‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 220 sur 232 · LETTRES ADRESSÉES A JOSEPH VERNET · texte numérisé non relu

LETTRES ADRESSÉES A JOSEPH VERNET

me renouvela toutes ses promesses, mais fâché qu’il y eût manqué tant de fois, je lui représentai en termes graves le tort qu’il avait; il s’excusa le mieux qu’il put sur d'autres ouvrages qu’il est pressé de faire. Le plus pressé, lui répliquai-je, est de donner sans plus de délai â M. le marquis de Caumont, votre bienfaiteur, une preuve de votre respect et de votre reconnoissance pour ses bontés, puisque vous l’avez promis tant de fois. Vous me rebattez depuis 6 mois que les deux centaures sont finis, que vous avez aussi une éruption du Vesuve, c'est en particulier ce que M. de Caumont souhaite. Envoyez d’abord ces tableaux ou donnez-les-moi, et je me charge de les envoyer... Dans un premier mouvement il dit qu’il ne voulait point envoyer ces choses sans y joindre quelque ouvrage de sa façon. — Je pressai — il promit que dans deux jours il me donnerait satisfaction : il s'en passa cinq ou six sans que j'entendisse parler de lui; enfin, lorsque je n’en espérais plus rien, on m’apporta de sa part l’éruption du Vesuve et un petit tableau de marine représentant une tempête. Le porteur était chargé de dire qu’incessamment j’aurais le reste. Plus de 15 jours se sont écoulés et je n’entends parler de rien. Je garde précieusement les deux pièces, que j’ai marquées pour vous les faire tenir par la première occasion. » — 7 mars 1738.

11. Du même au même. — « J’apprends que notre brave Vernet est revenu de sa petite caravanne, car vous aurez sçu qu’il était allé vers les côtes de la mer voisines de Rome, pour y perfectionner son goût en étudiant la nature. J'envoie ce soir au P. Roussel l’Eruption du Vesuve, que nous ne pûmes joindre aux autres peintures qui vous furent envoyées il y a deux mois... J’avais mis ce petit tableau dans un lieu à part pour le mieux conserver, mais malgré mes attentions, je me suis aperçu depuis deux jours d’un petit déchet vers le milieu, arrivé je crois parce que quelqu’un l’aura plié à mon insçu. » — 1« juin 1738.

12. Du marquis de Marigny à Vernet. — A Fontainebleau, le 9 octobre 1756. — (Publiée dans les Archives de l'art français, tome IV, page 151.) Nous en donnons des extraits pages 85 et 86.

13. Du même au même. — Versailles, 21 uovembre 1756. — (Publiée dans les Archives de l'art français, tome IV, page 154.) Nous en donnons un extrait page 86.

14. Le maire de Bayonne et les échevins en conseil, à M. Dulivier, député à Paris. — «Nous avons ici depuis quelques semaines M. Vernet, de l’Académie de peinture, qui est chargé par le Roi de lever la vue perspective de notre port, comme il a déjà fait ceux de Marseille, Toulon et Bordeaux; il se propose de faire deux tableaux. Selon ce que nous comprenons, rien ne lui échappera : circonstances particulières du lieu, des habitants, du commerce, navires, etc., qui feront voir le port à Paris, mieux que nous ne le voyons peut-être nous-mêmes. » — l*r septembre 1759. (Communiqué par M. Dulaurens, archiviste à Bayonne.)

15. M. Dulivier aux maire, échevins, etc. — «J'ai appris avec la plus grande satisfaction son arrivée à Bayonne, et ce qu’il se proposoit d’y faire; un génie aussi heureux et une main aussi habile annoncent audelà de ce qu’on peut désirer; je suis sûr d’avance qu’il fera valoir autant qu’il est possible notre port et nos deux rivières, et qu’il rendra

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sensible combieu la tille de Bayonne, qui est à la porte de l'Espagne, est faite pour le plus grand commerce. M. Vernet étant dans l'usage d’orner ses tableaux des usages un peu remarquables propres à chaque paysj je suis persuadé qu’il ne le négligera pas dans le nôtre, qui fournit assez dans ce genre. Je me représente à ce propos nos tillolicrs, nos chalantiers (bateliers*, nos bondaizes (marchands de beurre), nos alarribas (marchandes de poisson frais), etc. Les ouvrages dans ce genre de M. Vernet ont été admirés de tous au dernier Salon, et je suis bien sùr que les vues de Bayonne ne seront pas moins admirées au prochain. » — 30 octobre 1759. — (Idem.)

16. Le maire, etc., à M. Dulivier. — « M. Vernet continue à travailler; rien ne lui échappe. Il avoit déjà ébauché une partie des choses dont vous me parlez, et nous lui rappellerons les autres. S’il ne nous flatte pas, le tableau de Bayonne sera un des plus curieux. » — 6 novembre 1759. — (Id.)

17. M. Dulivier au maire, etc. — « Je vois avec une vive satisfaction que M. Vernet pense de ses travaux à l'égard de Bayonne ainsi que j’en ai présumé. Après avoir terminé la lettre relative à quelques circonstances particulières, je rappelai que j’avois oublié les pegas (cruches) et celles qui les portent sur le pont Saint-Esprit. Il m’étoit venu aussi dans l’idée qu’il pouvoit convenir de tenir ouverte la bassecule de ce pont au moment où un vaisseau y passe pour aller à Mousserolle, mais je ne sais s’il convient de sacrifier à cette circonstance la continuité du pont qui produit un si bel effet. » — 17 novembre 1759. — ( Id .)

18. Le maire, etc., à M. Dulivier. — «M. Vernet continue son travail. Nous ne doutons pas que les pegas et les tètes bergères qui les porteul n’y trouvent leur place, puisqu’elles ont déjà fixé son attention; et comme cet artiste passera, dit-on, l’été à Bayonne, nous ne serions pas surpris de voir dans son tableau lesSiris de la Fête-Dieu. » (Chaque corporation d’arts et métiers, à la procession de la Fête-Dieu, était précédée de son Siri, sorte d'image mécanique de la profession.) — 27 novembre 1759. — (Id.)

19. M. Dulivier au maire, etc. — « Je pense comme vous, messieurs, que M. Vernet n’oubliera rien d’intéressant dans l’ordre des usages locaux, et je me fais„un plaisir d’avance de voir ses tableaux sous les yeux de la cour et de la ville; cela ne pourra faire qu’un bon effet, et j’y contribuerai si je puis.» — 11 décembre 1759. — (Id.)

20. De M. Selwin à Vernet, alors à Bayonne, sur ses tableaux pour le duc de Bridgewater. — Paris, 10 novembre 1759. — (Vente Tremont,

9 décembre 1852.)

