‹ Joubert; textes choisis et commentésChapitre 65 sur 112 · Les dettes abrègent la vie · texte numérisé non relu

Les dettes abrègent la vie

35. — K'aimer plus que les belles femmes, et supporter les méchants Uatcs : signes de décadence.

36. — H faut accepter de bonne grâce les difformités que le ciel envoie ou que le temps amène.

37. — Le meilleur des expédients, pom- s'épargner beaucoup de peine dans la vie, c'est de penser très peu à son intérêt propre.

13G = JOUBEKT. — CHAP. V

38. — On est heureux quand on sort de la santé pour entrer dans la sagesse.

39. — Les valétudinaires n'ont pas, comme les autres hommes, une vieillesse qui accable leur esprit par la ruine subite de toutes leurs forces. Ils gardent jusqu'à la fin les mêmes langueurs ; mais ils gardent aussi le même feu et la même vivacité. Accoutumés à se passer de corps, ils conservent, pour la plupart, un esprit sain dans un corps malade. Le temps les change peu ; il ne nuit qu'à leur durée.

40. — Vivi'e médicinalement, ce n'est pas toujours vivi'e malheureux, quoi qu'en dise le proverbe, si, pendant ce temps, on vit en soi ou avec soi. Vivre en soi, c'est n'avori* de mouvement que ceux qui nous viennent de nous, ou de notre consentement ; et vivre avec soi, c'est ne rien éprouver qui ne nous soit connu ; c'est être le témoin, le confident, l'ai'bitre de tout ce qu'on fait, de tout ce qu'on dit et de tout ce qu'on pense ; c'est se servir de compagnon, d'ami et de régulateur ; c'est à la fois mener et contempler la vie.

41. — L'air d'innocence qu'on remarque sm' le visage des convalescents vient de ce que les passions se sont reposées et n'ont pas encore repris leur empire.

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