ACTE II, SCENE III Hl
MAURICE
Voyons, Joujou !
C'est ainsi, pourtant, et je sens cruellement mon inexpérience; ces minutes-là doivent être désavantageuses pour une petite bourgeoise...
MAURICE
Vous me taquinez.
Depuis que je me suis mise à vous aimer, Maurice, j'ai ressenti en votre présence un trouble, une timidité que je ne m'expliquais pas; je me l'explique à présent...
MAURICE
Oh! Joujou, ici je vous arrête; de la timidité, vous, vous qui vous moquez de moi du matin au soir !
Ce n'est pas la même chose, je vous assure... Dans les derniers temps, vous m'intimidiez beaucoup... oui, ({uand vous me parliez de vos aventures, de vos i'emmes, de votre passé... Enfin, vous comprenez, vous m'intimidiez... Vous m' intimidiez pour les choses d'amour.
MAURICE
Jevous aime, Joujou... Si lemystère de demain vous effraie, laissez-moi y penser seul, et ne songez, vous,
qu'aux longues années qui vont suivre, d'un bonheur moins fougueux et plus profond... J'en réponds, de ces années-là.
Vous oubliez, Maurice, que j'ai été votre coniidonle; à combien d'autres femmes avez-vous dit les mêmes paroles ?
MAURICE
Que vous importe, puisque cette fois je suis sincère, que je serai fidèle, et que vous me croyez?
JOUJOU, prête aux larmos.
C'est vrai, c'est vrai, je vous crois aveuglément, comme elles vous ont cru toutes, et cela aussi me fait peur 1
MAURICE
Soyez persuadée que je vous aime de toute mon âme!
Chut!