21. D’Horace Vernet à son oncle Livio. — Rome, 3 mars 1820. — «Nous avons fait plusieurs courses pour les maisons que mon grand père a habitées, celle où tu es né et l'église où tu as été baptisé; toutes ces choses ont un grand charme pour moi.»

22 De Carie Vernetà sa fille, madame Lecomte. — Rome, 8 avrili820. — « Nous avons été hier à Tivoli avec Thevenin. J’y ai reconnu toutes les choses dont mon père fesoit se* choux gras (c'était son expression). Nous avons appris là que c’est lui qui a découvert la grotte de Neptune, avant

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lui personne u’avait osé y descendre. On nous a fait voir 1 arbre auquel il s'est fait attacher pour y parvenir, c’est d’une hardiesse surprenante. »

SA LONS

^ 746. — 141. Quatre tableaux représentant des marines, de ditlérentes vues de Naples et d’Italie, sous le même numéro.

1747. — 124 bis. Deux marines, sous le même numéro.

1 748. — Deux tableaux. 102. L’un représente un incendie. (Gravé par Aliamet, Incendie nocturne .) — 103. L’autre un clair de lune (C. GO. H. 14. Ventes Villelte, 1763, n® 41; Conti, 1777, n»740).

1750. — Quatre tableaux d’environ cinq pieds sur quatre de haut. — 122. Le premier est un Départ du port à la fraîcheur du matin. La gayeté des instruments et la danse y annoncent un voyage de plaisir (C. 76. R. 21. Vente Villette, 1705, n® 33). — 123. Le second représente l’Arrivée au port à la fin du jour. La fête et le repas se donnent sur le rivage (C. 76. R. 21. Ibid., n® 33. Vente duc des Deux-Ponts, 1778, n® 80). — 124. Le troisième, une Joute sur le Tibre, et la Vue du château et du pont Saint-Ange (C. 86. R. 32. Vente Villette, u® 34. Gravé par Duret. Fête sur le Tibre, à Rome.) — 125. Le quatrième, un Naufrage (C. 86. R. 32. Vente Villette, u® 34).

1751. — Par M. Le Bas, graveur du cabinet du roi : Départ pour la pêche , d’après M. Vernet, de Rome; Port de mer d'Italie, d après le même (R. 37).

1753. — 128. Deux tableaux de marine sous le même numéro, l’un représente une Tempête, et l’autre un Soleil levant dans un brouillard (C. 74. R. 15. Vente Peilhon, 1763, n® 81). — 129. Deux Païsages et Marines sous le même numéro (C. 112. Vente Peilhon, 1763, n® 71. L’un gravé par Daullé, le Pèlerinage ). — 130. Autre représentant un Port de mer avec un soleil couchant (C. 91. R. 31 . A entes Peilhon, n°70 ; De Jullienne, 1767, n® 88. Gravé par Daullé, les Différents travaux d’un port de mer). — Ces cinq tableaux sont tirés du cabinet de M. Peilhon. = Du cabinet de M. de Villette.— 131. Quatre tableaux sous le même numéro ; deux desquels représentent des Rochers, Chutes d eau et Figures dans la manière de Salvator Rose, les autres des Parties de plaisir sur le bord de la mer (C. 60. R. 39. Ventes Villette, 1763, n® 45; Davoust. 1772, n® 3. L’un gravé par Nicollet, l’autre par Calheliu, sans titre). = 133. Un tableau en largeur de quatre pieds et demi sur trois et demi de haut, représentant une Marine, Païsage et Soleil couchant. Ce tableau est le morceau de réception de l’auteur à 1 Académie (R. 57. Au palais de Saint-Cloud). ,

1735. — Quatre tableaux appartenant au Roi, de huit pieds de large sur cinq pieds de haut chacun. — 98. L’Intérieur du port de Marseille,

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vu du pavillon de l’Horloge du parc. — 99. L'Entrée du port de Marseille. Cette vue est prise à mi-côte de la montagne appelée Tète de More. — 100. Le Port neuf ou l’Arsenal de Toulon, pris dans l’angle du parc d'artillerie. — (A la description, reproduite dans le catalogue actuel du Louvre, le livret du Salon ajoute) : — Nota. L’heure du jour des trois tableaux ci-dessus est entre dix et onze heures du matin. On a été forcé d’abandonner le Lever ou le Coucher du soleil, quoique plus favorable pour le ton de couleur. Mais par la disposition des lieux, les objets auroient été éclairés de face ou opposés à la lumière du jour, ce qui n’auroit produit aucun effet de clair obscur. — loi. La Madrague ou la Pèche du thon. Cet aspect est pris dans le golfe de Bandol. — 102. Tempête et naufrage d’un vaisseau. Tableau haut de deux pieds et demi sur quatre pieds de large. Tiré du cabinet de »M. le marquis de Marigny (C. 177. R. 67. Vente Ménars de Marigny, 1782, n® 137).

1757. — Quatre tableaux appartenant au Roi. — 57. Le Port d’Antibes, en Provence, vu du côté de la terre. — 58. Le Port vieux de Toulon. La vue en est prise du côté des magasins aux vivres. — 59. Vue de la ville et de la rade de Toulon. — 60. La Vue du port de Cette, en Languedoc. Cette vue est prise du côté de la mer, derrière la jetée isolée. — 61 . Un tableau de quatre pieds quatre pouces de large sur deux pieds neuf pouces de haut, appartenant à M. le marquis de Marigny. Il représente un Paysage avec un groupe de pêcheurs et de lavandières (C.177. R. 88. Vente M. de Marigny, 1782, n° 137). = Deux tableaux sur bois, d'un pied de large sur neuf pouces de haut, appartenant à M. Peilhon. — 62. L’un est une Grecque sortant du bain. — 63. L'autre un Turc qui fume au bord de la mer, en regardant pêcher à la ligne (C. 162. R. 75. Vente Peilhon, 1763, n° 72. Gravés par Daullé). = Deux tableaux sur cuivre de seize pouces de large sur onze de haut, appartenant à M. de Villette, — 64. L’un représente un Paysage au lever du soleil. — 65. L’autre une Marine au soleil couchant (R. 90- Ventes Villette, 1765, n°» 42 et 46; Randon de Boisset, 1777, n° 105; Le Rebourg, 1778. Gravés par Aliaraet, le Matin, le Soir). = Deux tableaux, chacun de deux pieds six pouces sur deux pieds. — 66. L’un représente une Mer par un temps d’orage. — 67. L’autre un paysage avec une chute d'eau. Ces tableaux appartiennent à M. Viali. (C. 170. R. 80. Gravés par Àliamet, Temps orageux , et par Leveau, la Jeune Napolitaine à la pèche). — 68. Autres tableaux du même auteur.

