‹ Joséphine de Beauharnais, 1763-1796Chapitre 3 sur 13 · TASCHER ET BEAUHAR.\AIS · texte numérisé non relu

TASCHER ET BEAUHAR.\AIS

siège de Bergues, mais souvent aussi, lassés, s'en retournent en leur province, où ils épousent quelque petite héritière, font souche et, à peine leurs fils en âge, n'ont d'autre idée que de les mettre au service. C'est là, sans doute, cet attachement au métier, cet esprit de sacrifice et de dévouement, perpétué à travers les générations, la gloire de la noblesse française, — mais comme elle la paye !

Le grand-père de Gaspard-Joseph, retiré avec le grade de capitaine de cavalerie, a usé ses dernières ressources à commander, en 1674, l'escadron de l'arrière-ban de la noblesse du Biésois. Il en a tiré un beau certificat signé du vicomte de Turenne, mais ne s'en est point trouvé plus riche. Il n'a laissé qu'un fils, Gaspard, qui, malgré deux bons mariages, n'a pu se sortir d'affaire. Il est vrai que c'est de l'honneur surtout que lui ont apporté M"" du Plessis-Savonnière etBodin de Boisrenard, de familles égales à la sienne, toutes militaires, chez qui, à chaque génération, s'offre au Roi l'holocauste d'un soldat tué pour la France.

Gaspard demeure donc à Blois où, en i65o, son grand-père s'est établi après avoir vendu sa seigneurie de la Pagerie, sise dans la paroisse de Vievy-le-Rayé, dont ses descendants ont pourtant gardé le nom. Il s'y mêle à la vie municipale, au point de ne point dédaigner par la suite (lySS) de se faire élire échevin. De ses deux mariages, il a eu six enfants, deux fils et quatre filles. Pour deux de ses filles, Anne et Madeleine, moyennant les

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habituels certificats d'indigence, il obtient des places à Saint-Cyr (3i mars 1721 et 3o août 1734) •' en en sortant, ces deux entreront en religion ainsi qu'une troisième et s'en iront à un couvent de Bordeaux. Le fils cadet prendra aussi le parti de rÉglise et, d'abord chanoine de Blois, il deviendra par la suite un des aumôniers de la Dauphine, de là sera grand vicaire de Mâcon en 1764, abbé de Selincourt au diocèse d'Amiens (ce qui lui vaudra 7 5oo livres de revenu) et plus tard encore, assuret-on, abbé et vicomte d'Abbeville.

Reste l'aîné, qui se nomme Gaspard-Joseph, comme son grand-père. Il a, semble-t-il, tenté de servir, a mal réussi. On le dit mauvais sujet. Peutêtre est-il en dispute avec sa belle-mère; en tout cas, il prétend échapper à cette vie de gentillâtre pauvre et préfère courir l'aventure. Sans grade militaire, sans fonction civile, il arrive à la Martinique ; il s'établit au quartier Sainte-Marie ; peutêtre sur des terres qui lui ont été concédées, plus probablement comme employé chez un habitant. Au bout de quatre ans, en 1730, pour conserver ses droits et ses privilèges de noblesse, il présente au Conseil souverain une demande afin de faire enregistrer ses titres ; à cause des formalités, des productions à demander en France, cela dure quinze ans, traîne jusqu'en 1743: dans l'intervalle, en 1734, il se marie, épouse, au Garbet, une demoiselle Marie-Françoise Boureau de la Ghevallerie, dont le père venu aussi du Blésois, avait à la Mar-

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