutionnaire enlin, dans toutes ces feuilles dégoûtantes de sang et d'athéisme, dont l'Europe a été si longtemps inondée '? »
En 1815, on ne pouvait demander à un royaliste de déclarer que toutes les conquêtes de la Révolution ne sont pas le produit de la violence et de la haine, que la Iiroclamation des droits de l'homme ouvre une ère nouvelle dalTranchissement, et de reconnaître ce qu'il y eut de noblesse dans cette lutte engagée non pas par les ci-devants, en qui toute énergie était comme })aralysée, mais par les vrais libéraux, contre les jacobins qui déformèrent l'idéal de 89 et le traînèrent dans le sang. A ce parti des libéraux a[)partenait ce pur et fier poète, André Chénier, qui, sourd aux cris de fureur, aux menaces de mort, maintint la vraie doctrine de la liberté contre; la démagogie, pourvoyeuse de léchafaud.
S'il faut en croire de Place, les idées libérales furent encore les complices de Napoléon, qui par elles acheva son œuvre de tyrannie :
« Les idées libérales, dit-il, ne sont-elles pas le talisman fatal dont s'est servi le plus immoral des tyrans, j)our établir et affermir son exécrable puissance?
« N'est-ce pas pour assurer le triomphe des idées libérales qu'il renversait les Pontifes et les Rois, qu'il poursuivait sur une terre étrangère la race auguste de nos i)rinces, que, dans les pays conquis, il signalait son pouvoir par l'anéantissement des institutions les plus