LA TOILETTE. - LE COIFFEUR M
Napoléon l'enlève à Joséphine, le place près de Marie- Louise, aux gages vraiment extraordinaires de 42 000 francs par année — sans compter les gratifications, et il en est de 12 000 francs d'un seul coup! Aussi le fils de Duplan entre à l'Ecole polytechnique, il est ingénieur des Constructions maritimes, il se bat à Anvers, se retire ensuite dans ses propriétés près de Toulouse et, de 1852 à 1869, est constamment élu député de la Haute-Garonne. On prouva alors qu'il était de famille noble alliée aux la Galprenède : le coup de peigne n'y avait point nui.
Des coiffures qu'Herbault et Duplan font à Joséphine, il en est de mille sortes et des plus compliquées : en général, une grosse boucle en repentir descend sur l'épaule, mais tout est essayé : les bouclettes donnant à la tête ronde un air d'enfance ; les bandeaux serrés, à la mode des statues antiques, avec un chignon ferme, placé haut et pointant droit de l'occiput ; les demi-bandeaux étoffés, relevés sur les côtes pour dégager l'oreille et la nuque et se joignant en une sorte de pouf épais et bouffant — des coiffures, qui semblent chaque jour renouvelées et qui, de la part des artistes, exigent un goût d'autan plus sûr, une habileté d'autant plus consommée que la matière coiffable est moins abondante et qu'il faut suppléer à ce qui manque et colorer ce qui reste Les cheveux de Joséphine, aux derniers jours de sa vie, sont, par la teinture, restés d'un châtain vigoureux, mais, ce qui n'en a point changé, c'a été la qualité et ils sont d'espèce asso.z grosse. A partir d'un
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certain moment, l'art consiste à n'en point trop laisser voir, à trouver, surtout pour le soir — car, dans la journée, l'Impératrice est toujours en chapeau — soit quelque arrangement d'étoffes légères et mousseuses, soit une adroite disposition de touffes de fleurs artificielles, soit l'appareil souverain d'un diadème de grande dimension. Très tôt, il a fallu renoncer, comme trop jeune et trop négligé, à cette coiffure à la créole avec le mouchoir de Madras négligemment noué sur le côté qui seyait à miracle à la vicomtesse de Beauharnais et même, aux premiers temps, à la consulesse. Il faut du grave, du sérieux et du sévère et, ce qui complique encore, il le faut accommodé à un visage qui, sans rien de remarquable ni de régulier dans les traits, vit uniquement de grâce et de mines. Qu'on s'étonne ensuite de l'importance que prend le coiffeur !
Ces premiers actes ont pris du temps : si les dames du Palais de service se présentent durant que le coiffeur est encore là, souvent on les fait entrer dans le cabinet et elles assistent à la grande délibération sur la toilette du jour. La Première femme et les femmes de garde-robe apportent de grandes corbeilles qui contiennent plusieurs robes, plusieurs chapeaux et plusieurs châles — et la discussion s'ouvre.
L'été, les robes sont de mousseline, de batiste, et de percale ; l'hiver, d'étoffe et de velours. En robes d'été, il y a le choix, car, au dernier inventaire de la garderobe, en 1809, il s'en trouve deux cent deux, et il ne