‹ Joubert; textes choisis et commentésChapitre 63 sur 112 · Le soir de la vie apporte avec soi sa lampe · texte numérisé non relu

Le soir de la vie apporte avec soi sa lampe

13. — Chaque année il se fait en nous un nœud, comme dans les arbres ; quelque branche d'intelligence se développe, ou se couronne et se durcit.

14. — Avec l'âge, il se fait comme une exfoliation dans la partie morale et intellectuelle du cerveau ; l'esprit se décrépit ; les notions et les opinions se détachent, comme par couches, de la substance médullaire; et les premières impressions, qui y sont plus intimement unies, revivent et reparaissent, à mesure que les autres s'en séparent et les y laissent à découvert.

15. — Ce surcroît de vie que nous appelons la vieillesse aurait toujours beaucoup de prix, quand même il ne nous serait donné que pour nous repentir et devenir meilleurs, sinon plus habiles.

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16. — L'âge a ses glaçons ; ils se sentent sur les genoux, sur les coudes, sur tous nos nœuds ; ils vont au cœur, mais ils n'y arrivent qu'à la fin.

17. — Il semble que, pour certaines productions de l'esprit, l'hiver du corps soit l'automne de l'âme.

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