‹ Joubert; textes choisis et commentésChapitre 42 sur 112 · Ferme les yeux, et tu veiTas · texte numérisé non relu

Ferme les yeux, et tu veiTas

62. — Pour aiTiver aux régioas de la lumière, il faut passer l)ar les nuages. Les uns s'arrêtent là; d'autres savent passer outre.

63. — 11 faut craindre de se tromper en poésie, quand on ne pense pas comme les poètes, et en religion, quand on ne pense pas conmie les saints.

64. — Avec Dieu il ne faut être ni savant ni philosophe, mais enfant, esclave, écolier, et tout au plus poète.

. 65. — La dévotion embellit rame, surtout l'âme des jeunes gens.

66. — Ceux qui n'ont pas été dévots n'ont jamais eu l'âme assez tendre.

67. — Quand l'humilité n'accompagne pas la dévotion, celle-ci devient inévitablement orgueil.

68. — Dieu éclaire ceux qui pensent souvent à lui et qui lèvent les yeux vers lui.

69. — L'idée de Dieu est une lumière, une lumière qui guide, qui réjouit ; la prière en est l'aliment.

70. — Les meilleures prières sont celles qui n'ont rien de distinct et qui participent ainsi de la simple adoration. Dieu n'écoute que les pensées et les sentiments. Les paroles intérieures sont les seules qu'il entende.

71. — Le prie-Dieu est un meuble indispensable au bon ordre ; où il n'est pas, il n'y a point de pénates, point de respect.

72. — Ce qui rend le culte utile, c'est sa pubUcité, sa manifestation extérieure, son bruit, sa pompe, son fracas et sou observance universellement et visiblement insinuée dans tous les détails de la vie publique et de la vie intérieure; c'est là seulement ce qui fait les fêtes, les temps et les véritables variétés de l'année. Aussi faut-il du'e hardiment que les chants, les

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cloches, rencens, le maigre, Fabslinence, etc., étaient des institutions proi'oudément sages, et des choses utiles, iiiipurtautes, nécessaires, indispensables.

73. — H n'y a de véritables fêtes que les fêtes religieuses. Le pauvre offre à Dieu, dans ces saints jours, le sacrifice de son salaire, par son repos.

74. — Les évolutions religieuses, comme les processions, les génuflexions, les inclinations du corps et de la tête, la marche et les stations, ne sont ni de peu d'effet, ni de peu d'importance. Elles assouplissent le cœur à la piété et courbent Tesprit vers la foi.

75. — La religion est un feu que l'exemple entretient, et qui s'éteint, s'il n'est communiqué.

76. — Pour être pieux, il faut qu'on se fasse petit. Les attitudes qui, en nous faisant ployer nos membres, en amoindrissent le volume ou en inclinent la liauteur, sont favorables à la piété. Aussi dit-on que la piété nous porte à nous anéanth' devant Dieu.

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