VISITES DE NOUVEL AN
en 1767 par le même Louis-Michel Vanloo, et celui de Carie, ouvrage de son maître Lépicié, daté de 1772. Carie avait alors quatorze ans. Déjà trois ans auparavant Joseph Vernet l’avait fait peindre, ainsi qu’Émilie. Sans doute, Livio complétait la galerie de famille. Mais le Journal est muet sur son compte. Il nous apprend en revanche qu’Emilie, devenue madame Chalgrin, voulut offrir à son père une reproduction de ses traits charmants : c’était en 1783. Elle posa cette fois devant Hall, l’habile miniaturiste, et Joseph Vernet se hâta d’encadrer ce portrait au-dessus d’une tabatière de 40 livres.
Quel que soit le talent du peintre à qui l’on demande son image, il n’est pas de portrait plus ressemblant que celui qu’un homme trace de lui-même. Nous ne voulons pas parler des tableaux dans lesquels Joseph Vernet s’est représenté, tels que la Vue extérieure du Port de Marseille. Mieux que le pinceau de Vanloo et de madame Le Brun, mieux que le sien propre, la plume de Vernet, en griffonnant les pages des Livres de Raison, a reproduit avec la fidélité la plus minutieuse tous les traits de sa physionomie. Dans les Dépenses , l’homme de ménage, l’homme de la famille, dans le Journal l’homme de société se montre peint au naturel, sans qu’il soit besoin de chercher ailleurs pour compléter la ressemblance. Déjà plus d’une fois nous avons compté ses amis, énuméré ses relations. Un dernier document achèvera de le peindre. C’est la « liste des visites faites en 1779 pour la nouvelle année. » Elle ne compte pas moins de cent neuf noms, assez surpris, pour la plupart, de se trouver ensemble. En premier lieu figurent les voisins de Joseph Vernet, logés comme lui aux galeries du Louvre ; — les architectes Gabriel (Jacques-Ange, le fils) et Jardin (Nicolas); — le graveur Cathelin; — Boullée, un autre architecte ; — le littérateur Chabanon; — César Vanloo, le paysagiste, et Vanloo de Prusse, c’est-à-dire