ENTRÉES TOTALES SORTIES TOTALES
Cours des mêmes sortes au 13 octobre.
Para. Maragnan . . 140 à 144 » 84 » à 90 » 00 à 69 »
Trinidad 142 à 146 » 87 » à 92 » 67 à 08 »
Cote-Ferme, Venezuela 141 à 180 .1 86 » à 160 » 70 à 130 »
Bahia 142 à 143 » 77 50 à 82 50 62 à 65 »
Haïti et Dominicaine 120 à 137 » 57 «à 72 50 46 à 63 »
Martinique et Guadeloupe 156 à 162 » 90 » à 95 » 86 à 87 »
Guayaquil 145 à 152 » 85 » à 100 . 82 a 92 »
A. Alleaume.
Le Havre, 21 oclobre 1907.
Fibres de Corderie et de Brosserie.
Chrouique spéciale du «.). d'A. T. ».
Par MM. Vaquin et Scuweitzer.
Sisal. — Marché très calme. Peu de demandes, pri.\ plutôt en baisse à 79 fr. pour disponible et 70 fr. pour expédition octobrenovembre aux 100 kg. c.i.f Europe, pour qualité mexicaine.
Le Sisal de l'Inde est également un peu plus faible en sympathie avec la qualité Yucalan.
Manille (Abaca). — La continuation des fortes recettes influe sur les cours et, malgré une résistance acharnée des exportateurs, il semble bien que la baisse de celte fibre ne peut être évitée.
Le total des arrivages aux ports d'embarquement se chiffre par 789.000 balles au 21 de ce mois, pendant le cours de cette année;
alors qu'il n'atteignait que .j9:J.000 balles pendant la période correspondante de 1900.
Pour le disponible, il n'y a de demande que pour remplir les besoins courants, le livrable étant presque totalement délaissé.
Les dernières affaires ont été traitées aux prix suivants :
Good current 104 50
Fair current 73 50
Supérieur seconds 68 50
Good seconds G5 50
Fair seconds 64 ■>
Good brown 63 »
les 100 kg. C.i.f. Europe.
Lin de la Nuuvelle-Zélande (Phormium). — La faiblesse générale des cours se fait également sentir sur cet article et, bien que les producteurs restreignent leurs offres, la demande étant presque nulle, les prix ont quelque peu baissé.
Il y a vendeur à :
Good fair Wellim^^ton 74 » à 74 50
prompt embarquement ;
Fair Wellington 71 50
L'embarquement éloigné est en dépression de -2 fr. 30 à 3 fr.^les 100 kg. c. i.f. Europe.
L'étoupe reste proposé à 32 fr.oO. Peu de demandes.
Magueij. — Pas d'atfaires.
Alûis (Chanvre de Maurice). — Peu d'intérêt; prix sans changement aux dernières cotalions, 58 à 73 fr. les 100 kg. suivant classe.
Juie de Chine. — Peu de stock en Europe de la provenance Tien-tsin, prix 51 fr. 50; sur livraison plus facile à 46 fr. 73. Le Hankow est offert à 42 fr. 43 fr. 30, les 100 kg. prompt embarquement.
Jui.e de Calcutta. — Pas de modifications.
Ixtle (Tampico). — La hausse acquise se maintient très ferme et, quoique les avis du Mexique laissent croire que la marchandise sera plus abondante sous peu, les exportateurs ont tellement de retard dans l'exécution de leurs contrats, par suite toute la fabrication européenne manque tellement de marchandise, que les prix doivent se continuer aux cours élevés actuels pendant encore quelque temps.
11 y a acheteurs à :
Good average Tula 67 à 69
Fair average Tula' 64 »
Le Jaumave B. Z. vaut 72 fr. 30 à 74 fr. elle Palma un peu plus faible 62 à 63 fr. les 100 kg. c.i.f. ports d'Europe en très bonne demande.
JOLUNAL DVGHlCULTLUt; THOFICALE N" 7G — Octobue 1907
Ram'ie (China grass). — Pas de modifications dans les prix.
, Kapok. — Les cours exagérés pour kapok des Indes ont arréié la demandé et les vendeuis consentiraient quelques réductions sur leurs prétentions.
Nous n'avons pas encore de nouvelles précises sur la future récolte à Java, cependant quelques oflres ont déjà été faites, mais les prix sont encore beaucoup en-dessus de la moyenne des années précédentes.
