ACTE lir, SCÈNE II i:i
LE CERTIER
Joujou, il faut absolumonl que vous m'écoutiezl
Mais je vous écoute.
LE CERTIER
Et il faut aussi que vous me juriez de ne pas me laisser partir sans vous avoir dit...
Sans m'avoir dit quoi?
LE CERTIER
Tout ce que j'ai à vous dire... Si je ne parle pas à présent, voyez-vous, je suis un homme fichu, un ff^ homme tout à fait Iichu !
Parlez, parlez, vous m'effrayez!
LE CERTIER
Eh bien, voilà... Mais d'abord, faites-moi un grand plaisir; retournez-vous, ne regardez pas de mon côté...
JOUJOU, obéissant.
Je suis impressionnée.
LE CERTIER
Bien, comme ça, si vous vous moquez de moi, je ne vous verrai pas.
Mais je ne songe pas à me moquer.
LE CERTIER
C'est que vous ne vous doutez pas de... Enfin, tant pis!... Ma chère Joujou, les choses que vous allez entendre, je les isense depuis des années... Dans le temps, j'ai essayé une ou deux fois de vous les révéler, mais je m'y suis pris comme toujours très mal, et je n'ai même pas réussi à me faire comprendre ; ensuite, j'ai fait une découverte qui m'a condamné à un très long silence, je me suis aperçu d'un événement grave qui a bouleversé votre vie... (Une
pause d'une seconde comme s'il e.si)tTait une réponse.) Ma découverte remonte à une certaine date... à une certaine date dont nous avons parlé tout à l'heure... Depuis ce jour un grand changement s'est opéré en vous; vos amis se figurent que c'est de la neurasthénie, mais moi j'ai compris... N'allez pas croire, surtout, que j'essaie de vous arracher des aveux!
Les aveux seraient brefs; oui, je reconnais qu'une circonstance a bouleversé ma vie, mais l'histoire est