‹ JosephChapitre 96 sur 96 · LIVRE IX. 3HJ · texte numérisé non relu

LIVRE IX. 3HJ

couronnés de fleurs : tous se livrent à lar joie; Siméon même oublie ses remords.

Pendant le festin, Sélima présente une lyre à Joseph; c'était celle qu'il avait faite pour célébrer son hyménée , et qu'elle avait suspendue aux rameaux d'un cyprès. Alors règne un profond silence. Joseph chante ces paroles, qu'interrompent souvent ses transports :

Couvert long -temps des ténèbres de la mort, et comme enfermé dans une tombe , je ne chantais plus , je ne poussais que des gémissemens, ainsi que les ombre>i plaintives; les fleurs, en s'épanouissant , répandaient leurs plus doux parfums, et . ma voix ne les célébrait point; l'aurore se parait de ses couleurs les plus touchantes , et jetais insensible; les fleurs environnaient ma froide cendre, l'aurore éclairait mon

tombeau Mais, 6 Dieu, tu dissipes les

ténèbres de la mort, tu me rappelles à la vie, tu ouvres mes lèvres, et tu mets la lyre dans mes mains.... Reçois les premiers sons que je consacre à l'allégresse. En vain les déserts et les montagnes me séparaient des objets les plus chéris; tu as fait disparaître les déserts, et tu as aplani les mon-

JaO JOSEPH.

tagnes.Les forêts coui lient devant toi icnia têtes superbes; l'Océan, qui frémit, s'arrête à ta voix Torrens de joie, vous

inondez mon cœur : je suis entouré de -tout ce que j'aime; mes yeux , de quelque coté qu'ils se portent, rencontrent ou un père, ou une épouse, ou de tendres frères, ou des amis qui long-temps les ont remplacés. Forêt solitaire où quelquefois je crus voir errer leurs images, aujourd'hui ce n'est point une illusion, je vois ici Jacob , Sélima, Benjamin, et toute ma famille.... Cabane consacrée à la douleur, tu es changée en cabane nuptiale. Feuillage arrosé de mes larmes, tressaille de joie. Troupeaux qui participiez à ma tristesse, bondissez maintenant.... Et toi , lyre , qui fus long-temps suspendue à un cyprès funèbre, fais retentir en ce jour des chants d'hyménée ; le cyprès s'est converti en myrte : tes cordes célèbrent, non l'éclat des grandeurs, mais les vertus de Jacob, les vertus et les charmes de Sélima , les douceurs de ia tendresse fraternelle, l'amitié, les fleurs, les ruisseaux, les bocages, et tout ce qui désormais va concourir à ma félicité.

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A ct's accens, des larmes de joie coulent de tous les yeux. Jacob et Sélima, f[ul depuis si long-temps n'ont point entendu les sons de Joseph, sont pénétrés jusqu'au tond de l'a me.

Après le festin, les deux époux, unis et bénis par Jacob, sont conduits dans la cabaiie sur un lit de fleurs odoritérantes, où, dans les bras l'un de l'autre, ils oublient leurs malheurs. Cependant la lune leur envoie ses rayons h travers le feuillage ; les oiseaux , ne songeant point au sommeil, se rassemblent sur les rameaux qui formaient celte demeure, et célèbrent leurs transports ; et le Nil coule avec complaisance devant ces lieux fortunés.

Quelques jours s'étant écoulés , Joseph conduit sa famille dans la contrée heureuse de Gessen, S'il ne consultait que .«-on cœur, il vivrait dans ces lieux paisibles auprès de Jacob; sa main reprendrait la houlette, et de son palais il descendrait dans une humble cabane : mais insensible à l'orgueil et à l'ambition , il ne l'est point aux prièics du roi ni aux larmes de toute; l'Fgyptc, et il

'fa'

dans Meuiphis avec son épouse; tous deux recommandent Jacob à Benjamin ; et souvent il va se délasser des soins publics dans le sein de son père.

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