ACTE PREMIER, SCENE I
J'engraisse un peu, mais j'ai une mine adorable... Je me trouve, moi aussi, assez appétissant; la campagne, ça n'est pas toujours drôle, mais ça vous retape son homme! (Se palpai.;.) Blanche, je suis en l'orme, en pleine forme; je bous, je gronde, je suis sous pression!... Ah! là là! se bien porter, c'est tout de même la plus belle des sensations. (Un temps.) A propos, tu vas mieux, toi?... Oh! tu vas beaucoup mieux.
BLANC UE
Aujourd'hui, précisément, je ne me sens pas trop vaillante; je suis très oppressée, j'en ai mal dormi.
MAURICE
Pil! Quelle idée! oppressée avec ces couleurs-là!...
BLANCHE
Oh! dans l'ensemble il y a du progrès, beaucoup de progrès; à moi aussi notre été me profite... Je vis assez heureuse à Malverney... D'abord, j'y vis très près de toi, je te vois souvent, à déjeuner, à diner, dans la journée...
MAUHICE
Je ne sache pas qu'en hiver tu mènes l'existence d'une femme abandonnée.
BLANCUE
Non, non! mais à Paris tu es très pris; tu n'as souvent que cinq minutes à me consacrer le matin, et
lu passes quelquefois un jour ou deux sans prendre de repas à la maison: note que je trouve ça trop naturel... je ne peux guère sortir, et toi tu as tes affaires, les relations... Seulement, j'apprécie d'autant plus ta constante présence ici... Ici même, qnand tu n'es pas auprès de moi, je te sais dans les environs, je sais que tu ne tarderas pas à rentrer... C'est plus gentil, n'est-ce pas?... Enfin, nloi je... enfin, oui, ça me fait
plaisir. (Elle lui a pris la main.)
MAURICE
Olî! ohl c'est une déclai'ation.
BLANCHE
C'en est une, je l'avoue, mais avoue, toi, que je n'abuse pas du genre; je ne t'ennuie pas souvent.
MAURICE
Mais tu ne m'ennuies pas du tout! Je trouve ça très... très naturel...
BLANCHE
Si tu trouves ça naturel, tout va bien!
MAURICE, qui lui cSresse machinalement les cheveux.
-Ne te paie pas ma tète.
BLANCHE
Veux-tu me faire un plaisir.