‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 54 sur 104 · LES FÊTES DU SACRE · texte numérisé non relu

LES FÊTES DU SACRE

C'est d'abord la fête offerte par la Ville de Paris dans la maison municipale où les salons sont triplés par un immense édifice en charpente dressé dans la cour, par une galerie vitrée en façade d'où l'on verra le feu d'artifice du pont Napoléon. Six cents dames invitées, tout ce que Paris compte de fonctionnaires, de grands industriels, de savants et d'artistes illustres. A midi, l'on arrive. A une heure et demie, les portes sont fermées et les maîtres d'hôtel annoncent le dîner : dans trois galeries, cinq tables où les dames seules s'assoient d'abord, puis les hommes, puis d'autres hommes : repas colossal. On repasse dans les salons et l'on attend Leurs Majestés. L'Empereur est parti des Tuileries à trois heures, avec le même cortège, les mêmes escortes, les mêmes voitures que le jour du Sacre ; il est, de même que Joséphine, en petit costume. Pour elle, c'est une des robes que Leroy a composées, manches courtes, chérusque de dentelles, bas de robe en velours de couleur : une des robes à douze mille francs la pièce : la robe en tulle d'argent et satin brodé d'or et d'argent avec le bas de la robe en velours lilas brodé en volubilis d'argent, ou la robe de tulle d'argent brodé, avec le bas de roLe en velours rose, ou mieux la robe en tulle d'or brodé, avec le bas de robe en velours blanc, brodé en bouquets de violettes, la bordure haute brodée en or, garnie de franges et semée de 163 douzaines d'émeraudes, qui, à 12 et lo francs la douzaine, augmentent la toilette de 2 160 fr. 75.

Au Pont-Neuf, premier compliment du Corps muni-

cipal, le gouverneur à la tête ; puis, un second au perron. Tout ici semble pour Joséphine : quand, pour l'un des quatre tableaux des fêtes du Sacre, David esquisse cette arrivée à l'Hôtel de Ville, dans son dessin, c'est elle qui, debout sur le marchepied du carrosse, occupe le centre de la composition et tire à elle tout le regard. Des deux médailles frappées pour cette fête, une lui est consacrée : non par malheur celle, admirable, dont Prudhon a donné le dessin, mais la petite de Brenet, assez médiocre, où l'on voit les têtes conjuguées de l'Empereur et de l'Impératrice : — la première et l'unique médaille où elle soit officiellement représentée, car, même point pour ses visites à la Monnaie, même point pour le Sacre, Denon, son ingrat protégé, ne lui a dédié, ne lui dédiera jamais une seule de ses médailles.

Après les discours et les présentations dans la salle du Trône, Joséphine, dans les appartements qu'on lui a préparés, trouve la toilette que lui offre la Ville de Paris, digne pour la perfection du travail d'aller de pair avec l'argenterie de table offerte à l'Empereur : en vermeil, un grand miroir, une grande aiguière avec sa jatte, un pot à l'eau avec sa cuvette, deux girandoles à trois branches, quatre carrés pour pelotes, quatre boîtes à poudre et à mouches, trois pots à pommade,, deux gobelets, une jatte; en or, deux étuis, deux paires de ciseaux, un couteau à poudre, un grattelangue, puis la garniture des six flacons de cristal ; c'est le chef-d'œuvre de Germain, mais le poids esl

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