‹ Joséphine de Beauharnais, 1763-1796 (volume 2)Chapitre 4 sur 11 · LE PÈRE ET LA MÈRE DE JOSÉPHINE 6C · texte numérisé non relu

LE PÈRE ET LA MÈRE DE JOSÉPHINE 6C

9000 hommes, montés sur onze vaisseaux et quatre frégates aux ordres du comte de Blénac. Il est trop tard.

M., de la Pagerie avait suivi jusqu'au bout la fortune du Gouverneur. Chargé, a-t-il dit lui-môme ,par la suite, du commandement d'une batterie à la Pointedes-Nègres, il y avait soutenu pendant neuf heures le feu de trois vaisseaux, et ne s'en était retiré que pour continuer la lutte aux batteries de Latapy et du morne Tartanson. Il ne s'était point ensuite associé aux capitulations isolées des habitants, avait accompagné M. de la Touche dans sa marche sur Saint-Pierre et n'avait posé les armes que sur son ordre.

La. conquête achevée, il retourna vivre aux Trois- Ilets où, le 23 juin 1763, sa femme Rose accoucha d'une fille qui, cinq semaines plus tard, reçut au baptême, de son grand-père maternel Joseph des Vergers de Sannois, et de sa grand'mère paternelle, Jlfanc-Françoise Boureau de la Chevalerie de la Pagerie, les noms de Marie- Joseph-Rose : c'est Joséphine.

Dans les trois années qui suivirent. M"® de la Pagerie eut deux autres filles : Catherine-Désirée, née le H décembre 1764 (nommée par son grand-père paternel et sa grand'mère maternelle) et Marie-Françoise, née le 3 septembre 1766 (nommée par son oncle maternel et par sa tante paternelle, M°*® Lejeune- Dagué).

La fantaisie qu'éprouva plus tard Joséphine de se rajeunir, certaines contradictions que l'on ren-

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contre dans les pièces officielles et qui paraissaient inexplicables, ont fait discuter la date vraie de sa naissance, et, à suivre uniquement les textes, Ton eût été embarrassé. Outre un acte de décès en date du 16 octobre 1777, au nom de Catherine-Désirée, Ton trouvait, en date du S novembre 4791, un acte d'inhumation au nom de Marie-Joseph-Rose : Ton en concluait, fort naturellement, que des trois filles de M. et M"*'' de la Pagerie, Tunique survivante était Marie- Françoise, née le 3 septembre 1766; tandis que de fait, c'était cette Marie-Françoise qui était morte en 1791 , et que Marie-Joseph-Rose vivait.

De 1761 à 1791, six curés, moines ou missionnaires, avaient successivement été chargés de la tenue des registres aux Trois-Ilels : le frère Marc, capucin, pouvait ne pas connaître les prénoms exacts de ses paroissiennes et prendre l'une pour Taulre. Sans doute^ il semblait étrange que les assistants, MM. Pocqiïet de Puilhcry, d'AudiCTredy, Cleûet, Durand cadet, Jean Goujon et Tascher, qui avaient signé Tacte de sépulture, n'eussent point relevé Terreur, mais lit-on les actes qu'on signe ?

D'ailleurs est-on certain que ces prénoms n'avaient point été suggérés au frère Marc : d'un document, trop peu authentique pour qu'on s'y fie, trop affirmatif pour qu'on le néglige, il résulte que, le 17 mars 1786, une demoiselle Tascher est accouchée, à Rivière- Salée, d'une enfant du sexe féminin, qui fut tenue au baptôme par ses grand-père et grand'mère, adoptée M°^ de la Pagerie et, après la mort de celle-ci, mariée,

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