III
Ces causes Insurmontables de redressement ne peuvent se reconnaître par la simple inspection de la surface des^ difformités , mais seulement par la nature de la résistance que la colonne vertébrale oppose , dans ces cas , à l’action des puissances extensives qui lui sont appU-
cjüécs , IgscjucUgs ne doiv'Giil pas cire seuleincnt nicca— niquGS et non animées.
Toute tentative de redressement faite dans ces clrconslancesà l’aide de puissances mécaniques , dont les forces ne peuvent se combiner et agir de concert avec celles de l’homme de l’art, qui doit les modérer selon la somme et la nature des résistances qu’il éprouve , est dangereuse.
Toute colonne vertébrale déviée , même à un degré considérable , et à un âge où les organes dont elle se compose ont passé le terme de leur entier développement , peut céder pendant plus ou moins de temps , et jusqu’à un certain point, à l’action des puissances combinées dont nous venons de parler , sans que ce soit une preuve qu’elle n’offre sur aucun point de son étendue , ni dans les côtes, un ou plusieurs des obstacles insurmontables de son redressement, désignés dans le n.° II; attendu que l’on doit toujours obtenir un alongemenl de ceux des ligamens inî tervertébraux qui n’unissent pas des vertèbres ankllosées ( ou liées entre elles par des exostoses , et un écartement 1 de celles des côtes qui ne sontpas soudées deux à deux ou t même en plus grand nombre ; mais cet alongement, et cet ! écartement de côtes , une fols obtenus , si les tentatives de ' redressement viennent à être tout à coup infructueuses , si V on éprouve une résistance fixe correspondante à un point 5 douloureux quelconque de la colonne vertébrale , ou du côté enfoncé de la poitrine, et que par l’action continuée de ces puissances on provoque ou on avive la douleur , il faut reconnaître à ces signes, l’existence d’obstacles insurmontables , et cesser toute tentative de les vaincre.
La combinaison des forces empruntées de la mécani-
que avec celles de l’iiomme de l’art qui opère l’extension d’une colonne vertébrale déviée, n’est pas seulement nécessaire comme moyen de recherche, ayant pour objet de faire connaître s’il y a, ou s’il n’y a pas obstacle insurmontable à son redressement; elle est encore de rigueur et offre sur les moyens mécaniques agissant seuls, des avantages inappréciables , par la raison qu’on juge bien mieux de ce qu’on fait par soi-méme , seul , ou aidé de forces étrangères , que de ce qu’on fait faire par ces dernières , forces seules.
Il faut bien distinguer dans l’emploi des puissances extensives combinées, la résistance fixe, signe de redressement insurmontable , d’avec les résistances opposées seulement par la partie la plus épaisse des ligamens intervertébraux transformés en manière de coin. C’est là la propre affaire du tact plus ou moins exercé de l’homme de l’art.
On ne peut déterminer à priori d’une manière générale la graduation des forces à mettre en action pour opérer l’extension de la colonne vertébrale. L’observation nous apprenant tous les jours que la manière d’être de la personne qui y est soumise , varie selon les influences que l’atmosphère , les digestions, le sommeil, et surtout les approches, l’accomplissement et la cessation immédiate du flux sanguin périodique, exercent sur l’ensemble de l’économie, en général et en particulier; directement ou Indirectement , sur les organes que l’on a en vue de déprimer , comme sur ceux sur lesquels le collier et la ceinture exercent une pression requise pour que l’extension puisse avoir lieu.
Le redressement de la colonne vertébrale, objet de la première partie du traitement , doit bien s’opérer d’une manière graduelle, mais non toujours progressive et périodique^ attendu que ses résistances sont variables, et qu’il est des temps dans cette période de traitement où l’on obtient des alongemèns plus faciles et plus sensibles que dans d’autres. Nous offrons en preuve de cette assertion la somme de l’alongement, qu’on obtient dans les premiers mois , qui est cinq à six fois plus considérable que dans les mois suivans.
Entre deux personnes du même âge, et difformes à 3 un degré moyen , meme à l’âge d’environ vingt ans , et à j[ plus forte raison au-dessous de cet âge , dont l’une aura l' été soumise à l’extension pendant deux ou trois ans, et
Idont l’autre n’aura pas recouru à ce moyen , la différence sera telle , que la première dans le plus grand nombre de cas, sera toujours , beaucoup moins, ou même point I difforme après cette durée de temps , tandis que l’autre ^ le sera beaucoup plus.
