ACTE II, SCÈNE III
Maurice, ne parlez plus de cela, vou^5 finiriez par ne faire regretter...
:^IAUKICE
Regretter quoi? Depuis dix-huit jours, vous vou;; îles offert cette cruauté bien féminine de m'interlire.uiêine un pauvre baiser, fût-il volé !
Vous me le reprochez?
MAURICE
Est-ce que je vous désirerais vraiment si je ne vous ie reprochais pasi Et puis le premier baiser, Joujou, est une petite étape formidable quil est bon de franchir avant tout autre, bien avant... vous avez été trop coquette.
Coquette! J'ai été coquette!
MAURICE
I n peu.
Ah Maurice, comment osez-vous, même en plaisantant, prétendre que j'ai été coquette avec vous? Le our où vous avez daigné vous apercevoir que j'étais ine femme à convoiter et à prendre, comme les autres
femmes, je n"ai pas résisté une licure à la joie d'; vouer, je me suis donnée" plus enfièrement et pli humblement que si j'étais devenue voire maîtressi d'ailleurs j'avais prévu mon sort voilà longtemps, que j'avais une seule chance d'y échapper : votre ii difTérence.
MAURICE
Vous l'auriez souhaitée?
Non... Et pourtant depuis des semaines et bie avant mon aveu, quand le soir, au grand salon, j'éta assise, les joues brûlantes et les mains froides, pn de vous qui ne vous doutiez de rien et que je voya le beau regard tendre de Blanche cherchée le voir j'aurais pu mourir de cliagrin et de honte... Cet pensée que nous avions été toute notre vie deux amie mieux, deux sœurs, et que spontanément, sans tent; tion, après des années, moi, j'étais devenue amoi reuse de son mari... Mais vous ne pouvez pas me con prendre!... Tout cela n'a rien empêché du reste, et voire premier compliment d'amour, j'ai capitulé sai défense, sans hésitation; c'était fatal... Je n'ai ])0i qu'une condition, ou plutôt je ne vous ai adres; qu'une prière : tant que nous demeurerons ici, dar celte maison, ne me demandez rien, même pas u baiser; il ne faut pas m'en garder rancune, Mai ricc, c'est histoire de m'épargner une humiliation ( quelques remords de })lus: vous pouvez appeler ce) de l'hypocrisie ou bien...