BANQUEROUTE DE LA MODE 3S
Bien pis encore les objets d'art : de 50 à 300 francs
les beaux vases étrusques, 500 francs les peintures
d'Herculanum, 200 francs à peine les beaux vases de
spath fluor, les vases de rouge antique, de granit
feuille morte, 400 francs les colonnes de granit qui
viennent de Metz; 300 francs les autels gothiques
des Grands carmes, dont le seul transport à coûté
4 860 fr. 37 centimes et qui, sans avoir été jamais
déballés depuis dix ans, sont oubliés dans un hangar !
Ces 543 numéros, à qui Ton joint, pour 13 370 francs,
au poids du métal, les médailles en or du règne et
un lot immense de médailles antiques, cela vaut à
dire d'expert 142894 francs, 236 francs par lot.
Et partout c'est pareil : voici les cabinets de minéralogie, — car elle se crut un instant la passion des pierres, — l'un acheté de M. Besson pour une rente viagère de 6000 francs, l'autre payé 50 000 francs, cela vaut 14871 francs.
Devant ce désastre, devant cette banqueroute de la mode, c'est encore pour étonner que dans Malmaison, compris les bijoux (1900000 francs), l'argenterie (127 000 francs), le linge (27 533 francs), les atours (172000 francs), compris les objets d'art, les chevaux, voitures et harnais, le vin, les cristaux et la porcelaine, la ménagerie et les mérinos, les instruments de musique et la bibliothèque, on arrive à 2 762000 francs: en y ajoutant le mobilier de Navarre et de Prégny 2866312 francs : avec la crue portée au maximun, ce serait quatre millions, mais serait-elle atteinte, s'il fallait réaliser ? Or, il y a 2484813 francs de dettes :
J06ÉPH1HE RÉPUDIÉE
à l'inventaire donc, c'est à peine 400 000 franc», 1m succession mobilière de Joséphine.
Encore n'a-t-on compris dans les charges, Belle des pensions bénévole» que faisait l'Impératrice, nulle des dots de 100 000 francs qu'elle a promises et qu'il faudra payer à M Ua Gaze, à M llM Delihu et à M* de Caumoo* ; on n'y a compris, ni la rente de 4000 francs qu'il conviendra d'offrir à M m * d'Arberg avec les chevaux et la voiture dont elle se serrait, ni les gratifications, pensions et secours aux gens de la liaison qu'où licencie, ni leur deuil, ni le tombeau qu'Eugène et Hortense érigeront à leur mère dans l'église de Rueil et dont les travaux, commencés en 1822, terminés seulement eu' 1825, monteront à 70 482 fr. 20 centimes.
On comprend donc qu'flortense n'accepte la succession que sous bénéfice d'inventaire. Eugène, pi us riche ou plus libre, accepte purement et simplement.
Dans cette énumération ne figurent à la vérité, ni les immeubles, ni les parties de rentes et les actions de la Banque qui, en 1809, appartenaient à Joséphine. Peut-être les valeurs mobilières avaient-elles été aliénées avant 1814. Quant aux immeubles, il est difficile de fournir un état exact des capitaux qu'ils ont produit; les aliénations ont été multiples, successives; il en est de presque contemporaines. On ne saurait donc donner que de brèves indications, qu'encore, sur certains points, on n'a pu contrôler.
Les immeubles consistaient en Malmaison et ses diverses annexes, Navarre, Prégny et lés Trois Islets. Il ne peut être question de Lacken, dont l'usufruit