‹ Joséphine répudiéeChapitre 154 sur 165 · NAPOLÉON A MALMAISON · texte numérisé non relu

NAPOLÉON A MALMAISON

cherchant l'ombre bien aimée qui, en disparaissant de sa vie, semble en avoir emporté la fortune et le bonheur!

Telle, charmeresse et exquise, elle demeure en son souvenir pour parfumer son exil et adoucir son agonie et, après cent ans écoulés, telle elle apparaît encore à la postérité. Vainement aura-t-on été contraint de dire sur elle les vérités nécessaires, vainement aurat-on porté sur sa vie des lueurs d'histoire. La légende prévaudra contre ce qu'on nomme les pamphlets. Quoi qu'on ait écrit et peut-être prouvé, sa mémoire n'en saura souffrir. Dans cette disparition si rapide et ce dispersement des choses qu'elle a aimées, il ne reste d'elle que le nom d'une fleur et c'est le Souvenir de Malmaison ; et ne sera-ce pas ainsi son image et l'emblème de sa vie une de ces belles roses, tendres et fragiles, claires et nacrées, comme elle les aimait et qu'elle nomma. Il sied qu'elle s'épanouisse en un salon elair, dans un vase précieux et casuel, sur une console d'un marbre rare. Lorsque, pour un instant unique et très bref, elle a donné le spectacle entier de sa grâce, un pétale se détache et tombe, puis un autre, un autre, et c'est enfin comme une neige odorante qui s'effeuille, jetant, dans l'air chaud, à peine la vibration ténue d'un soupir; mais, sur les pétales desséchés, longtemps le parfum flotte et, au loin embaume la chambre. ••

te

Avant-propos ............... ......♦..•

Page 1