Pidssava. — Peu de changements pour les diverses sortes, sauf Palmirah.
Pource dernier, les exportations commencent à se ressentir de la mauvaise méthode d'exploitation employée par les indigènes, qui ont coupé tout ce ([ui était à leur portée sans s'occuper de reconstituer, de sorte que les frais de transport dans l'intérieur sont de plus en plus élevés, l'avis de personnes autorisées est que celte fibre doublera de prix dans le courant des années suiva-ntes.
Le gouvernement de Ceylan a ordonné de replanter leâ di'slricls à palmier produisant le Palmirah ; mais il faut sept ans pour que la plante puisse être utilisée. 11 y aurait lieu de rechercher d'autres sortes de palmiers producteurs de libres, car les besoins sont de plus en plus grands, et comme l'exploitation est peu onéreuse, il y a là matière à affaire intéressante à créer.
Fibres de Coco. — Reste très ferme.
Les fibres pour brosserie sont très recherchées et les prix vont en hausse, lente peutêtre, mais régulière.
Le coco filé pour corderie et pour sparterie est très en hausse, sur les avis que la production sera plus réduite que les autres années. De grosses affaires ont été traitées, et depuis le début de la saison les prix ont monté de 10 à io 7„ sur les bonnes qualités courantes. Les dernières ventes s'établissent de 40 à 48 fr. pour filé fin bonne sorte, 30 à 37 fr. 30 pour belle (jualitéaux 100 kg. c.i.f. Europe.
lUifiliia. — Malgré les efforts des producteurs, les prix restent au plus bas sans modification sur les cours précédents.
Chiendent. — La baisse du mois dernier pour Mexi(|ue reste, acquise sans accentuation.
La qualité de l'Annam reste également sans changement.
Feuillus. — Toujours de bonne dcuiaude pour qualités utilisables.
Nous avons de l'inlérèl pour toutes matières végétales quelles qu'elles soient, nous recommandons de nous faire suivre échantillon de tout article pouvant attirer l'atlenllon.
Vaoii.n et SciiwtnzEK.
Le Havre, 22 octobre 1907.
Matières grasses coloniales.
.Mercuriale spéciale du " J. d'A. 1. >•. Par M.M. Uucca. Tassy et i.e Uuix.
Coprah. — Tendance : Plus faible. — Nous cotons nominalement, en disponible, les iOOkg. c. a. f.,iioids net délivré, conditions de la place de Marseille :
Coylon sundricd .... 54 >•
Singajtoro 18 -35
Macassar 48 25
Manillo 47 »
Zanzibar -18 •■
Java sundricd 50 -
Mozambique 48 •
Saigon 47 •
Cotonou 48 *
Pacilique (Samoa] ... 48 50
Océauie française ... 4S r
Huile de palme. — Lagos, 72 fr. ; Bonny, Bénin, 68 fr. ; qualités secondaires, GG fr. les 100 kg.; conditions de Marseille, fûts perdus, prix pour chargements entiers.
Palmistes. — Guinée, 32 fr. 30 les 100 kgs.
Motcra (Bassia). — 22 fr. 73 les 100 kgs.
Graines oléarjincuses. — Situation stationnaire. — Nous cotons nominalement :
Sésame Bombay blanc, grosse graine 41 ■
— — pelito graine 43 5C
— Jalla (à livrer) 53 ■•
— bigarré, Kurrachee " »
( Lins Bombay bruns, grosse graine. 3î »
Expertises; Colza Cawn|>ore 37 .
■11 ) P"^'°^ Bombay *6 •
MarseiUe ^ y\[^\a Coromandel. nouvelle récolle. 31 'îo
Arachides décorliquécs Mozambique 43 50
— Goromandcl 31 •
Autres matières. — Cotations et renseignements sur demande.
RocCA, Tassy et de Roix.
Marseille, 19 oclohre 1907.
Produits agricoles africains
sur le marché de Liverpool.
.Mercuriale spéciale du o J. dW. T. •>.
Par MM. Taylor and Co.
IJuile de Palme. — Depuis notre dernière mercuriale, le marché a monté considérable-
.N° 76 — Octobre 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
3it
ment, et dernièrement quelques afTaires assez importantes ont été traitées. Les prix ont monté rapidement d'environ 35/- à 4o,- pendant le courant du mois. Clôture très ferme. Pri.K du jour, la tonne sur place :
Lagos £ 31. 5.» à 31.10.»
