‹ Joubert; textes choisis et commentésChapitre 54 sur 112 · La multitude des affections élargit le cœur · texte numérisé non relu

La multitude des affections élargit le cœur

41. — H faut tenir ses sentiments près de son cœm\ Lorsqu'on accoutume son cœur à aimer les espèces qui n'existent que pour l'esprit, on n'a plus d'attache qu'aux abstractions, et on leur sacrifie aisément les réaUtés. Quand on aime tant les hommes en masse, il ne reste plus d'affection à leur distribuer en détail ; on a dépensé toute sa bienveillance pour l'universahté : les individus se présentent trop tard. Ces affections pliilosophiques, qu'on ne ressent point sans effort, ruinent et dessèchent notre capacité d'aimer.

42. — Si Fapatliie est, comme on le dit, de Fégoïsme en repos, l'activité, qu'on vante tant, pourrait bien être de / l'égoïsme en mouvement. Ce serait donc Fégoïsme en action qui se plaindi-ait de l'égoïsme en repos.

43. — Nul n'est bon, ne peut être utile et ne mérite d'être aimé, s'il n'a quelque chose de céleste, soit dans l'intelligence par des pensées, soit dans la volonté par des affections qui sont dirigées vers le ciel.

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