On est fondé , d’après l’état actuel de la science , en ji jugeant par analogie , à espérer que tout redressement de I colonnes vertébrales déviées obtenu avant l’âge de 20 ans ! chez une personne jouissant d’ailleurs d’une bonne santé, se maintiendra par la seule force des organes ; et que dans le cas où cette force ne serait pas suffisante, de simples corsets destinés à maintenir et non à rectifier, la suppléeraient.
L espoir de la consolidation de la colonne vertébrale
redressée est fondé en raison du discernement qu’on aui’a mis dans l’emploi' des moyens de redressement.
Dans notre prochain Numéro , qui paraîtra dans les premiers jours de novembre de cette année , nous exposerons notre manière de procéder dans la première partie du traitement dont nous venons de nous occuper. Nous répondons que le compte que nous rendrons dans cette exposition , des résultats que nous obtenons , sera d’une exactitude et d’une fidélité , telles qu’il les faut pour pouvoir servir au fondement solide de principes d’après lesquels on devra procéder à l’avenir avec plus de données qu’on n’en a eu jusqu’ici.
Nous nous flattons que notre exemple sera suivi par ceux de nos confrères qui ont à cœur comme nous les progrès de cette partie de la science dont l’humanité a tant à attendre. Déjà plusieurs d’entr’eux , parmi les plus jeunes qui ont assisté à nos cours, et nous ont vu faire l’application de notre théorie, se proposent de fonder, dans différentes villes de France, des établisseraens semblables au nôtre , et il y a promesse entre eux et nous de publier par la voie de ce Journal les faits que nous observerons. C’est ainsi que notre Journal , sous ce rapport , sera clinique ; et offrira un recueil de faits authentiques, d
Ce que certains de nos confrères se proposent d’exé- , cuter à cet égard en France , plusieurs autres l’exécuteront aussi prochainement dans plusieurs villes du premier ordre à l’étranger , persuadés qu’ils sont avec raison, que nous coopérerons à leur succès de tous les moyens qui sont en nous par notre position topographique et médicale , et toujours avec le désintéressement et ^ le zèle dont nous avons donné l’assurance à ceux de MM. les Ambassadeurs près S. M. le roi de France , qui nous ont adressé plusieurs médecins de leurs compatj lotes , parmi lesquels des professeurs en médecine ou
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ou en chirurgie, pour les admettre daps nos cours théa-^ riques et pratiques , afin qu’ils puissent juger par eux^ memes de ce qui est déjà constaté dans le moment actuel, et de ce qu’on peut attendre de plus pour revenir.
Nous l’avons dit dans les premières pages de ce Numéro ; mais qu’on nous permette de le dire encore . tout est à revoir ou à rejairc dans cette branche des sciences médicales , une des plus étendues et des plus importantes , en ce qu’elle a pour objet les diverses et nombreuses difformités dont le corps est susceptible à toutes les époques de la vie , parce que de tout temps , comme de nos jours , le charlatanisme imposteur, et l empirisme, à vues nécessairement très-bornées, l’ont presque exclusivement exploitée dans leur seul intérêt personnel.
Puissent les gouvememens , arrêtant un moment leur attention sur un objet de cette gravité, aussi lié aux intérêts de la santé publique qu’à ceux de la conservation des formes régulières de l'espèce humaine , contribuer aussi puissamment qu’ils le peuvent, à élever cette partie de l’art de guérir, au niveau de celles qui leur doivent la plupart de leurs accroissemens.
Puissent-ils , pour atteindre un but si désirable , consacrer des hôpitaux aux traitemens qui doivent avoir pour objet de prévenir ou de corriger les difformités ; con- vaincus qu’ils doivent être , que les observationsrecueillis publiquement dans ces établissemens sont peut-être les seules propres, surtout en la matière dont il s’ agit, à inspirer une pleine confance.
Parmi les sujets dont nous traiterons dans notre procliain numéro, sera celui du pied bol ,vice de conformation assez fréquent, sur le traitement duquel , tel qu’il est adopté en France , il y a beaucoup à dire ; c’est encore aus moyens employés pour corriger cette difformité, que nous reprocherons d’agir trop machinalement , et de ne pas rétablir tous les organes, à leurs places respectives , inconvénient d’oii ne peuvent résulter que des corrections incomplètes , peu sensibles à la vérité , lorsque le pied est dans
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Une des planches de ce n.ème numéro offrira le dessin de no inslrumeus employés avec des réel.,, ifr- ‘‘^ssin de nouveaux
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