‹ Joubert; textes choisis et commentésChapitre 11 sur 112 · I0UI5ERT. — CIIAP. IV · texte numérisé non relu

I0UI5ERT. — CIIAP. IV

j\iitra,i vu en vous le plus beau de tous les courages, le courage (J'être heureux.

Il faudrait, pour y atteindre, avoir d'abord le courage de vous soigner, le désir de vous bien porter, et la volonté de guérir...

Je suis payé pour vous désirer de la santé, puisque je vous ai vue ; j'en connais Finiportance, puisque je n'en ai pas. Un événement de ma vie m'a trop appris combien Tinsouciance sur ce point peut devenir funeste pour que je transige avec la vôtre.

Enfin, madame, je suis tourmenté depuis trois mois de Finquiétude que vous me causez à cet égard, à un tel excès, que j'aimerais encore mieux vous savoir cet été à Plombières qu'à Passy, et assurément c'est tout dire.

Un homme habile, bien consulté et bien écouté, peut rendre ce voyage inutile ; mais si vous tardez à prendre des précautions, votre éloignement nous deviendra indispensable et ne produira peut-être aucun fruit.

a Cela, dites-vous, serait plus tôt fait. » Plus tôt, oui, mais non pas bientôt. On meurt longtemps, et si, brutalement parlant, il est cpielquefois agréable d'être mort, il est affreux d'être mourant pendant des siècles. Enfin, il faut aimer la vie quand on l'a : c'est un devoir. Les pourquoi seraient infinis ; je m'en tiens à l'assertion. Elle vous fâchera peut-être ; mais, fût-ce pour vous plaire, je ne puis pas vous taire cette vérité...

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