‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 34 sur 74 · CHAPITRE «XI 8S · texte numérisé non relu

CHAPITRE «XI 8S

geace et propres à ea faire d^excellests ouvriers. La ville où se trouvait aJors losepb était en possessioa' d'une école de ce genre » et il se promit bien de mettre à profit un si précieux avantage. Le& soirées^ perdues dans Toisiveté ou consacrées au plaisir, venaient de lui être trop funestes pour qu'il ne saisît pas avec eaipressemeni le oaoy^ de les utiliser maintenant par une occupation innocente et fructueuse. Ghan-« ger de travail pour up jeune homme c'est se délasrser, et à cet âge , quoique les bras aient fatigué tout un jour, l'esprit peut être encore assez libre pour s'occuper à son tour sans que les intérêts de la.saoté aient i souffrir. Joseph le comprenait sans peine , et les deux heures qu'il passait le soir dans cette intéressante réunion avaient pour lui tous les charmes d'une récréation véritable et tout le profit d'un tra«^ vail consciencieux.

a Tu crois peut-être , disait-il à un de ses amia, que nous n'apprenons qu'à écrire et à: compter dans ces réunions du soir ? Eh bien , pas du tout : nous apprenons aussi à ohéir ,.à nous connaître et à nous aimer les uns les autres , ce qui contribue beaucoup à entretenir la paix dans une ville ; nous apprenons à bien employer notre temps , à mettre de l'ordre à nos affaires , k éviter la débauche, à devenir de bons citoyens , et à savoir faire autre chose que fumer un cigarre et chanter au cabaret. Pour moi, je suis tout** à-fait heureux d'avoir rencontré ici ces écoles d'adultes ; si je les avais eues six mois plus tôt , j'aurais été plus heureux encore et je me serais épargné bien dea chagrins. Crois-moi » profitons-en , et regardons cette institution-Jà comme une des plus utiles qu'on ait pu imaginer dans ce siècle où l'on invente tant de choses. »

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Ce que 'Joseph conseillait aux autres il le pratiquait lui-même tout le premier; il était de la der- Dière exactitude à se rendre aux heures désignées » et , observant Odèlement la règle tracée par le direc* téur de récole, il ne Gt jamais rien qui méritât le moindre reproche ni la plus légère punition.

Les jours de dimanche , la réunion du soir avait lieu dans la chapelle des Frères de l'Ecole chrétienne, et un ecclésiastique dévoué à cette œuvre excellente faisait aux ouvriers un cours d'instructions destiné à les affermir dans la foi , en leur développant les preuves de la religion d'une manière aussi solide que simple et familière.

Ainsi il établit d'abord, comme fondement de toute la doctrine chrétienne, le dogme de l'existence de Dieu , dont il présenta avec beaucoup de netteté les trois principales preuves , qui n'ont rien perdu à être si souvent reproduites et qui ne doivent pas faire moins d'impression sur les hommes graves d'aujourd'hui que sur ceux des sièôles précédents. L'existence du monde , qui ne peut s'être fait luimême, le bel ordre qui y règne et qui nécessite un suprême Ordonnateur, et le témoignage du genre humain, qui a toujours cru à l'existence d'un Être indépendant , éternel et tout- puissant : voilà ce qui ne permet pas à un homme sage de révoquer en doute l'existence de Dieu.

Mais si Dieu existe et si nous sommes ses créatures , il doit y avoir des rapports entre Dieu et nous. De tous temps les sages l'ont cru , et il eist évident que l'honneur de Dieu exige qu'il conserve son œuvre , et qu'il demande compte aux êtres libres et intelligents de l'existence qu'il leur a donnée. D^un autre côté les besoins de l'homme , sa faiblesse , néces-

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