L’AFFAIRE DES PORTS
tableau présenté à l’Académie, la finesse et la correction des figures, l’intelligente distribution de la lumière, la chaleur, la vérité de ce morceau véritablement digne d’un grand maître, il ajoutait: — «En enlevant cet illustre artiste à l’Académie de Home, M. de Vandières a travaillé à la gloire de celle de Paris; il s’était rendu, par la haute célébrité qu’il a dans toute l’Europe, digne des bienfaits du roi, qui l’attachent désormais à la France. »
C’est en effet pendant ce voyage que fut réglée définitivement l’affaire des ports de France. M. de Vandières était devenu le marquis de Marigny, c’est-à-dire le directeur suprême des beaux-arts sous le contrôle de sa sœur, la marquise de Pompadour. L’idée de confier à Joseph Yernet la représentation des principaux ports de mer du royaume avait été agréée par le roi. Joseph Vernct en reçut alors la mission officielle.
Les conditions matérielles de ce grand travail, c’est-àdire la dimension et le prix des tableaux, ainsi que le temps à y employer, furent réglés de vive voix entre le directeur général et le peintre. Du moins ne reste-t-il pas trace de commande , convention ou contrat rédigé dans ce but. Les instructions officielles qui ont été conservées ont trait à la partie pittoresque; elles semblent avoir été écrites sous la dictée de quelque homme de mer qui connaissait parfaitement la situation de chaque port et les ressources qu’il pouvait offrir à un artiste. Elles prennent Vcrnet par la main; elles le conduisent tout le long des côtes de France; elles lui font remarquer les détails caractéristiques qu’il a à peindre. Le directeur a indiqué en marge le nombre de tableaux à fournir par chaque localité. On peut voir dans les Archives de l'art français1 ce curieux document administratif, tel qu’il sortit «les