LIVRE IX. JJJ
veux que, loin des pyramides et des muusolces fastueux de l'Egypte, ma cendre repose auprès des tombeaux sacrés de mes
pères.... auprès du tien Ainsi je ne serai
point arraché pour jamais au liameau ])aternel ; et , quand la terre s'ouvrira pour nous rendre à la lumière , nos premiers regards se rencoiitreront, et je volerai dans tes bras.
Sélima et le vieillard sont vivement attendris. Jacob interroge son iîls sur les événemens qui l'ont conduit en Egypte.
Parle , lui dit-il , et satisfais enfin mes désirs. Ne crains pas de faire coider mes larmes ; ce seront les dernières que je répandrai , et désormais mon coeur ne goûtera que des sentimeiis de joie.
Joseph hésitait: sa langue se prétait avec peine à la feinte, lorsque Siméon sort tout à coup d'un bosquet où, avec ses frères , il ava t entendu cet entretien , et se précipite aux pieds du vieillard ; il est quelque temps nniet; il tremble, ses pleurs le suffoquent. Jacob et Selima regardent Joseph, qui, effiavé de l'action de son frère, veut le retenir. Mais Siméon, rompant le silence : Tes efforts sont Nains, dil-il : tu m'as par-
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donné: mais je ne puis plus supporter mcv remords, si mon père, si Sélima, ne me pardonnent. Vieillard infortuné, dont je hâtai les pas vers le tombeau, tu veux savoir quel barbare a exercé sa rage contre ton fils ; tu le vois devant toi.... Jacob pâlit. Alors Joseph tombe à ses pieds , et , par sa voix et par ses larmes , il lui demande le pardon de son frère. Grand Dieu ! s'écrie d'abord le vieillard , un tel fils est né de moi? Mais voyant les pleurs de Joseph, et les remords du malheureux Siméon qui , prosterné le visage contre terre, poussait des cris et des hurlemens, il lui tend la main. Lève-toi, lui dit-il; à l'exemple de ton frère je te pardonne. Sélima lui dit les mêmes ])aroles. Siméon se lève : il n'ose encore embrasser son père; mais Joseph le conduit dans les bras de Jacob.
Alors rien ne trouble plus l'allégresse. Ils se rendent devant la cabane nuptiale , oîi les attendait un festin champêtre. Putiphar, Itobal, et les bergers du hameau, y sont invités ; on se place autour d'une table immense : au milieu étaient assis Joseph et Sélima , parés de guirlandes , et le vieillaid, dont les cheveux blancs étaient