Bomiy, Old Calabar 28. 5,» à 28.10...
Cameroun 28. ».» à 28. 5...
Bùnin 28. «... à 28. 5..:
Accra 27.15... à 28. »...
Brass, Niger, New Calabar. . 27. 5... à 27.10.»
Congo 27. 5.» à 27.10.»
Sait Pond 26.15... à 27. ».«
Ordinaire et moj'enne 20.10.» à 28. ».»
Amandes de Palme. — Pendant cette dernière quinzaine, le marché sest fortement amélioré, et les prix ont gagné environ 12/6 à 1.5/-. Précédemment, le marché était très calme, et à la baisse. Clôture ferme.
Prix du jour, la tonne sur place :
Lagos, Cameroun et qualités
supérieures des Rivières. £ 15. 7.6 à 15. 10.»
Bénin, Congo 15. 5.» à 15. 7.6
Libéria et Sherbro 15. »... à 15. 2.6
Côle d'Or 14.17.0 à 15. »...
Caoutchouc. — Marché excessivement calme, pas d'affaires traitées sauf la semaine dernière, si le marché ne devient pas plus ferme pour le Para, l'Africain va descendre de plus en plus. On note une perte de 4 d. dans les prix.
Para. — 4/2.
Café. — Ferme.
Eléphant Berrj- 47/ le cwt
Bold Berry ^j^
Cacao. — Un peu plus calme que le mois dernier. Bons prix cependant : 10 3 0. Victoria 11 0/6.
Gingembre. — Sierra-Leone, 27/6 à 28/-, Pas de ventes.
Piassava :
Sherbro £ 27. »
CW Bassam 17. „
Junk -22. 5
Bereby '26.10
Cape Palmas 18. »
Opobo et Calabar 26. »
Monrovia 25. »
Sierra-Lcone 26. »
Cire d'abeille. — Peu de ventes : Sierra- Leone, £ 6.12/6; Gambie, £ 6.15/-.
Noix de Kola. — Calme. Décortiquées à 1 \/, d. la livre anglaise.
Coprah. — Quelques ventes à £ 12.10/-.
Fèves de Calabar. — Pas de ventes. Arrivés 24 sacs.
Poivre de Guinée (Maniguettel. — 20 sacs à 37/6 le cwt.
Arachides. — Uufisque £ 16. Médium Bathurst 13.10/-. Peu de ventes.
Clnllies (Piment enragé). — Pas de ventes.
Noir de Karilé. — Sans existence, valeur nominale £ 8.10-'- à 9.10/-.
Coton. — 5.9/16. Calme.
Maïs. —0.11 '/^à6/-. Ferme.
Peaux. — Sénég.il : 6 d. à 6 '/^ d., Lagos 6 '/g d. à 7 '/- d- la livre anglaise.
Autres produits. — Renseignements et cotations sur demande.
T.AYLOK A.ND Co,
7, Tilhcbarn Street.
Liverpool, il octobre 1907.
Produits de Droguerie. — Articles divers.
Mercuriale spéciale du « J. d'A. T. .>. Par M. Geo. Er.vst.
* L'astérisque désigne les produits bénéficiant d'une détaxe partielle ou entière en raison de leur provenance des colonies françaises. Le mécanisme et le tarif de ce » privilège colonial » ont été exposés dans nos n"* 35 et 37. — N. d. l. R.
Ambrette. — Petites ventes. Cours de 80 à 85 fr. les 100 kg.
Asphalte. — Trinidad brut 54 ù 55 fr. la tonne. Épuré de 86 à 90 fr.
Badiane. — Semences, cours nominal de 160 fr. les 100 kg.
Baumes. — CorAUu : Un peu plus ferme.
Maracaibo pur 5 50 à 6 » le kg
Para clair 5 .. à 5 50 —
Pérol". — De plus en plus ferme. On cote de 29, 73 à 30 fr. le kg.
TûLi'. — Sans affaires, reste demandé, cours de 2,50 à 2 fr. 75.
Buis. — Sa>'tal des Indes : Les bois riches en essence restent demandés.
Nou.->iÉA : Quelques lots arrivés sur place, restent d'une vente difficile à cause du peu de rendement en essence. Belles souches, racines, 60 à 85 fr.