1759. — 65. Vue d’une partie du Port et de la Ville de Bordeaux, prise du côté des Salinières. — 66. Autre vue du même port, prise du Château-Trompette. — Ces deux tableaux appartiennent au Roy; leur largeur est de huit pieds, la hauteur de cinq. — 67. Vue de la ville d’Avignon (C. 162, R. 89. Ventes Peilhon, 1763, n° 82; Randon de Boisset, 1777, n° 202; Aubert, 1786, n” 58. Gravé par Martini). — 68. Tableaux du même auteur sous le même numéro.

Gravure. — Par M. Daullé, académicien. — Le Turc qui regarde picher, la Grecque sortant du bain , d’après M. Vernet. (Salon de 1757, n«» 62 et 63.)

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1761. — 67. Vue de Bayonne, prise à mi-côte sur les glacis de la citadelle. — 68. Autre Vue de Bayonne, prise de l’allée de Boufflers, près la porte de Mousserolles. — Ces deux tableaux appartiennent au Roy et sont de la suite des Ports de France, exécutée sous les ordres de M. le marquis de Marigny. — 69. Plusieurs tableaux sous le même numéro.

Gravure. — ParM. Le Bas, académicien. — Les quaire premières estampes des Ports de France, d’après M. Vernet, gravées en société avec M. Cochin.

1763. — 89. Vue du Port de Rochefort. — 90. Vue du Port de La Rochelle. — 91. Les Quatres parties du jour représentées, le Matin, par le lever du soleil; le Midi, par une tempête; le soir, par le coucher du soleil; la Nuit, par un clair de lune. — Ces quatre tableaux ont été ordonnés par monseigneur le Dauphin, pour sa bibliothèque à Versailles (R. 109. — Musée du Louvre). — 92. La Bergère des Alpes, sujet tiré des Contes Moraux de M. Marmontel. On a pris le moment où la Bergère, en racontant ses malheurs au jeune Fonrose, lui montre la tombe de son mari (C. 186. Au palais de Saint-Cloud. Gravé par Ruhiere et par Pillement, Musée Filhol). — 98. Plusieurs autres tableaux sous le même numéro.

Gravures. — Par M. Le Bas. — Les quatre estampes de la seconde suite des Ports de France.

1765. — 66. Vue du Port de Dieppe. — 67. Quatre tableaux représentant les quatre parties du jour. Ces tableaux, d’environ cinq pieds de large sur trois de haut, sont destinés pour les appartements de Choisy (R. 120-126. Musée du Louvre et palais de Saint-Cloud. Gravé? par Cathelin). — 68. Deux Vues des environs de Nogent-sur- Seine. Ces tableaux, de quatre pieds de large sur deux pieds six pouces de haut, sont tirés du cabinet de M.de Boullongne, ancien contrôleur généra'. — 69. Deux pendants, l’un, un Naufrage; l’autre, un Paysage. Tableaux de quatre pieds de large sur deux pieds six pouces de haut. Du cabinet de M. le chevalier Le Gendre d’Aviray (C. 187). — 70. Un Naufrage. Tableau de deux pieds six pouces de large sur un pied huit pouces. Du cabinet de M. le marquis de Villette. — (Ventes Villette, 1765, n" 44; Dubois, 1784, n° 109; Cochu, 1799, n° 33; Maurin, 1805, n° 1.) — 71. Une Marine au coucher du soleil. Tableau de trois pieds six pouces de large sur deux pieds six pouces de haut. Du cabinet de M. le marquis de Roquefeuille (C. 201). — 72. Sept petits tableaux de paysage, dont quatre sont carrés et trois ovales. —

73. Deux Marines. Ces tableaux, de deux pieds de large sur un pied huit pouces de haut, appartiennent à M. Godefroy le jeune (C. 192. 200. R. 115. L’un gravé par Flipart, Tempête de nuit, Salon de 1773). —

74. Une Marine. Tableau de trois pieds de large sur deux pieds six pouces de haut. 11 appartient à M. Jacqmin, joyaillier du Roy et de la Couronne (C. 197. R. 114). — 75. Une Tempête. Tableau de deux pieds six poucès sur un pied huit pouces de haut. Il appartient à M. Bouillotte (C. 191. R. 119). — 76. Plusieurs tableaux sous le même numéro.

Gravures. — Par M. Le Bas : les quatre estampes de la 3e suite des

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Ports de France. — Par M. Flipart, agréé : une Tempête, d’après M. Vernet ( Tempête de jour). — Par M. Aliamet, agréé : les Italiennes laborieuses; T Incendie (Salon de 1748, n® 102).

1767. — 9- Par M. Vanloo, écuyer. Le Portrait de madame Vernet. — 39. Par M. Vernet, conseiller; plusieurs tableaux sous le même numéro.

Gravures. — Par M. Le Bas. Les deux estampes de la 4e suite des Ports de France.

1769. — 38. Plusieurs tableaux de Marine et Païsages sous le même numéro.

1771. — 40. Une Tempête avec le naufrage d’un vaisseau. — 41. Un Paysage et Marine au coucher du soleil. Ces deux tableaux appartiennent à l'Électeur Palatin; ils ont chacun cinq pieds de large sur trois pieds six pouces de haut (C. 246-250. R. 153). — Û2. Une Marine au clair de la lune. De cinq pieds de large sur trois pieds de haut. — 43. Une Marine avec des Baigneuses; l’heure du jour est le matin. — 44. Un Paysage au soleil couchant. Ils ont chacun trois pieds de large sur deux pieds de haut (C. 245. R. 156).

Gravures. — Par M. Le Bas : la Source abondante; les Occupations du rivage. — Par M. Aliamet : le Soir et la Nuit, faisant partie des Quatre heures du jour, d’après M. Vernet.

1773. — 39. Quatre tableaux, Paysages et Marines représentant les quatre parties du jour. Cinq pieds de large sur trois pieds de haut. C. 247. R. 157. 164. 165. 166. Musée du Louvre). — 40. Marine et Paysage sur les bords de la Méditerranée. Huit pieds de large sur cinq pieds de haut (R. 170. 176). — 41. Plusieurs tableaux sous le même numéro.

Gravures. — Par M. Flipart : une Tempête au clair de la lune, d’après M. Vernet (Salon de 1765, n° 73). — Par M. Beauvarlet : le Portrait de M. le marquis de Pourbalio, ministre du Roi de Portugal, d’après le tableau de M. L. Vanloo; la mer et le fond sont peints par M. Vernet.

