ACTE DEUXIEME
Quel est donc cet homme bienfaisant qui accueille les enfants de Jacob avec tant de grandeur et de magnificence? (il se retourne du côté opposé, apercevant Joseph.) Mais
quel est mon étonnement! Qui donc?...
Rassure-toi, Benjamin.
BENJAMIN
Étranger, tu sais mon nom? Et pourtant je ne t'ai jamais vu. Tu habites Memphis? Tu as vu sans doute le grand ministre qui nous accueille avec tant de bonté?
Oui, je le connais. Benjamin.
BENJAMIN
Dis-lui combien nous Taimons tous; dis-lui que mon père bénit son nom, et que, de retour dans notre patrie...
Dans notre patrie?
Oui, dans cette terre jadis heureuse, qui nous fut donnée par notre Dieu môme.
Tu regrettes la vallée d'IIébron'^*
BENJAMIN
C'est là que je suis né.
Près de moi, tu l'auras bientôt oubliée.
B F iN J A JI 1 N .
Jamais. Nous v avons laissé l'autel du Sciu-neiu'.
JOSEPH, le prenant dans ses bras.
Benjamin !
BENJAMIN
Tu me presses dans tes bras : d'où te vient donc ce tendre intérêt?
Combien Jacob doit te chérir!
BENJAMIN
. Dans son cœur j'ai remplacé Joseph.
Oui, un frère chéri, que nous avons perdu.
S'approchant de Joseph.