QuASSLv AiM.\RA : Des bons lots de bois sain trouveront un écoulement facile.
Café. — La situation ne se modifie pas, le Brésil continuant à n'offrir que modérément, les cours restent soutenus. On cote aujourd'hui le Santos good average type de notre marché,
Santos (mois cour' j . 4 1 75 .^ »
Santos lavé . . . 'j'.'< » à 56 »
— non lavé. 44 » à 50 ..
Haïti 4.5 » à 54 »
Moka trié. ... 08 » à 115»
Java 93 » à 107 »
♦Réunion (moins tenu). 150
♦Guadeloupe ;
Bonifieur ... US à 124
Habitant ... 112 à 115
*Tonkin 95 à 98
JÛUUNAL D'AGRICULTURE TftOPlCMJ: N 7G — Octobue 1907
Caoutchouc. — En baisse :
Pnra fin Il 50 4 11 80
Sernnmby 8 "à 9 "5
Cculro Amérique " 50 à 0 DO
Pérou 8 • » 8 10
Caboli C 50 à 9 50
Camphre. — Stationnaire, avec tendance plus faible.
Cru de thine 'i 50 à 5 » le kg
Katfint' JajioD lablots '• » à T 50 — c.i.f
Cire d'Abeilles.
Madagascar . 16-3 50 à » » 1 Ilaïli .... 1"0 • à Mi » . Chili .... m 50 I Tonkin ... 160 » à 101 »
Cires véfiélales. — Plus ferme.
Carnauha 4 50 à 5 75 le kg.
Blanrho Japon 150 » à 155 » les U'O kî-
Cornes. — La marchandise de quulilc inférieure est difficile à placer.
Cuirs. — Les forts stocUs sur les principaux marchés iniporlaleurs ont pesé sur les cours qui restent faibles.
Ma<lagascar : bœufs, vaches, secs . 00 » i 92 »
~ — salés. 02 » à 68 »
fiuadploupp. Martinique : salés . . 48 >i à 52 »
Tonkin. vaclicttes sèches 110 » à UT 50
buffles 57 50 à 70 »
Nouni(?a, salés 00 » à 6i » N
Ecorces d'Oranges. — Sans changement, cours Haïti de 28 à 30 fr. les JO ) kg., acquittés.
Essences. — Citro.n'nelli: : Ceylan. Toujours faible 3, '30 à 3 fr. 03 le kg. entrepôt.
B.vuiANE Di; CuiNE : Plus ferme, 14 à l.j fr. le kg.
Vekveine riES Indes : (Lemongrass oilj.
Plus faible de 10 à 10 fr. ;iO le kg. c. a. f.
Verveine nu To.mu.n : 10 à 10 fr. 30 le kg. acquitté.
Petit-Gkain du Paraguay : Toujours rare et cher, 36 à 42 fr. le kg.
Gkraniim Houiiiio.N : Les détenteurs maintiennent les cours de 22 à 22 fr. 30.
Clous de Girofles (Essence) : Sans changement de 12 à 13 fr.
LiNALiiii Me.vioue : Sans arrivages, cours de 23 fr. 50 le kg. pour belle qualité.
FicvES iiE Calabar : En bonne demande de 130 ù 133 fr. les lOt) kg.
FÈVES ToNKA : On cote 1 1 fr. 30 le kg. acquitte pour bonne marchandise.
Gommes. — Coi-al : Les gommes Madagascar sont toujours demandées.
Dam.xk : Sans alTaires, cours nominaux.
Uatavia -1'' ;> 220
Singapore 1" 175 à 180
Laques : Continue à être faible.
SriCKLAc : Saigon de 290 à 3O0 fr. iiour Tonkin.
RÉSINE DE Gaïac : Recherché, cours nominaux, de 130 à 2(M) fr. suivant (lualilé.
Jalap. — La sorte lourde vaut de 1,20 à 1 fr. oO le kg.
Kocou. — Demandé. Cours Mailiiiiqui' 10 ii ■\i fr. les 30 kg.
Ralanhia. — Plrou : Les envois de bonne qualité trouveront un placement avantageux sur nos marchés, cours de 83 à 95 fr. les 100 kg.
Quinquinas. — De bons lots de Centre .\iiié rique sont demandés.