1775. — 30. Un Paysage montueux avec le commencement d’un orage. Huit pieds de large sur cinq pieds de haut. Il appartient à Milord Schelburne (C. 263. R. 183. 185). — 31. Deux tableaux, l’un, la Construction d’un grand chemin ; l’autre, les Abords d’une foire, chacun de cinq pieds de large sur trois pieds de haut (R. 179. 180. Ventes abbé Terray, 1779, n° 3; Clos, 1812, n* 43. L’un au Musée du Louvre, l’autre au Musée de Montpellier). — 32. Deux tableaux, l’un, une Mer calme au coucher du soleil; l’autre, le Commencement d’une tempête avec le Naufrage d’un vaisseau. Chacun de trois pieds trois pouces de large sur deux pieds deux pouces de haut; ils appartiennent à M. de Pressigny (R. 182). — 33. Quelques autres petits tableaux sous le même numéro.

1777. — 51. Deux tableaux, l’un, l’Entrée d’un port de mer par un tems calme, au coucher du soleil; l’autre, une Tempête avec le naufrage d’un vaisseau. Neuf pieds quatre pouces de haut sur six pieds deux pouces de large (R. 191. 193. 195. 198. 199. Vente Roy, 1848, n» 3 et 2). — 52. Plusieurs autres tableaux sous le même numéro.

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Gravure. — Par M. le comte de Parois, honoraire associé libre : Paysage, d’après M. Vernet, imitant le lavis.

1779. — 56. Deux tableaux, representans l’un le Matin, et l’autre une Mer calme au clair de lune. Neuf pieds quatre pouces de haut sur sept pieds huit pouces de large (R. 191. 193. 195. 198. 199. Vente Roy, n° 1 et 4). — 57 et 58. Deux tableaux representans la Chute ou les Cataractes du Rhin à Lauffenbourg, près de Schaffouse en Suisse, vues de deux côtés opposés (R. 200. 203. 205). — 59. Deux autres tableaux, l’un, un Lever du soleil, avec une mer calme par un tems de brouillard; l’autre, un Païsage au coucher du soleil (C. 268. R. 196. 197). Ces quatre tableaux, de quatre pieds de large sur deux pieds et demi de haut, appartiennent à M. Girardon (sic) de Marigny.

Gravure. — Par M. Le Bas : Port de Dieppe. — Par M. Aliamet : Rivage près de Tivoli., dédié à M. le duc de La Rochefoucauld. (C. 54. R. 3.)

1781. — 54. Quatre tableaux de marine de quatre pieds six pouces de large sur cinq pieds de haut, appartenant à M. Girardot de Marigny (R. 206. 209. 211. 212. 223. 227). — 55. Plusieurs tableaux sous le même numéro.

Gravures. — Par M. Le Bas : Vue du port du Havre , faisant la 16® estampe de la collection des Ports de France. Cette vue est dessinée par M. Cochin et gravée en société par MM. Cochin et Le Bas.

1783. — 37. Deux tableaux, dont l’un est un Paysage au lever du soleil avec de hautes montagnes, des rochers et des chutes d’eau, et l’autre un Paysage au coucher du soleil avec des Baigneuses. Ces tableaux, de quatre pieds un pouce de large, sur deux pieds neuf pouces de haut, appartiennent à M. Gérardot (sic) de Marigny (R. 236. 237. 240.)

1785. — 26. Une Marine avec une Tempête et Naufrage d’un vaisseau. Ce tableau, de quatorze pieds de long sur huit de haut, est pour Son Altesse Royale le Grand-Duc de Russie (C. 300. R. 260). — 27. Deux tableaux faisant pendans, l'un représente un Paysage au milieu d'un orage, et l’autre une Marine en calme, avec l’entrée d'un Port de mer. Ces tableaux, de quatre pieds de large sur trois de haut, appartiennent à M. Gira dot de Marigny (R. 246. 252. 257). — 28. Autre tableau représentant un Paysage au coucher du soleil; on y voit plusieurs personnes s’amusant sur le bord d’un lac. De même grandeur que le précédent (C. 305. R. 248. 249). — 29. Autre tableau représentant une Tempête. De trois pieds deux pouces de large sur deux pieds de haut, appartenant à M. Dubois.

1787. — 28. Un Lever du soleil dans le brouillard. — 29. Une Tempête avec le naufrage d’un vaisseau. Ces deux tableaux, de cinq pieds six pouces sur quatre pieds six pouces, sont tirés du cabinet de M. Dufresnoy, notaire (R. 259. Vente Dufresnoy, 1795, n* 4 et 5). — 30. Un Calme au coucher du soleil. — 31- Une Tempête. Ces deux tableaux ont cinq pieds six pouces sur quatre pieds. — 32. Un Combat naval. -— 33. Une Escadre qui rentre au port. — 34. L'Ouverture d’une grotte par laquelle on voit des guinguettes au pied d’une suite de rochers, et un port dans le fond. Ces trois tableaux, de quatre pieds sept pouces sur

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trois pieds quatre pouces, appartiennent à M. Girardot de Marigny (R. 261). — 35. Une Marine au clair de lune. Ce tableau, de trois pieds trois pouces et demi sur trois pieds sept pouces et demi, appartient à M. Patipe, négociant (C. 310. Vente Pope, 1793, n°14.) — 36. Un grand Rocher formant une grotte au bord de la mer où plusieurs femmes se baignent. — 37. Le Naufrage d’un vaisseau. Ces deux tableaux, de trois pieds deux pouces sur deux pieds six pouces, appartiennent à M. Dubois. (Vente Dubois, 1788, n° 69.) — 38. Un Calme au coucher du soleil. Quatre pieds six pouces sur trois pieds trois pouces. — 39. Autres Marines sous le même numéro.

