III. — Métaphysiciens
1 . — Tout est tellement plein dans le système de Descartes que la pensée même ne peut s'y faire jour et y trouver place. On est toujours tenté de crier comme au parterre : de l'air! de l'air ! on étouffe, on est moulu !
196 = JOUBEIIT. — CIIAP. V
2. — Locke a. raisonné avec une sorte de rigueur plus adroite que sincère et ingénue. Il a abuse de la simplicité et de la bonne foi des scolastiqucs. C'est un philosophe sournois. Leibnitz est plus franc, plus sincère, plus éclairé. Parmi les hommes qui ont quelque grandeur, il passe Locke de toute la tête.
3. — Ce Maie branche est bien hardi à se moquer des hardiesses ! Les siennes ont plus d'excès que toutes celles qu'il reprend. H y a pourtant en lui des choses admirables ; mais ce n'est pas ce qu'on a cité.
4. — Condillac parle beaucoup de la pensée, et la connaît assez bien ; mais il n'a pas entrevu l'âme. C'est le Saunderson de la métaphysique.
5. — On est perpétuellement tenté de dire à Kant :« Dégagez l'inconnue » ; on ne la voit jamais.
6. — Saint-Martin a la tête dans le ciel, mais dans un ciel nébuleux et noir, d'où s'échappent quelques éclairs qui ne laissent voir que des nuées. H s'élève aux choses divines avec des ailes de chauve-souris.