‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 164 sur 232 · EXTRAITS DES · texte numérisé non relu

EXTRAITS DES

La reproduction textuelle et complète des Livres de Raison était chose impossible. Il a fallu soumettre à un remaniement général ce chaos de faits disparates. Il en est résulté trois séries distinctes de documents que nous classons sous les titres généraux de Livre de Vérité, — Journal, — et Adresses.

Le Livre de Vérité, c’est l’état chronologique des travaux de Joseph Vernet, dressé de sa propre main.

Le Journal, c’est sa vie racontée par lui-méme.

Les Adresses, c’est le monde au milieu duquel il a vécu.

Ainsi condensés, les documents extraits des Livres de Raison prennent un corps et deviennent le squelette justificatif de notre étude.

Le Livre de Vérité se divise eD deux parties, les Commandes et les Reçus.

Les Commandes reproduisent, sans changement ni suppression, tout ce que Joseph Vernet a inscrit sous le titre : « Ouvrages qui me sont ordonnez. » Commencée en 1735, continuée jusqu’en 1788, cette longue nomenclature comprend 321 articles.

Les Reçus ne sont que des extraits, réduits par nous au chiffre de 261. Joseph Vernet, voulant se rendre compte de ses travaux, commença par les inscrire d’abord sur une page qui porte en tète : « Ouvrages que j'ay fait. » Peu après il changea d’idée, ou plutôt il reconnut la nécessité de noter à part les tableaux qui lui étaient demandés. De là la liste des Commandes. Toutefois, en même temps, il continuait de reporter sur la liste primitive les tableaux livrés et payés, non plus pour en garder le souvenir, mais pour supputer le revenu de son talent. Et en effet, de temps à autre, il résume par une addition les sommes rentrées. Dans le principe (Reçus 1 à 57) ces sommes sont comptées

en écus romains. En France il conserva d'abord l’habitude italienne (58 à 86). C’est seulement à Bordeaux qu’il adopta les désignations de la monnaie française, livres, sols et deniers.

Dès lors aussi il inscrit pêle-mêle toutes les rentrées, non-seulement le produit des tableaux, mais aussi les revenus de ses capitaux placés : préoccupation purement financière, caractérisée par le titre : « Argent que j’ay reçu» (Reçus 87 à 112), et « Argent que je reçois» (113 à 261). On comprend tout ce qu’a de fastidieux la répétition des sommes touchées à chaque trimestre chez tel ou tel payeur. Nous avons supprimé ces articles inutiles, ne conservant que les Reçus relatifs aux tableaux.

Le Livre de Vérité ne pouvait être de quelque utilité qu’à la condition d’en rendre facile la collation avec les autres documents. A la suite de chaque Commande ou Reçu qui comportait un pareil éclaircissement, nous avons indiqué le Reçu ou la Commande correspondante, les renvois au Journal, les Salons où le tableau a été exposé, les ventes par lesquelles il a passé, etc. Ainsi se complète, de tous les faits accessoires, le noyau principal fourni par les Livres de Raison.

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