DIVERSES LETTRES ADRESSÉES A JOSEPH VERNET OD SE RAPPORTANT A LUI
1. De madame de Simiane au marquis de Caumont. — « Il u'est pas possible de faire venir votre peintre et ses toiles, mais quelle phantaisie de les venir achever à Aix, la tapisserie est dans le même cas, il faut attendre quelques iours et que le peintre travaille chez luy, ie vous prie. » — Aix, 29 août 1731.
2. De la même au même. — Aix, 4 janvier 1732. Reproduite page 8.
3. De la même au même. — 14 janvier 1732. — Reproduite page 8.
4. Du Père Fouque, jésuite à Rome, au marquis de Caumont. — « .... En ce qui touche le sieur Vernet, ce jeune peintre de votre ville que vous me recommandez, je lus l’article de votre lettre qui le regarde à ce même ami dont je m’étais servi auprès de M. Weulghs pour le disposer en faveur du sieur Franque. Mon ami me répliqua rondement que la chose était infaisable, et, pour m’en convaincre, il me raconta le fait suivaut. Un jeune peintre de l’Académie ayant fait son temps, et devant par conséquent retourner en France, M. le duc de Saint-Aignan notre ambassadeur souhaita que M. Weulghs lui laissât encore quelque temps l’usage de la chambre qu’il habite sans lui donner de nourriture, afin qu'il put tinirun tableau commencé pourSon Excellence. M. Weulghs eut l'égard qu’il devoit a cette recommandation. 11 jugea néanmoins à propos de mander à M. le duc d'Antin ce qu’il avoit fait, et celui-ci le confirmant, n’a pas laissé de lui ajouter assez sèchement qu’il auroit mieux fait de lui en rendre compte avant de rien accorder. La chose est toute récente. Ce mot de M. le duc d’Antin n’a pas mis M. Weulghs en bonne humeur, jugez si la conjoncture est bonne pour faire la proposition que vous me marquez. » — Rome, 27 janvier 1734.
PIÈCES JUSTIFICATIVES
6. Du même au même. — « J’ai assuré le sieur Vernet que je ferois pour lui tout ce qui dépendroit de moi à cause de vous. Je le vis pour la première fois le 3 novembre, et il s’est encore présenté depuis deux jours. 11 me parait joli garçon; s’il y a moyen de l’introduire auprès de gens qui puissent lui être utiles je ne le manquerai pas. n — 18 novembre 1734.
6. Du même au même. — « Je n’ai point vu depuis longtemps le brave Vernet, peut-être est-il à Naples, ou il avoit dessein d’aller. Quand il reparaîtra, je lui proposerai de^faire pour vous le dessin du beau Centaure, et je lui crois assez de reconnaissance pour entreprendre gaiement un ouvrage qui vous fera plaisir. » — 12 mars 1737.
7. Du même au même. — « Le jeune Vernet a été malade, il a aussi fait un voyage et un assez long séjour à Tivoli où il voulait exercer son talent et le perfectionner en peignant des paysages d’après nature. Ce sont à ce qu’il m’a dit les raisons qui l’ont empêché d’exécuter le dessin du Centaure qu’il vous a promis, mais il veut toujours tenir sa parole, et il me la renouvela il y a quatre ou cinq jours. »> — 10 juillet 1737.
8. Du même au même. — « Je ferai appeler le brave Vernet et le presserai de vous envoyer l’essai qu’il vous a promis. L'idée qu’il a du beau le rend lent à produire; ce qu'il travaille il le veut parfait. » — 19 décembre 1737.
9. Du même au même. — «... Vous me parliez dans votre lettre du 16 décembre du sieur Verrn t et d’une parole qu’il vous a donnée. Il m’a toujours promis qu’il satisferait à l’engagement; quand il promet on ne peut s’empêcher de le croire, tant il a l’air ingénu et persuasif, mais je ne puis arriver à voir l'effet de ses promesses, depuis peu j’ai envoyé trois fois chez lui; on ne l’y trouve jamais... Le sieur Vernet m’a dit plus d’une fois que ces deux centaures étaient en état de vous être envoyés aussi bien que l’éruption du Vésuve. Ce sont des pièces qu’il a copiées. 11 lui restait à finir un petit tableau de son invention, et c’est ce tableau qu’il ne finit point. La dernière fois que je l’entretins je lui racontai que le fameux Girardini, peintre de Plaisance, qui travaillait pour le P. de la Chaise à peindre le plafond de la bibliothèque de la maison professe, ne terminant rien parce qu'il ne pouvait se satisfaire; le P. un beau jour fit défaire tous les échafauds et ne voulut pas que Girardini touchât davantage aux peintures que l’on admire. Je menaçai notre jeune homme d'aller détruire les échafauds et enlever le tableau auquel il ne met pas la dernière main. Ma menace n’a rien produit jusqu’à cette heure. Je verrai dans la suite si je pourrai trouver quelque meilleur expédient... » — 30 janvier 1738.
10. Du même au même. — « Si le jeune Vernet avait autant d’envie de vous envoyer ses ouvrages que je lui en ai témoigné de vous les faire tenir, il y a longtemps qu’ils seraient entre vos mains. Je n’ai omis ni raisons ni prières, ni caresses ni motifs do reconnaissance, je n’en ai eu pendant six mois que de belles paroles qu’il n’a pas gardées. Le 10 février ayant reçu pour lui une de vos lettres renfermée dans celle que vous m’écriviez du 27 janvier, je la lui envoyai sur l'heure. On ne le trouva pas chez lui, j’y renvoyai le lendemain... Il vint me voir trois jours après.