CHAPITRE PREMIER
Premiers pas dans la carrière de la vis.
JosBPH , dont nous entreprenons de retracer This» toire, était encore bien jeune lorsque son père mourut. Mais la Providence lui avait donné une mèr« courageuse et intelligente , qui se voua sans réserve au soutien et à Péducation de son enfant. Simple ouvrière, elle n'avait d'autres ressources que te prix de ses journées et la protection de personnes riches , dont elle avait toujours su se faire estimer. Dans les jours critiques qui suivirent la mort de son mari, elle dut beaucoup à la charité d'un vieui négociant, qui était depuis long-temps Tami et le bienfaiteur de sa famille, et dont Texpérience et les sag€s conseils lui furent alors du plus grand secours.
Son mari laissait en mourant beaucoup de dettes , et peu d'ordre dans ses affaires; ce fut pour la pauvre veuve uoe source d'embarras et de chagrins. Mais sa confiance en Dieu la soutint , et elle trouva dans son cœur, formé à Técole de la religion , un courage qui lui lit surmonter toutes les difficultés du moment.
Les créanciers de son mari prirent avec elle des arrangements qui la favorisaient; son riche protecteur lui fit quelques avances, et sa position, effrayante au premier coup-d^œil , s'améliora bientôt , au point de lui laisser entrevoir un avenir consolant et heureux.
C'est sur la tête de son petit Joseph que reposaient ses meilleures espérances. Cet enfant, qui n'avait pas encore atteint sa septième année , comprit pourtant dès lors tout ce que sa mère faisait pour lui , et tout ce qu'un jour il devrait faire pour elle, a Pauvre mère, lui disait-il quelquefois avec l'accent de la plus vive tendresse, vous vous fatiguez bien maintenant ; mais quand je serai grand , vous vous reposerez , et ce sera à mon tour à vous donner du pain. »
Marguerite (c'était le nom de cette jeune veuve) cultivait avec tout le soin possible les excellentes dispositions de son fils. Elle avait résolu de lui mettre bien avant dans le cœur les deux sentiments qui peuvent le plus contribuer k soutenir un homme dans la route de la vertu : la crainte de Dieu, qui est le fondement de la sagesse , et une tendre affection pour les auteurs de ses jours.
Toutes celles du petit Joseph devaient naturellement se reporter sur sa mère , puisqu'elle était demeurée son seul appui au foyer paternel. Aussi pourrait-on difficilement exprimer jusqu'où allait sa tendresse pour une mère si digne d'être aimée. Marguerite en était heureuse , bien moins à cause des jouissances