1789. — 20. Deux tableaux : l'un, une Mer calme au coucher du soleil, avec un grouppe de figures sur le devant, qui est la famille de l'auteur; l’autre, une Tempête avec le naufrage d’un vaisseau (C. 314. Ventes Paupe, 1792, n° 12; La Reyniere, 1793, n° 1 et 2). — 21. Un Incendie pendant la nuit (C. 314? Ventes Paupe, n° 15; Donjeux, 1793, n° 362). — 22. Un Lever du soleil par un brouillard (C. 320. — Vente Paupe, n° 19). — 23 Deux petits tableaux ovales; l’un, un Paysage, et l’autre, une Marine (C. 29ï. R. 235. 241. Vente Paupe, n° 21). Ces six tableaux sont tirés du cabinet de feu M. Paupe. —

24. Deux tableaux; l'un, un Calme au coucher du soleil; l’autre, une Fin d’orage, avec un vaisseau naufragé dont s’est sauvé le capitaine avec sa femme, son enfant et quelques matelots. Tandis que la femme se jette au pied d’une croix plantée sur le rivage, que l’enfant se jette sur sa mère, le capitaine se désespère d’avoir perdu sa fortune. —

25. Deux tableaux; une Tempête où l’on voit dans le fond le Naufrage d’un vaisseau à l’entrée d’un port, et l’autre une Pèche au lever du soleil, dans un tems de brouillard. — 26. Deux tableaux; l’un représente le Naufrage de Virginie à l’isle de France, sujet tiré d’un ouvrage de M. de Saint-Pierre; l’autre est un Paysage au lever du soleil. Ils appartiennent à M. Girardot de Marigny. — 27. Un Calme au coucher du soleil. 11 appartient à M. Imbert, premier chirurgien de Monseigneur le duc d’Orléans. — 28. Un Temps orageux dans un lieu sauvage, au milieu d’arbres et de rochers, dans le goût de Salvator Rosa. (Vente Vernet, 1790, n° 14.) — 29. Plusieurs tableaux sous le même numéro

Supplément. — Par M. Vernet fils, agréé. — 342. Triomphe de Paul Emile. Quatorze pieds de long sur cinq pieds et demi de haut. — 343. Un Homme à cheval terrassant un lion. Figure académique. Neuf pieds de haut sur sept de large. — 344. Plusieurs dessins sous le môme numéro.

ANNEXES

À une époque où les ventes publiques d’objets d'art ont pris une telle importance, que les gens du meilleur monde ne craignent pas de se fourvoyer parmi le public équivoque de l’hôtel Drouot, on nous pardonnerait difficilement de ne pas insister davantage sur les ventes qu’ont traversées les tableaux de J. Vernet et les prix qu’ils y ont atteints. 11 nous est cependant impossible de reproduire en entier les cent quarantetrois extraits de catalogues relevés par nous à la Bibliothèque impériale et ailleurs. On trouve déjà dans le cours de notre étude l’indication des principales ventes. On trouve aux Commandes et aux Salons les prix d’un grand nombre de tableaux. Bornons-nous ici à un résumé chronologique qui complète, précise et condense ces notes éparses.

La première vente que nous rencontrons est celle de Peilhon, en 1763. Elle comprenait huit tableaux tous indiqués aux Commandes, la plupart gravés par Daullé et déjà décrits. N° 70 du catalogue1. Les différents travaux d’un port de mer, 1,858 liv. — 71. Le Pèlerinage et son pendant, 1,800 liv. — 72. La Grecque sortant du bain et le Turc qui regarde pécher, 800 liv. — 81. lin Port de mer et un Naufrage peints à Rome en 1748, 1,701 liv. et 1,813. — 82. La Vue d’Avignon, 4,001 liv. — En tout, pour les huit tableaux, 11,973 liv., ce qui donne en moyenne 1,496 pour chaque.

La même année on vendit à Amsterdam la collection du cardinal Valenti Gonzaga. Au lieu des deux tableaux qu’il avait commandésen 1746, il s’en trouva deux autres, adjugés au prix de 1520 florins la pièce, <un Port de mer et une Cascade. Tous deux faisaient partie de la galerie du prince d’Orange, quand Fokke les grava, en 1770, sous le titre de Port de Livorne et Vue aux environs de N ami; puis ils vinrent au Louvre, en 1804, et c’est pourquoi ils figurent dans le Musée français, dans le Musée Filhol et dans le recueil de Landon, gravés sous les titres plus justes de la Tempête et la Cascade ; enfin ils retournèrent en Hollande et ils sont aujourd'hui au Musée de La Haye.

En 1764, une seule vente, celle du peintre De Troy, nous offre des tableaux de J. Vernet, deux Paysages avec rochers et cascades et une

1. Le nnméro par lequel nous désignons an tableau est toujours celui du catalogue de la vente où il a figuré : Ceux qui ont été gravés on» leur titre imprimé en italique.

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Vue du Poule Rotto. Mais l’année suivante, 1765, voici la vente de Villette avec ses vingt-trois tableaux. Rappeloos-les rapidement, en indiquant la commande à laquelle ils correspondent, et, à défaut, les salons et les autres ventes où ils ont figuré.

33. Deux Vues de mer, paysage et édifices, cinquantes figures 3,635 liv. C. 76. — 34. Fête tur le Tibre, à Rome, gravée par Duret, et Tempête, 6,070 liv. C. 86. — 35. Chasse aux canards, 1,000 liv. C. 12. — 36. Vue de rivière, 800 liv. C. 12. — 37. Le Départ de la chaloupe, gravé par Mad«Coulet, et son pendant, 742 liv. C. 33. — 38. La Vigne Pamphile et la Vigne Ludovisi, 1,302 liv. C. 60. — 39. Les Débris du naufrage , gravés par Masquellier, et un Calme, 842 liv. — 40. Clair de lune et Marine, effet du soir, 1,224 liv. — 41. Incendie d’un port, et Clair de lune, 1,680 liv. C. 60. — 42. Le Matin et le Midi, d’Aliamet, 1,210 liv. R. 90. — 43. lr« et 2* Vue du Levant , d’Aliamet, 1,400 liv. R. 90. — 44. Tempête, 1,008 liv. Salon de 1765, n° 70. Vente Dubois (1784), 299 liv. 19 s. Vente Cochu (1799). — 45. Paysage de Tivoli, 1,000 liv. C. 60. — 46. Le Soir, d’Aliamet, 500 liv. C. 161. — Les vingt-trois tableaux du cabinet de Viilette produisirent 22,413 liv.; c'est une moyenne de 931 liv., inférieure par conséquent à celle de la vente Peilbon.

A la vente de Julienne, 1767, reparaissaient la Différents travaux d’un port de mer, vendus cette fois 3,915 liv., accompagnés d’une Vue de Tivoli, 2,650 liv. Une collection non moins précieuse, celle de La Live de Jully, vendue en 1770, contenait la Fin d’un orage sur mer et la Vue du port de Civita-Vecchia, 5,001 liv., avec le Clair de lune , gravé par Marcenay, 500 liv. Cette même année on trouve à la vente du peintre Baudouin deux Vues de mer, peintes en Italie.

Les dix années qui suivent, 1770-1780, marquent dans les annales de la Curiosité. C’est d’abord, en 1772, la vente du duc.de Choiseul, avec les Baigneuses, de Balechou, et celle de Davoust, avec quatre tableaux : — 2. Paysage avec blanchisseuses, 3,002 liv. Vente Robit (1801), 1,900 f. — 3. Vue de Tivoli, n° 45 de la vente Viilette, 1,455 liv. — 4. Les Italiennes laborieuses , d’Aliamet, 510 liv. — 5. Les Voyageurs effrayés par le coup de tonnerre, d’Avril, 415 liv. — Total, quatre tableaux, 5,382 liv.; moyenne, 1,345.

