‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 7 sur 152 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

catholique do toutes les Russies. Une profession de foi déconcerlanlo lui échappa, un jour que passait rem})ereui' : « Voilà, dit-il, mon pape à moi M » Pie VII était quelquefois obligé de sévir contre ce singulier prélat, qui poussa l'audace jusqu'à falsifier, dans une lettre pastorale, un texte du concile de Trente et un autre texte tiré d'une lettre de Pie VI; mais les brefs pontificaux restaient lettre morte; et cette rébellion permettait de mesurer la décadence d'un pouvoir qui, quelques siècles auparavant, faisait courber les têtes des souverains.

Cependant Tannée 181 4 fut marquée par une violente réaction ultramonlaine : du long duel engagé par Napoléon contre la papauté. Pie VII sortait A^ainqueur, et les vœux de lEurope entière le reportèrent, pour ainsi dire, sur le trône pontifical : « Les rois, dit Gervinus, s'inclinèrent devant lui, comme dans les anciens temps; à Césène, ville natale du pape. Murât lui rendit hommage; Charles IV d"Espagne le salua devant Rome; la reine d'Ktrurie le reçut an Ouirinal et dans l'église Saint-Pierre; Pie VII put à peine empêcher le dernier roi de Sardaigne, qui avait abdiqué, de lui baiser les pieds.... Les peuples aussi avaient partout accueilli et accompagné le pape avec des cris d'allégresse ; ses sujets à Bologne et à Rome (2i mai 1814j le reçurent avec des fêtes brillantes et avec des démonstrations d'une joie véritable et sincère. Et même les protestants à Rome, le consul anglais à leur lète, entreprirent

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