LA CASSETTE
Quant à la Cassette proprement dite, elle a son compte spécial tenu avec une régularité absolue par Ballouhey et qui se solde toujours en excédent. Il est vrai que l'Empereur y pourvoie, que, à chaque occasion, il en augmente les fonds, mais il en fait de même pour la Toilette, ee qui n'empêche point les dettes, tandis que, pour la Cassette, il n'y a jamais ni déficit ni arriéré. Napoléon a réglé, en 1805, la Cassette à 6 000 francs par mois (72 000 francs par an) ; il la porte à 40000 francs en 4806, et à 45 000 en 4809. A chaque grand voyage, pour les frais extraordinaires d'aumône — ces frais seuls, car toutes les dépenses de voyage, de séjour, de gratifications, de présents, etc., etc., sont payées par la Maison — il ajoute une somme variant entre 80 000 et 420 000 francs.
La Cassette est divisée en trois parties : Secours attribués directement par l'Impératrice sur demandes verbales ou écrites ; Bienfaits de Sa Majesté l'Impératrice et Reine, distribués par la Dame d'honneur qui prend à ce sujet les ordres de Joséphine, et Pensions.
Les Secotirs donnés par l'Impératrice ne sont accordés qu'après une enquête faite, soit par les premiers valets de chambre, soit par Mme Duplessis, soit par M. Danès de Montardat, oncle par alliance de Joséphine. Beaucoup de ces demandes, s'il s'agit de personnes du monde, passent, soit par le Chevalier d'honneur, soit par une des dames du Palais.
Les Bienfaits qui font l'objet du travail de la Dame d'honneur sont répartis sur sa proposition ou plutôt
sur celle de son secrétaire, après enquête d'une visiteuse à gages, Mme Hardancourt, née Boyvin, par petites sommes de 20 à 70 francs. L'Impératrice indique les sommes ; le secrétaire de la Dame d'honneur inscrit le montant de chaque bienfait sur un bordereau détaché d'un registre à souche, et Ballouhey paye.
Si médiocre que soit chaque Bienfait, le total comprenant aussi les Secours, n'en est pas moins respectable : 4 à 6 000 francs pour les mois d'hiver. A des mois, ce chiffre se trouve décuplé (81,673 francs en octobre 1808 — 121,828 francs en décembre 1809), mais ce sont là des cas exceptionnels, justifiés par un don spécial fait par l'Empereur à cette destination et la moyenne, abstraction faite des recettes et des dépenses imprévues, n'atteint point, l'été compensant l'hiver, 3 000 francs par mois.
Toutes les conditions, toutes les professions, toutes les origines se confondent sur ces listes de la misère mendiante : vieillards des deux sexes, ouvriers sans ouvrage, veuves chargées d'enfants, créoles de Saint- Domingue, demoiselles ou dames nobles ruinées — beaucoup, infiniment de nobles ; sur un seul état de bienfaits où, pour 4 000 francs, figurent cent trente et une parties prenantes, voici Mmes Lechat de Mineraye, de Marchais, de Beaune, de Vaudricourt, de Druez, de la Bretaiche, de la Méline, de Chavigny, Sablonet de Minuty, de Case, de Ghaponay de Jaucourt, de Boisset, de Rivolle, de la Grange, de Bligny, de la Saussaye, de Pallugay, de Montalay, de la Feuillade I