‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 82 sur 104 · COMMENT JOSÉPHINE L'EXÉCUTE · texte numérisé non relu

COMMENT JOSÉPHINE L'EXÉCUTE

cela c'est l'utile ; cela coûte, mais rapporte; cela fera une terre d'importance et digne d'être habitée ; mais, autant il est généreux et large pour les objets d'utilité, autant il se montre sévère et strict pour faire respecter les règles qu'il a posées : il a formellement déclaré, au début de l'an XIII, que les crédits ouverts ne devaient point être dépassés. Tant pis pour l'intendant s'il a cédé aux désirs, même aux volontés de l'Impératrice. Puisque les serviteurs choisis par elle ne tiennent point compte de ses ordres à lui, c'est lui qui, désormais, nommera aux emplois des hommes habitués à suivre ses méthodes et qui savent ce qu'on risque à les enfreindre. Joséphine a cru qu'il en serait cette fois comme les autres et ayant, de sa poche, payé un peu plus de 15 000 francs de fleurs et d'arbustes, une dizaine de mille francs pour supplément de personnel et entretien d'animaux, elle s'est reposée sur sa bonne chance; mais, à son grand étonnement, l'Empereur ne cède point, Mirbel est impitoyablement chassé: tout ce qu'obtient Joséphine, c'est qu'il n'y ait point d'éclat et que, nommé, grâce à elle, intendant des jardins du roi de Hollande, Mirbel s'éloigne en donnant pour prétexte son désir « de se faire une fortune indépendante ». La direction de Malmaison est remise à Lelieur de Ville-sur-Arce, qui une fois, à Saint- Cloud, a eu le malheur d'excéder ses crédits, et qui, malgré la vieille amitié que Napoléon a pour lui, en a manqué perdre sa place et a dû payer le déficit.

Aussitôt installé, Ville-sur-Arce opère une réforme radicale : de neuf, les garçons jardiniers sont réduits

à quatre ; les deux oiseleurs sont renvoyés ; l'officier de santé est rayé des états ; les gages du personnel sont réduits de 23 000 francs à 17 000 ; désormais, les budgets se soldent en excédent, au moins en ce qui concerne les dépenses ordinaires. Quant aux dépenses extraordinaires, chacune fait l'objet d'une décision spéciale de l'Empereur et jamais le crédit alloué n'est détourné ni dépassé. Ainsi, en 1806, il a été prévu 100 000 francs de dépenses extraordinaires : il est dépensé 218 884 fr. 51, mais, pour chaque article, on rapporte l'ordre formel.

En 1807, les dépenses ordinaires sont prévues pour 70 000 francs : on dépense 66 031 fr. 70 ; l'extraordinaire a été réglé à 100 000 francs, on dépense 99 999 fr. 43.

En 1808, l'ordinaire a été fixé à 70 000 francs , on dépense, il est vrai, 78 000 francs, mais il y a eu une allocation spéciale par l'Empereur de 33 541 fr. 30 et il reste encore 25 339 fr. 99 de crédits non employés; l'extraordinaire a été réglé à 193046 francs; il est dépensé 193 045 fr. 94. Et le revenu monte de 80 357 fr. 36 en 1807 à 102 080 fr. 98 en 1809.

Le diable n'y perd rien : ce n'est plus au comptt Mahnaison que Napoléon paiera ; mais c'est ai compte Joséphine. L'Impératrice paie sur sa Toilette et comme ces fonds ont une destination, il faut bien qu'on les remplace aux mains des couturiers et des modistes. Ce ne sont plus seulement les mémoires de dix à quinze mille francs chaque année

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