‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 11 sur 104 · LA TOILETTE. — LE COIFFEUR · texte numérisé non relu

LA TOILETTE. — LE COIFFEUR

la veuve Simon, Legrand, etc. Pourtant, nulle fantaisie pour les souliers; hormis, comme de juste, pour ceux qui, étant de costume, sont inventés par les peintres. Fort peu de brodequins : ceux qu'on porte par hasard sont d'étoffe. Il faut qu'on voyage pour prendre, par-dessus les souliers, les brodequins de maroquin ou de velours doublés de fourrures. Sauf en ce cas, le soulier seul est de mise, à Paris comme à la campagne.

Chaussée, Joséphine passe un corset très léger de percale doublée garni de Valenciennes, ou de basin doublé de percale, rarement de satin blanc doublé de taffetas. Presque point de baleines, point de buse, elle n'en portera qu'en 1810. C'est Coûtant, le fournisseur, et les corsets ordinaires se paient 40 francs, ceux de satin 10 francs de plus.

Sur le corset, un simple jupon d'étoffe très souple, de petit basin rayé, garni de un ou deux rangs de Malines ou d'un petit volant de mousseline brodée à dents ; de percale brodée ou garnie de Valenciennes ; rarement de mousseline. L'hiver, quelquefois, un jupon de tricot de coton bordé de dentelles, mais c'est exception, il n'y en a que six aux atours.

Rien d'autre, rien absolument : Joséphine n'a dans sa garde-robe que deux pantalons en soie de couleui chair pour monter à cheval.

Quand elle a endossé un peignoir de percale, de mousseline ou de petit basin (et elle en a à l'infini de toutes formes, de toutes broderies et de toutes

garnitures) les femmes de garde-robe introduisent dans le premier cabinet de toilette, Uerbault, le valet de chambre coiffeur. C'est un personnage important qui se présente en habit brodé et l'épée au côté. Il ne touche ostensiblement que 1 200, puis 1,500 francs par année ; mais, à partir de 1805, il a, par an, 6 000 francs de supplément de traitement et une gratification de 16 à 1 800 francs. Ses fournitures vont de 5 à 8 000 francs et certes l'Impératrice n'est point sa seule cliente : toutefois, ce ne fut qu'en 1809, après le divorce, qu'il visa au grand, s'établit marchand de modes, rue Neuve-Saint-Augustin, et devint un de ces grands hommes à l'usage de la Parisienne, qui prennent une sorte d'influence sur les mœurs, en ayant une assurée sur les chapeaux.

Herbault n'est que pour les petits jours ; il a un rival ou plutôt un maître, l'étonnant Duplan, l'artiste qui a accommodé .toutes ces dames du Directoire, celui à qui M1?6 Tallien remettait pour l'en coiffer un voile de dentelle de 8 000 francs, qui le regardait, le retournait, puis le jetait d'un geste superbe, et Madame, il est trop grand, je ne pourrai jamais vous coiffer d'une manière digne de vous et de moi, » et, sur les supplications de Térésia, il prenait des ciseaux, coupait, rognait à son goût, faisait une loque du beau voile, mais une loque qui le sacrait, lui, le premier coiffeur de Paris. Duplan, pour ses soins, touche 10 000 francs en 1807, 12 000 en 1808, autant en 1809, sans compter 8 à 10 000 francs de marchandises qu'il fournit par année. Au divorce,

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