Citons seulement pour mémoire, en 1773, la vente du comte de Caylus, deux marines peintes à Rome en 1748, 1,700 liv., et celle de Vassal de Saint Hubert, le Clair de lune, de Marcenay, 1,131 liv. En 1774, à la vente de Le Carpentier, architecte du roi, se rencontrent l'Orage impétueux, de madame Bertaud, un Calme, deux petites esquisses dans le genre de Watteau, quatre esquisses de marines, et deux petites marines ovales de quatre pouces de diamètre; à celle du comte Du Barry, deux naufrages, 7,850 liv.; une marine, 2,350 liv., et un paysage dans lequel Boucher avait peint un cheval anglais, 175 liv. L’année 1775 amène la vente de Du Tillot, marquis de Felino, longtemps ministre à Parme. Les prix se soutiennent. Un paysage d’Italie (n° 49) est vendu 3,101 liv.; une Tempête (50), 3,301 liv.; l’Incendie d’un port, 1,900 liv., et le Port de mer avec l’arc-en-ciel, 1,600, deux

tableaux qui reparaîtront à plus d’une vente importante. Une Tempête et une Marine furent payées 2,900 liv.; un Matin et un Orage, 1,300 liv. Puis venaient une étude de paysage, vendue seulement 57 liv., ce qui permit au peintre-architecte Clérisseau de s'en rendre acquéreur; deux autres études d’Italie, 300 liv., et encore deux études de paysage, 11 G. Le prix total de ces treize tableaux ou études s’élève à 14,575 liv.

En 1776, plusieurs ventes anonymes nous donnent des tableaux de .oseph Vernet, sans indication des prix. Nous ne connaissons pas davantage ceux de la vente Lempereur, qui possédait le Vaisseau submergé, de Le Veau, les Jeunes blanchisseuses , de Daudet, un paysage avec fond de marine, et deux dessins gravés par Basan. Blondel de Gagny n’avait qu’une marine, 1,200 liv., et le sculpteur Saly deux paysages et marines faits à Rome.

Les ventes se pressent en 1777, et quelles ventes! Randon de Boisset, le prince deConti, le comte Du Luc, Thelusson. A la première, la Vue d'Avignon , du cabinet Peilhon, atteignit 4,199 liv.; la Chasse aux Canards, du cabinet Villetle, 3,999 liv. 19 s.; le Matin et le Midi, d'Aliamet, 4,000 liv. Une Tempête et un Calme furent payés 8,540 liv. (C. 1G0.) La première est au Louvre, et Schrœder l’a gravée sous le titre le Coup de tonnerre. La vente Randon de Boisset produisit, pour six tableaux, un total de 20,739 liv. 18 s., soit une moyenne de 3,456 liv., une des plus élevées où soient arrivées les tableaux de J. Vernet. Celle de la vente du prince de Conti demeura bien au-dessous. 11 y avait cependant là les Baigneuses, de Balechou, 5,100 liv.; le Château Saint- Ange et le Ponte liotto, de la réserve du duc de Cboiseul, 5,200 liv.; deux Marines, 5,900 liv.; une autre seule, 1,450 liv.; le Clair de lune, de Marcenay, 733 liv.; deux tableaux sur cuivre, 2,101 liv., et l’Incendie nocturne, de la vente Villette, 1,600 liv. Les dix tableaux n’arrivèrent qu'à 22,084 liv.; moyenne, 2,208. Le comte du Luc avait deux Marines sur cuivre, peintes en 1772 et 1776, dont nous ignorons les prix. Thelusson n’avait qu’une Tempête, qui en valait bien deux, car elle fut vendue 6,101 liv. : elle est au Louvre et elle a été gravée dans le Musée français sous le titre le Naufrage.

L’année 1778 fut encore plus abondante. Bourlat de Moutredon : une Marine, 1,560 liv., et quatre dessins. — Madame de Jullienne : la Vue proche de Mont ferrât, de Leveau, 1,399 liv., et le Clair de lune, de Marcenay, 420 liv. — Dangé, fermier général : deux Marines peintes à Rumeenl749. — Dulac, le doreur de Vernet: deux dessins, une esquisse; une Vue du Tibre, 2,050 liv.; deux Vues de Rome, 245 liv., et les fameuses Baigneuses, de Balechou, 5,001 liv. — Le Brun, marchand : Marine par un temps calme, 1,561 liv. — Le président Le Rebourg : le Soir , d’Aliamet, du cabinet Villette. — Le duc des Deux Fonts : deux Marines peintes à Rome en 1749, 2,710 liv. A cette nomenclature joignous, en 1779, l'abbé Terray, avec ses deux tableaux du Salon de 1775, vendus ensemble 6,000 liv.

En 1780, cinq ventes. Le marquis de Changran : deux tableaux sur cuivre, qui ne sont autres que le Matin et le Midi, d’Aliamet, des cabinets Villette et Randon de Boisset, 3,299 liv. 19 s.-— Le peintre Chardin :

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celui-ci n'avait qu’un tableau de son collègue et ami, mais c’est un des plus singuliers qu’il ait peints : il représentait la Vue d’une habitation du grand seigneur sur le Bosphore, — un Bosphore de fantaisie, — et plusieurs femmes du harem se baignant devant Sa Hautesse, sous la surveillance des eunuques. Ce rêve oriental fut payé alors 1,199 liv. 19 s. Mais à la vente Clos il descendit à 660 fr., et en 1843, le marchand Dubois ne put s’en défaire qu’à 380.

Nous trouvons de plus en 1780 la vente Le Roy de Senneville et divers, une Tempête, 2000 liv.; la vente de l’architecte Soufflot, deuv marines gravées par Le Bas, Port de mer d'Italie et Départ pour ta pêche , qui ont appartenu plus tard au comte Perregaux, 4,013 liv., et celle de Prault, imprimeur du Roi, une petite Tempête 512 liv.

