XIV INTRODUCTION
Rome même, le nouveau pouvoir sinaugura sous des auspices défavorables : « Depuis la noblesse jusqu'au facchino, écrivait M. de Salamon, évêque in partibus d'Orthosie, et auditeur de rote, tout le monde est mécontent; les denrées sont chères; beaucoup de gens sont dépossédés de leurs places pour avoir servi directement ou indirccl(Mnent les Fran(^ais, des évoques forcés de subir un procès ou d'abdiquer l'épiscopat, des prélats déprélatisés, des chanoines privés de leurs bénéfices ^ ».
Les ambassadeurs qui vont à Rome ne subissent plus lascendant de la Rome papale. Ainsi Pressigny mandait au gouvernement de Louis XVIII (4 mai 1816) : « Trois divinités puissantes, la vanité, Fargcnt, la peur, gouvernent dc[)uis des siècles ce pays-ci - ».
Le ministre de la Prusse à Rome, Niebuhr, que sa large intelligence mettait au-dessus des préjugés protestants, écrivait dans un mémoire du 15 octobre 1819 : « Le caractère inoffensif de la cour papale, au xix'' siècle, ne peut que s'ccroître jusqu'à la disparition de cette cour, inévitable parmi les changements qui menacent l'Europe^ )>.
Dans Fintérieur des Étals, le pape n'avait pas recouvré une parcelle de son autorité. L'Autriche, dès 1814, s'était brouillée avec le saint-siège; en 1816
1. LcUre au comte «ic Jnucourt, 10 octobre 1814, dans Huitaine, /(• lidiivcrnrincnt lemporcl di'.s Papes, jugé par la diplomatie franraisr. 2" éd., ISG."), p. !)."). Ce livre est tendancieux, mais les citations (jiril (-(Hilicnl pntviennent des arcliives des alTaires étrangères.