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Il n'est rien de plus beau qu'un beau livre

48. — Quelques mots dignes de mémoire peuvent suffire pour illustrer un grand esprit. H y a telle pensée qui contient l'essence d'un livre tout entier ; telle phrase qui a les beautés d'un vaste ouvrage ; telle unité qui équivaut à un nombre ; enfin telle simplicité si achevée et si parfaite, qu'elle égale, en mérite et en excellence, une grande et glorieuse composition.

49. — Ce qui est exquis vaut mieux que ce qui est ample. Les marchands révèrent les gros livres ; mais les lecteurs aiment les petits : ils sont plus durables et vont plus loin. Virgile et

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Horace n'ont qu'un volume. Homère, Eschyle, Sophocle, Euripide et Térence n'en ont pas davantage. Ménandre, qui nous charme, est réduit h quelques feuillets. Sans Télémaque, qui connaîtrait Fénelon? Qui connaîtrait Bossuet, sans ses Oraisons funèbres et son Discours sur l'histoire universelle? Pascal, La Bruyère, Vauvenargues et La Rochefoucauld, Boileau, Racine et La Fontaine, n'occupent que peu de place, et ils font les délices des délicats. Les très bons écrivains écrivent peu, parce qu'il leur faut beaucoup de temps pour réduire en beauté leur abondance ou leur richesse.

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