‹ Joubert; textes choisis et commentésChapitre 3 sur 112 · TOUBERT. — CIIAP. V · texte numérisé non relu

TOUBERT. — CIIAP. V

persuasives, que, peu à peu, les préventions tombèrent et que le mariage finit par se faire : son ami lui dut à la fois le bonheur et la fortune. Quand plus tard Fonta,nes connut toute la eorresjiondance dont il avait été l'objet, il déclara que « Platon, écrivant pour marier son disciple, n'aurait pu tenir un langage plus persuasif et plus beau ». Nous avons l'une et probablement la première de ces lettres : elle est d'une adresse consommée et d'une rare élégance morale :

Il (Fontanes) est jeune; il est aux portes de l'Académie; il a déjà de la gloire, et son mérite est de cette espèce verte et robuste qui ne fait que croître avec le temps. En le mariant, en lui donnant de la fortune et une fille cliarmante, propre à entretenir en lui un perpétuel enchantement, vous rendriez un grand service aux beaux-arts et à la France ; vous hâteriez l'achèvement d'rni grand homme. H faut que les grands talents, pour acquérir leur maturité, aient été battus par l'adversité passée et qu'ils soient favorisés par la prospérité présente. Ce sont là leurs vents et leur soleil...

Moins d'im an après, la Révolution éclatait. Comme pour tant d'autres, une vie nouvelle allait commencer pour les deux amis.

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