‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 58 sur 104 · MARIAGES DE FAMILLE · texte numérisé non relu

MARIAGES DE FAMILLE

celui-ci, crut utile de le marier à quelqu'un qui lui tînt de près et, n'ayant point de fille nubile dans sa propre famille, se rejeta sur la famille de Joséphine : il pensa à Stéphanie Tascher ; Joséphine fit des objections, proposa Stéphanie de Beauharnais, et ce fut chose faite.

A son retour à Paris, Napoléon fit installer aux Tuileries Stéphanie qu'il avait à peine entrevue jusque-là ; et, tout de suite, il prit du goût pour elle : elle l'amusa. Avec ses cheveux d'un blond doré, ses yeux bleus, sa taille mince, son allure de jeune nymphe, ses enfantillages qu'elle exagérait plus qu'elle ne les réprimait, ces façons libres dont une année de pension Campan n'avait pu avoir raison, cette gamine de dix-sept ans lui plut justement parce qu'elle n'avait point de timidité en sa présence, qu'elle le traitait presque familièrement, qu'elle paraissait plus naturelle et semblait moins compliquée. Cela fut fort court au reste : Stéphanie ne fut installée aux Tuileries qu'au début de février ; le 17 , le traité de mariage fut signé; le 2 mars, arriva le prince de Bade ; le 3, l'adoption de Stéphanie fut chose officielle et le 4, l'Empereur en fît part au Sénat par un message. L'Empereur adoptait seul, par un acte politique contraire aux articles 343 et 344 du Gode, mais personne ne fit d'objections : Joséphine, bien qu'elle ne parût point, avait tout lieu d'être satisfaite de la dignité conférée à sa nièce et elle se prêta de fort bonne grâce à jouer les mères.

Le 7 avril, à huit heures du soir, tout est disposé dans la Galerie de Diane pour les premières cérémo-

nies : banquettes pour les dames de la Cour, tout au long, avec place, derrière, pour les hommes debout. Au fond, en face de la porte du Salon de l'Empereur, une estrade sous un dais; sur cette estrade, deux, fauteuils,- avec, au-devant, une table couverte d'un riche tapis et portant un encrier ; au bas, à droite, fauteuil pour Madame mère et pliants pourles princes ; à gauche, fauteuil pour la reine de Naples et pliants pour les princesses et le prince de Bavière. L'Impératrice fait son entrée en cortège : précédée de ses pages, du chambellan de service, des commissaires de Bade, des princes de Bavière et de Bade, de toutes les princesses de la famille, suivie de sa dame d'honneur, de sa dame d'atours et de ses dames de service. Puis c'est le cortège de l'Empereur, Stéphanie marchant immédiatement devant lui.

Après la lecture du contrat, le Secrétaire d'État présente la plume à l'Empereur et à l'Impératrice qui signent assis et sans quitter leurs places ; les fiancés s'approchent et, avant de signer, Stéphanie fait une profonde révérence à Leurs Majestés qui répondent par un signe d'approbation. Puis-, c'est le mariage civil célébré par le Prince archi-chancelier de l'Empire, et les fiançailles par le Cardinal légat. Et toujours des révérences à Joséphine.

Et le lendemain, Joséphine encore a tous les honneurs dans ce radieux cortège qui, à huit heures du soir, sort des Grands appartements, et, entre deux haies de grenadiers, salué par la musique qui scande la marche, se déploie par le grand escalier, le grand

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