‹ Joséphine répudiéeChapitre 141 sur 165 · LES DETTES DE J08ÉPBINE 37S · texte numérisé non relu

LES DETTES DE J08ÉPBINE 37S

des étoffes qui n'ont point été employées, la succession ne lui paie que 16459 fr. 75.

Les bijoutiers passent 200000 francs : Biennais, 58 232 francs; F ri es, 24796 francs; Grancher, du Petit Dunkerque, 2826 francs; Lepaute, horloger, 6 675 francs; Meller, 2 31! francs; Nitot, 73 636 fr.; Odiot, 6 030 francs; Pitaux, 21 456 francs.

Enfin, ce sont les objets d'art : 272 francs la gravure avant la lettre de Molière chez Ninon par Anselin ; 600 francs la gravure avant la lettre de la Bataille dT Ans ter lit z par Àuriol ; 2 084 francs de découpures de paysages à Àrtaria de Vienne; 800 francs de mosaïques à Barberi de Milan; 12000 francs de lapis lazzuli à Teybacher de Rome; il y a, de dessins d'arbres par Bessa, 800 francs; de quatre vues de Suisse par Delarive, 7 680 francs ; de dessins d'intérieur par Garneray, 8 713 francs ; d'émaux par Kug)er y 2 400 fr. ; de dessins d'oiseaux par Knipp, 5580 francs; et c'est un portrait de l'Empereur par Laurent, 2400 francs; un tableau d'histoire par Lemonnier, 4000 francs; une vue de Suisse par Linck, 2 000 francs; des tableaux anciens à Rigo, 15000 francs; et encore 5 000 francs à Valaperta, 500 francs à Vigliani, 2 400 francs à d'Wailly; 20000 francs à la veuve de Ghaudet.

Ce sont les portraits d'elle-même que Joséphine distribue et ne paie pas; et elle doit 800 francs à Jaquotot, 3 748 francs à Parent, 8 920 francs à Quaglia, 6181 francs à Saint : à 400 francs la miniature, c'est quarante portraits qu'elle a fait faire depuis 1812. Et voici enfin, après les fleurs, après les oiseaux,

après les bêtes rares, les plus chères des fantaisies les plus grosses des dettes : 500 000 francs pour ta château de la Chaussée, plus de 100 000 francs restant à verser sur les dots de M"** de Pourtalès et Wattîer de Saint-Alphonse.

Ainsi, après les promesses faites, les serments prétés, les menaces de colère de Napoléon, voilà le résultat. Depuis deux ans pourtant, l'Empire penche à la ruine, et, sinon en 1812, où, avant le Vingt-neuvième bulletin, on espérait encore des retours de fortune, au moins en 1813, les plus imprudents et les plus dépensiers ont compris qu'il fallait se restreindre, ne fût-ce que pour donner des chevaux aux régiments démontés et porter leur offrande aux contributions volontaires ; Joséphine, pourtant, n'a mis nulle sourdine à ses dépenses, ou elle Ta mise si faible que, lorsque sont survenus les embarras, lorsque, pour répondre aux dépenses sacrées de la défense nationale, l'Empereur a dû suspendre même les traitements de famille, c'a été un désastre. Joséphine ne s'est pas trouvé un sou vaillant, et avec ses trois millions de revenu, dont son intendant jurait de mettre 1 200 000 francs net de côté en 1813, elle a dû emprunter à toute sa famille; et, au jour de sa mort, il lui reste en deniers comptants, 58 254 fr. 54 centimes : pas de quoi payer le deuil des gens, les frais de dernière maladie et d'enterrement. Encore doit-on se trouver heureux qu'elle n'ait point écrit de testament et qu'elle n'ait semé çà et là que des promesses verbales; il ne lui en eût pas coûté davantage de jeter quelques millions en générosités

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