‹ Joseph de MaistreChapitre 1 sur 27 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

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tique ennemie. On sait la publication sortie des archives de Turin. Qui n'a lu cette correspondance politique du comte de Maistre, cyniquement découpée, et plus cyniquement commentée ? L'éditeur, révolutionnaire saintsimonien, à la faveur de ses ciseaux et de ses gloses, prétend offrir au public un Joseph de Maistre tout nouveau, précurseur souvent involontaire, parfois habile, des rêveries humanitaires et progressistes. Il réhabilite à ce prix le penseur ridiculisé par les libéraux ; il daigne lui restituer l'Intelligence, mais à la condition de lui ùter la Conscience et la Foi. Thèse audacieusement extravagante. La Revue des Deux-Mondefi s'en est emparée.

Il est, parmi ceux qu'on appelle libres penseurs, de ces esprits malades, qui, chose bizarre, cherchent à établir \)-àrvoie d'autorité le doute môme et la négation. La publication

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piémontaise suggérait à ces négateurs mal assurés un patronage inattendu. Dans ces molles incertitudes et ces besoins d'équivoque indépendance impudemment attribués à l'écrivain catholique, ils aimaient à retrouver les traits caractéristiques de leurs langueurs et de leurs malaises. L'image défigurée de Joseph de Maistre, ce dérisoire crayon d'un génie sain et robuste, était devenue comme le miroir de leur âme! Dès lors, on a cru pouvoir procéder à de nouvelles études sur cet auteur si mal comprhl Ce grand et glorieux moderne est devenu, comme l'antiquité sacrée, l'objet d'une exégèse particulièrement obstinée à trouver en lui un autre que lui. Et les procédés de cette exégèse ne diffèrent point de ceux du rationalisme antichrétien. Saint Jérôme, suivant celui-ci, n'est qu'un médiocre hébraïsant qui lègue des

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contresens à la naïve admiration de Bossuet; et M. de Maistre, si l'on en croit ses nouveaux critiques , n'est qu'une intelligence désorientée. Cet esprit si clair n'a jamais pénétré le fond de ses propres pensées; celte âme si droite n'a jamais démêlé le secret de ses intentions!

L'étrange contradiction élevée entre les adversaires a donné tout naturellement la division de ce livre. La première partie : Joseph de Maistre , prophète du passé , réfute le vieux préjugé libéral.

r.a seconde partie : Joseph de Maistre, visionnaire de l'avenir, réfute le paradoxe rationaliste et révolutionnaire.

La troisième partie, sous ce iilre : Joseph de Maistre, penseur catholique, maintient ce grand homme dans sa gloire de fervent apôtre de l'autorité et de l'unité.

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