‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 43 sur 104 · LE PREMIER AUMONIER · texte numérisé non relu

LE PREMIER AUMONIER

à 12 000; les survivancières à 6 000; le Chevalier d'honneur, le Premier chambellan, le Premier écuyer à 30 000; les écuyers et trois des chambellans à 12 000 ; deux chambellans à 6 000 seulement. Ces chiffres permettraient d'établir d'une façon à peu près précise ce que coûtait la Maison d'honneur, si l'on ne devait y joindre les suppléments payés à quantité de gens sur la Grande cassette, les gratifications assignées par l'Empereur, soit sur cette cassette, soit sur des chapitres divers du budget de la Maison, sur la caisse de la Police, sur la caisse des Théâtres, sur le Domaine extraordinaire et sur les caisses de l'État.

Selon la hiérarchie, le Premier aumônier marche d'abord ; mais, en droit, il n'a dans la Maison presque aucune fonction et, en fait, il n'exerça jamais sur Joséphine aucune influence. Ses attributions consistent à recevoir les ordres de l'Impératrice pour l'heure de la messe, à l'accompagner à la chapelle et à lui présenter son livre d'heures. Il doit, aux termes du règlement, être assisté de deux chapelains, mais ces chapelains ne furent point nommés. Il y eut, par contre, durant quelques mois de 1806, un aumônier ordinaire, le célèbre abbé Fournier, qui fut ensuite nommé à l'évêché de Montpellier et rentra dans le service du Grand aumônier.

Joséphine, bien qu'elle gardât étroitement les convenances etqu'elle prît, aux offices de la chapelle,

une atlitude qui édifiait, s'inquiétait peu de croire et ne pratiquait nullement. Si elle recherchait l'avenir humain dans les tarots et les prophéties de devineresse, elle laissait de côté l'avenir céleste. De scrupules de conscience, elle n'en avait éprouvé qu'une fois, lors du Sacre, et d'une façon trop opportune pour qu'ils fussent sincères. Elle n'eût eu que faire d'un aumônier directeur et donneur d'avis ; il lui fallait un personnage de décoration ; elle l'eut. Ce fut le prince Ferdinand-Maximilien-Mériadec de Ilolian, quatrième fils de Hercule-Mériadec de ftohan. duc de Montbazon, prince de Guéméné, et de Louise-Gabrielle de Rohan-Soubise, frère cadet du cardinal de Kohan, évêque de Strasbourg, celui du Collier. Les Rohan n'avaient point pardonné qu'on eut, en 1786, enlevé à un des leurs la charge de grand aumônier pour en investir un Montmorency- Laval et la blessure en avait été cruelle surtout pour le prince Ferdinand qui se croyait tous les droits de succéder à son frère. N'était-il point alors archevêqueduc de Cambrai, comte de Cambrésiset prince d'Empire, grand prévôt de Strasbourg, abbé de Mouzon et de Mont-Saint-Quentin et tréfoncier de Liège? Il est vrai qu'il avait l'esprit fort ordinaire et sans nul éclat, le caractère faible et vaniteux, qu'il préférait la mauvaise compagnie, passait pour boire plus que de raison et que, à la chasse, dans son diocèse, il avait tué de deux coups de fusil un garde particulier qui lui faisait respectueusement observer qu'il n'était point sur ses terres ; mais c'était bagatelle. A la révo-

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