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Et cependant, proh dolor et proh pudorl c'est ce que nous voyons tous les jours !
Eh quoi ! lorsqu'un gras conseiller, comme M. Noël ou M. Rendu, ou un leste et pimpant inspecteur, comme M. Gueneau ou comme moi, partent en poste pour quelque expédition brillante, ils sont payés au poids de l'or, leur traitement demeure intact, et même leur épargne, s'il est permis de prendre garde à un tel effet des voyages, grossit de tous leurs mouvements. Et lorsqu'un maigre professeur, harassé du poids de l'année el accablé de ses soucis, se voit promu à quelque emploi aussi obscur, mais un peu plus lucratif que le premier, il faut qu'il aille l'occuper, quelquefois au bout de l'empire, à ses frais el dépens ; il faut qu'il s'appauvrisse, à chaque pas, et qu'il arriveruine !
Est-ce là faire droit? es*t-ce là comme on juge?
« Mais il avance », ai-je entendu M. Rendu nous dire en plein conseil. Il avance! mais c'est pour arriver tout au plus au tiers ou à la moitié de ce que nous avons. 11 avance ! mais on l'avance par justice, ou par le besoin qu'on a de lui, la faveur pure et simple ne pouvant être supposée. Si par justice, on impose son mérite ; si par besoin, on taxe son utilité : dans les deux cas, la raison suffisante manque, et il y a, dans la manière dont eux el nous sommes traités, différence offensante et inexcusable contradiction.
Je m'arrête, pour le moment, à cette inégalité de poids et de mesure, et je vous dis qu'il faut la redresser et l'expier, en proposant au conseil la loi que je vais écrire ici, puisque loi il y a : « Voyager à leurs dépens d'un lycée à un autre sera une peine infligée aux professeurs qui changeront de place pour avoir mal fait leur devoir. » Voilà ce que doit être votre loi, un règlement disciplinaire, et non un règlement bursal.