L’année 1781 réservait à Vernet une humiliation cruelle. Il vit vendre sous son nom par un certain Euller deux paysages soi-disant peints à Rome adjugés ensemble 300 liv., et une autre Vue d’Italie qui ne dépassa que d’un sol la modique somme de 30 livres. Mais 1782 lui donna sa revanche. Tout ce que le frère de madame de Pompadour, le marquis de Ménars ou de Marigny avait acquis de ses protégés les artistes pendant sa longue surintendance fut mis sur table à sa mort. Il y avait quatre tableaux de Vernet, la Tempête de 1754 et un paysage avec architecture, 6,621 liv. et deux pendants plus petits, Paysage et Tempête, 3,500; s-1 t 10,121 les quatre. Nous voilà cependant loin des prix de 1777. La même année, dans une vente de Dubois, marchand, un Calme peint à Rome en 1749 ne dépassa pas 1000 liv., et deux pendants, Calme et Tempête, datés aussi de Rome 1743, restèrent à 806. Les marchands croyaient bien faire eu recherchant les premiers tableaux du peintre à la mode, mais le public préférait les œuvres plus récentes. Ainsi, à la vente Tonnelier, 1783, les Baigneuses de Balechou se soutenaient à 4,701 liv., et à celle de l’architecte Bellisard , on paya 901 liv. une petite marine de 1767, gravée par madame Bertaud , la Bargue mise à flot , et 900 liv. une. marine gravée par Miger, Côtes près de Cività Vecchio.

La vente du cabinet de M. de Billy eut lieu en 1784. Cet amateur a possédé de J. Vernet cinq tableaux, tous gravés, l'Heureux passage , par Mad* Coulet, les Pêcheurs florentins , et les Pécheurs napolitains , par la même, les Commerçants turcs et les Suites d'un naufrage par Mad« Cousinet, femme Lempereur. Aucun ne figure à la vente, et l’on y voit paraître deux autres pendants exécutés à Rome en 1748, et tous deux gravés par madame Coulet, les Jetteurs de filets et l’Incendie d’un port. Quelques mois après, la vente du comte de Vaudreuil fit connaître au public les huit grands panneaux du financier De Laborde. Puis vint la vente Senneville, un Calme et une Tempête, 5,499 liv.; puis celle du comte de Merle, cet ancien compagnon de plaisirs de J. Vernet, deux vues de Naples, 9,500 liv.; enfin celle de l’orfèvre Dubois : deux marines sur cuivre, de la vente Du Luc, y furent vendues 5,951 liv.; une petite Tempête, 790 liv.; un Port de mer, des cabinets de Felino etTheveniu, 1,999 liv. 19 s.; une Tempête, de la vente Villette, 299 liv. 19 s. Quatre tableaux pour 9,040 liv. La moyenne sans se relever, reste du moins stationnaire.

Les années 1785 et 1786 ne nous donnent que des ventes dont nous ignorons les prix. Le marquis de Véri : un Soleil couchant de 1764, un Clair de lune de 1770. Le Bailli de Breteuil : Vue du village et du château de Caprarola, peinte en 1746, avec le portrait du cardinal Aquaviva et celui de Vernet; une Vue de Tivoli peinte en 1749 et provenant de la vente de Jullienne; la Gondolle italienne, de Duret, et son pendant ; et une Vue des environs de Terni. En 1786, c’est Aubert, le joaillier de la couronne, avec son curieux assortiment : la Vue d’Avignon, des ventes Peilhon et Randon de Boisset; une Marine effet de soir, et un paysage, effet du matin, ce dernier gravé par Le Bas, sans titre, une Tempête au clair de lune et un Paysage d’Italie, quatre tableaux de 12 pouces de haut sur 9 de large, et puis les trois dessus de boites, Soleil couchant, Clair de lune et Tempête. Cette dernière se retrouve à la vente Le Brun.

Les ventes sont nombreuses en 1787, mais les prix nous font encore défaut. Voici d’abord Beaujon, receveur général des finances de Rouen: une marine par un gros temps, peut-être le n® 203 de Randon de Boisset, un Coucher du soleil (R. 189) et la Marine avec arc-en-ciel que nous avons vu paraître à la vente du marquis de Felino. Puis le conseiller d’état De Boullongne, La Belle après-dinée, de Mad* Bertaud et son pendant; la Gondolle italienne de Duret, et son pendant, et deux Vues de Naples. Vient ensuite Made de Bandeville , dont les trois tableaux ont été gravés, la Vue du château Saint- Ange du côté du port, par Chenu, les Occupations du rivage et la Source abondante, par Le Bas. Enfin le duc de Chabot : le Château Saint-Ange et le Ponte Rotto , du cabinet de Choiseul et de la vente Conti, aujourd’hui au Louvre; la Marine avec arc-en-ciel de la collection de Felino, payéo 3,900 liv. à la vente Beaujon, et trois dessins.

L’année suivante, l’orfèvre et joaillier Dubois, qui était bien du bois dont se font les amateurs de notre temps, vendit lui-même son second cabinet, formé en trois ans sur les ruines du premier vendu en 1784. Il avait recueilli à la vente de Boullongne deux vues de Naples; à celle du duc de Chabot la Marine avec arc-en-ciel. 11 y joignait sept tableaux peints en 1784 (R. 250) et 1787.

La vente la plus intéressante de 1790 est celle de Joseph Vernet luimême. Il venait de mourir le 3 décembre 1789. Sans doute l’état de sa veuve rendit nécessaire une liquidation immédiate delà succession. Les enfants chargèrent l’expert Le Brun de diriger la vente, et tout ce qui restait dans l’atelier du peintre fut livré aux enchères le 20 et le 21 avril. Le catalogue est précédé d’une bonne notice biographique, mais il donne trop peu de détails, et l’exemplaire que nous avons eu sous les yeux ne portait malheureusement pas les prix. Les tableaux s’y trouvent en petit nombre : nous en avons déjà parlé page 252. De Joseph Vernet lo catalogue mentionne seulement un grand tableau de cinq pieds de haut représentant des soldats qui passent dans une gorge des Alpes par un temps orageux, un paysage de forme ovale, deux copies d’après Salvator Rosa, trente-trois éludes peintes d’après nature tant à Rome qu’à Naples, et vingt-sept ébauches. Les dessins sont au nombre de plus

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de cinq cents, les uns qualifiés de Beaux dessins, c’est-à-dire terminés, les autres simples croquis, études de paysage, de marine, de figures, de vaisseaux, d’animaux. On rencontre, confondus parmi ceux de Vernet, six dessins de Cochin sur papier blanc au crayon rouge, sujets de dévotion, encadrés, et deux de Pierre Puget, à la plume, représentant une galère et un chantier de construction. Viennent ensuite quatorze estampes sous verre, et environ douze cents estampes en feuilles, la plupart d’après les Ports de France et les autres tableaux du maître, et enfin quelques volumes déjà cités, le3 Fables de La Fontaine d’Oudry, les Vues de Rome de Piranesi, les Montagnes de la Suisse, l'œuvre du Parmesan, les Mascarades grecques de Petitot, cent costumes des nations du Levant, un volume de marine, un recueil de cartes marines, etc. Le catalogue se termine comme tous les catalogues de ventes d'artistes : les chevalets qui ont porté tant de belles œuvres, la boite à couleurs en bois d’acajou, les toiles imprimées qui attendaient la pensée du maître, dix-neuf bordures de bois doré, fournitures anticipées de « mon neveu sculpteur, » et ces précieux paquets d'oulre-mer que J. Vernet faisait venir de Rome.

