SUR BENJAMIN CONSTANT
A Madame de Pange.
Sens, 2G juin 1797.
... Cet homme est pour moi
Cdiiiiiic un vIdIou l'aux (|ui jure sous Fiinhot,
tout ce qu'il dit me blesse l'esprit. D'abord, il écrit mal, très mal, et en vrai Suisse à prétentions. H exprime avec importance,
et avec une sorte de perfection travaillée, des pensées extrêmement communes, signe de nukliocrité le plus giand que je connaisse. J*]nsiiite, je ne crois pas qu'il y ait rien au monde de plus iiisiip|)orlal)le et de plus révoltant que le fatu- dans Terreur. Or, madaiiu', examinez les erreurs de Benjamin Constant, et dites-moi si vous croyez qu'elles soient en lui un effet de la bonne foi et une simple méprise de l'esprit. On sent qu'elles lui viennent du cœur, et que son ambition les a fabriquées de toutes pièces. J'avais lu déjà plusieurs passages de son lin-e, quand Mme de Beaumont a eu la bonté de me le faire parvenir. J'avais trouvé et je trouve le choix de ses expressions et de ses tournures mauvais ou déplacé, et le choix de ses opinions encore plus insoutenable. Dans cet ouvrage, tout repousse l'indulgence ; tout y tend à détruire l'humanité. Vous voyez à ma colère que je dois m'interdire d'en parler...