BAPTEMES. —'MARIAGES DE FAMILLE
petits- fils et consolide sa propre fortune. C'est chez elle, dans ses appartements de Saint-Cloud, que se passe le premier acte de la cérémonie, et c'est elle qui, dans la salon bleu où est dressé le lit de l'enfant, reçoit Madame et l'Empereur ; elle les précède, ayant son cortège particulier composé de toute sa maison, son escorte de deux officiers supérieurs de la Garde et, dans la grande galerie, transformée en chapelle, si elle a son fauteuil au môme rang que le parrain et la marraine, elle n'a point de prie-Dieu. Après la cérémonie, elle reprend son rang, préside avec l'Empereur la table impériale, assiste, près de lui, à la représentation A'Athalie et tient le Cercle.
De cette date jusqu'au divorce, plus de baptême solennel. Napoléon et Joséphine promettent bien de nommer quantité d'enfants, mais toujours l'Empereur ajourne la cérémonie, qui n'a lieu, enfin, pour tous les enfants ensemble, filles et garçons, qu'en novembre 1810, à Fontainebleau ; mais, c'est une autre marraine, c'est une autre cour ; on supprime pour le prince, troisième fils d'Hortense, tous les honneurs qu'avait reçus son frère : cela est tout simple : l'Empereur va être père.
C'est ainsi, détail qui mérite d'être noté, que toutes les filles des grands de l'Empire, tenues par Marie- Louise le 4 novembre 1810, se nommèrent Joséphine.
Les mariages sont plus fréquents : il en est deux célébrés aux Tuileries avec toutes les pompes officielles, sans parler du mariage d'Eugène célébré à
Munich. Point d'autres : car le mariage de Mlle Stéphanie Tascher avec le prince d'Arenberg a lieu chez Hortense, à l'hôtel de la rue Cérutti, et celui de MIle Antoinette Murât avec le prince de Hohenzollern, chez Caroline, à l'Elysée. Ce ne sont point là des fêtes de cour : ces mariages sont faits en forme privée, bien que, par grâce souveraine, l'Empereur ait, pour un jour, donné de la princesse aux fiancées. Mais ce qui fait doctrine, c'est le mariage de Stéphanie Napoléon, fille adoptive de l'Empereur avec le prince héréditaire de Bade ; c'est le mariage de Jérôme Napoléon avec la princesse de Wurtemberg.
On sait par quelle succession d'événements étranges et inattendus la ci-devant nièce de Joséphine, la fille du comte Claude de Beauharnais et de Mlle de Lezay- Marnezia, abandonnée, par son père émigré, au couvent de Panthémont, recueillie et emmenée en Périgord, leur patrie, par deux religieuses du couvent, réduite aux aumônes d'une Anglaise, amie de sa mère, a été ramenée à Paris, presque de force, à la fin de l'an XII, sur l'ordre exprès de l'Empereur indigné que Joséphine laissât sa nièce à la charité. Elle a été placée en pension chez Mme Campan dans les conditions où y étaient quantité d'autres petites parentes ou déjeunes filles auxquelles l'Impératrice portait intérêt : Mlles de Bourjolly, Sainte-Catherine, de Castellane, Godt,Fer-, rari. Rien ne la distinguait et rien ne lui promettait d'autres destinées, lorsque, au début de 1806, l'Empereur, ayant fait épouser à Eugène la princesse de Bavière fiancée au prince de Bade, eut à pourvoir