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ACTE III, SCÈNE II

LE CERTIER

C'est plus étonnant, je l'avoue; un jour que j'en taisais la remarque devant Maurice, il m'a répondu : « Mon vieux, vous vous êtes tous mépris sur mon compte; au fond, j'ai toujours été un homme d'intérieur. »

Quel grand fou!

LE CERTIER, la regardant.

Oui, un fou charmant... Mais vous l'avez bien revu,

Maurice?

Jamais de la vie! Où l'aurais-je revu?

LE CERTIER

A Paris !

Vous savez bien qu'il s'y rend toujours vers l'époque que voici, c'est-à-dire à un moment où je ne m'y trouve jamais... Que signifie cette question, notre oncle?

LE CERTIER

Oh! rien! c'est une question en l'air. Il semble curieux que des amis comme vous n'aient pas cherché à se rencontrer... Vous n'irez jamais leur rendre visite à Mustapha?

Je ne crois pas. Blanche n'insiste guère, et moi, je crains beaucoup la traversée ; alors...

LE CERTIEa

Est-ce drôle la vie! Vous étiez plus unis que les membres d'une même famille!

Rien ne résiste à des années de séparation.

LE CERTIER

Rien, vraiment? '

Presque rien.

(Un silence. Le Ccrtier se promène de long en large et donne des signes d'agitation.)

LE CERTIER

L'Engadine, c'est une autre affaire! Thérèse m'assure que vous êtes à peu près décidée.

Je suis même tout à fait décidée.

LE CERTIER

Ah ! Et vous partez quand?

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