La même année vit passer en vente la succession du graveur Cochin, où se trouvaient deux tableaux de Vernet, mentionnés aux Reçus, 41 et 85, et celle de Boyer de Fonscolombe, qui possédait une marine gravée par Dufour, l 'Entrée du port de Pa/erme, et un paysage à la Salvator, acheté par Le Brun. Ce dernier fit une vente l’année suivante : on y retrouve, outre le paysage à la Salvator, vendu 330 liv., la petite Tempête en dessus de boite d’Aubert, 400 liv., et une Vue da Tivoli qui n’était sans doute qu’une des esquises de la vente Vernet, car elle ne dépassa pas 48 liv.

La mort de Joseph Vernet eût sans doute donné un nouvel élan à la vente de ses œuvres, si les événements politiques n’étaient venu glacer l’ardeur des amateurs. La fin du xvm* siècle n’est remplie que de liquidations. En 1792, après le duc de Choiseul Praslin, — un Soleil couchant et les deux tableaux du cabinet de Billy, les Commerçants turcs et les Suites d’un naufrage, — voici les héritiers de M. Pope qui se décident à mettre en vente la collection du marchand de rubans de la rue aux Fers. 11 s’y trouvait, on s’en souvient, vingt tableaux du maître, dont uous devons donner la nomenclature exacte, en regrettant de n'y pouvoir joindre tous les prix.

12. Soleil couchant, avec le portrait de la famille Vernet, et Tempête, peints en 1788, 6,430 liv. C. 314. Salon de 1789, n° 20. — 13. Tempête et Calme, peints en 1781. C. 274. R. 223, 228. — 14. Clair de lune, peint en 1787. C. 310. Salon de 1787, n°35. — 15. Incendie nocturne, peint en 1788, 1,750 liv. C. 314. Salon de 1789, n° 21. — 16. Tempête, peinte en 1783. — 17. Baigneuses peintes en 1783. — 18. Calme, peint en 1775, gravé parHill, le Pécheur encouragé. Musée de Rouen. — 19. Brouillard, peint en 1789. C. 321. Salon de 1789, n° 22. — 20. Mer calme au soleil couchant, sur bois. — 21. Deux ovales, sur cuivre, Ermitage au bord de la mer et Paysage avec rivière. C. 296. R. 235, 241. — 22. L’approche d'une tempête et un Antre de rochers, peints en 1786. R. 258. — 23. Coup de vent et Clair de lune, peints en 1788. — 24. Fin

d’une tempête, peinte en 1788, sur cuivre. — 25. Soleil couchant et Tempete, sur cuivre, de 9 pouces de diamètre. — 72. Cinq dessins capitaux.

La même année, on retrouve l’Incendie de la vente Pope à la vente de Donjeux, ancien marchand, où ce tableau est accompagné de la Vue d’un Port, vendue 2. 501 liv. à la vente de Morelle (C. 141. R. 63), et d’une marine; on retrouve aussi le Soleil couchant avec le portrait de la famille Vernet et son pendant, à la vente de i’ex-fermier général, devenu le citoyen La Reynière, et ces deux tableaux montent jusqu’à 8,000 liv. En 1795, la vente de feu le citoyen Duclos-Dufresnoy livre aux enchères la Tempête et le Brouillard du Salon de 1787, et celle du citoyen de Calonne, qui eut lieu à Londres, trois tableaux, dont une Vue de Naples, vendue 4,331 fr. Enfin en 1799, à la vente du médecin Cochu reparaît le Gros temps sur mer, des ventes de Villette et Dubois (1784).

Avec le xix« siècle commence une nouvelle série de ventes, empreinte d'un caractère particulier. Du vivant d’un peintre, l’engouement de ses contemporains, la mode, la rivalité des amateurs sont autant de motifs qui peuvent exagérer la valeur de ses oeuvres. Le prix réel des tableaux ne s'établit bien que quelques années après la mort de celui qui les a signés. Toutes les influences sont tombées, c’est la postérité qui prononce et qui fixe le marché. A ce titre il n’est pas moins intéressant de suivre J. Vernet à travers les ventes depuis 1800 jusqu’à nos jours.

Dès 1801 voici le citoyen Robit. Deux tableaux peints en 1753 à Avignon pour M. Regny ou Régnier consul à Gènes qui avaient appartenu à l’amateur Le Beuf, furent vendus, le premier 5,820; le second 4,500. Martini les a gravés tous deux sous les titres de fantaisie, Environs de Spoleto et Vue de Porto Ercole. Les Baigneuses de Balechou ne dépassèrent pas 2,820 fr. Un Paysage de 1751, de la vente Davoust, fut adjugé à 1,900 fr. et une Mer agitée, n° 138 de la vente de Marigny, à 2,615. En tout cinq tableaux, 17,655 fr., soit 3,885 chaque, la plus haute moyenne atteinte en vente publique par les tableaux de J. Vernet. Celle de la vente Randon de Boisset n’était que de 3,445 liv.

A la vente du cabinet Tolosan, la même année, se rencontre une curieuse production du talent du maître, si toutefois elle était authentique, une gouache représentant àrtémise qui boit les cendreB de Mausole, 301 fr. Tolosan avait aussi un Naufrage de 1748 que l’on voit paraître en 1805 à la vente Maurin avec un Port de mer d’Italie, 3,902 fr. les deux.

Passons rapidement sur quelques ventes secondaires. En 1806, De Pillon, une Vue de Tivoli, 176 fr. En 1807, Villeminot, deux Marines peintes en 1750- En 1807 encore, Nogaret, la Chasse aux canards des cabinets de Villette et Randon de Boisset. En 1808, le sculpteur Brian, une Tempête, 18 fr. et un Soleil couchant. En 1809 , le peintre Vien , six tableaui ou études, deux entr’autres désignées comme les premières études de J. Vernet à son arrivée en Italie, souvenirs d'une vieille amitié précieusement gardés parVien jusqu’à sa mort. La même année, la vente Emler nous offre les quatre parties du jour peintes en 1780 et un Combat naval au milieu de la nuit, daté de 1786, provenant du cabinet Montaleau, sans doute celui du Salon de 1787.

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