ACTE III, SCENE II
Demain sans doute, j'attends une réponse des Wagons-lits.
LE CERTIER
Ah! Alors vous nous abandonnez?
Les Williamson me réclament à cor et à cris.
LE CERTIER
Vous nous abandonnez pour ces Américains?
Vous n'aimez pas les Américains, notre oncle?
LE CERTIER
Je veux dire pour ces gens que vous connaissez très peu.
Comment très peu! Je les connais beaucoup, surtout les deux jeunes femmes; ce sont des camarades charmantes et que je suis très heureuse de retrouver. Mais oui, mon bon Hubert, très heureuse!... Je suis un être sociable et je me sens souvent bien seulette dans l'existence. Vous ne comprenez peut-être pas cela...
LE CERTIER
Oh! si, je comprends très bien... mais ici vous ne manquez pas de société, vous avez des amis...
Lesquels? Germaine et Max?... je ne les vois qu'au diner; le reste du temps ils sont fourrés à la maison de jeux.
LE CERTIER
Eh bien, et... et moi?...
Vous, notre oncle... d'abord, vous habitez ÙNice.
LE CERTIER
Je suis venu à Monte-Carlo tous les jours...
Je sais que vous êtes le plus gentil et le plus attentionné des amis, mais vous êtes un homme aussi, et ce serait un peu compromettant, avouez-le, de nous promener sans cesse bras-dessus, bras-dessous... n'est-ce pas?
LE CERTIER
Évidemment !
(Un silence, marche, agitation.) JOUJOU
Qu'est-ce qu'il y a?