Tapiocas. — En réaction.
singapore (entrepôt, droit de 1 1 fr.) . 50 6 52 les lOO kg. Réunion (les 100 kg acquittés; ... 60 » a 02
Vanille. — La tendance reste très ferme, malgré l'annonce de gros arrivages.
* Réunion, I" qualité :«< à 42
— têtes, queues 2S à 32
Madagascar S5 à 33
Guadeloupe 18 6 20
Tahiti, 1" qualité 14 .'i 10
Scvchcllos (entrepôt) 32 à 31 N
Vanillon. — La belle marchandise reste ferme dans les 18 à 20 fr. le kg. acquitté.
7'ous autres produits. — Cotations et renseignements à la disposition des producteurs.
Geo. Er.nst,
59, quai d'Orléans, l.c Havre, -21 oclobre 1907.
Mercuriale de quelques produits d'Extrême Orient
Chroniin.e spéciale Ju >• J. <1'.\. T.
Par M. ,1.11. Grein.
Gomme-laque. — .\près ma dernière mercuriale, cet article a continué à baisser, el à un muinent nous avons louché le cours de 303 IV. les 100 kg. pour la T. N. .\ la suite de ce i)as prix, une réaction s'est produite et, le marciié de Calcutta ayant été fermé pendant quelques jours pour cause de fête, il y eut une lirusque reprise qui a ramené le cours à 323 fr. Il est permis de croire cependant que cette amélioration ne se maintiendra pas longtemps. D'une part, la situation en Amérique ne semble guère moins compliquée qu'auparavant, et d'autre
N" 76 — Octobre 1907
part, les expéditions do Calcutta pendant le mois d'octobre ne sont pas évaluées à moins de îiO à 2:2.000 caisses, alors que l'on croit que le stock à Londres, pendant le seul mois d'octobre, s'accroîtra île 5.000 caisses. Ce ne sont pas là des facteurs de hausse, il faut bien en convenir, et, dans une situation que caractérise l'abstention des principaux pays de consommation, de pareilles nouvelles ne peuvent que tendre à déprimer le marché.
J'oivrr. — Le marasme continue et l'on traiterait facilement dans les environs de 18 fr. les SO kg. c.a.f.
Gambier. — Ce produit a beaucoup augmenté par suite, dit-on, d'achats pour compte américain, l'Amérique s'élant abstenue depuis si longtemps qu'elle a du en lin faire quelques approvisionnements. Le cours serait d'environ 49à49fr. 75 les 100 kg. c.a.f.
Tapioca. — Le marché est lourd, quoique les prix aient remonté un peu et soient maintenant environ les mêmes que ceux que je cotais dans ma dernière mercuriale.
Racine de manioc. — La situation est moins tendue, le fret semble plus abondant et des expéditions assez considérables ont été faites ce mois-ci et sont avisées pour le mois prochain.
D'autre part, des ventes très importantes sont signalées sur les mois éloignés ii des prix relativement bon marché ; on a parlé de 12 fr. 50 les 100 kg. c.a.f. Dunkerque, mais il y a lieu de croire que ces ventes sont purement spéculatives, car la plupart des grandes maisons s'abstiennent actuellement de faire des offres.
Cire végétale du Japon. — Plus ferme et sans offre. Il est vrai que la demande s'abstient également. Nominalement je cote ['.i'J fr. les 100 kg. c.a.f.
Galles de Chine. — La fermeté n'a pas persisté et la baisse très considérable du change a entraîné ce produit comme les autres produits de Chine. On vend aujourd'hui couramment sur la base de 116 fr. les 100 kg. c.a.f. et les otl'res commencent à trouver diflicilernent preneur.
Dioidioi de Madras. — Cet article est plus ferme, et, après avoir touché 28 fr. 50, nous sommes remontés maintenant dans les environs de 30 fr. les 100 kg. c.a.f.
J.-II. Grein",
16, rue Saiatc-Croi.\-de-la-Drotomioriei Paris, 22 octobre 1907.
ACTUALITÉS
Procédé de maturation des Bananes en usage dans l'Inde tamoule.
Par M. Paul des Grottes.
Dans une fosse — un mètre cube, par exemple — dont les parois sont suffisamment isolées par des matières sèches quelconques — telles que feuilles sèches de Bananiers ou autres — on empile avec soin les régimes de Banane, et la fosse une fois pleine est fermée hermétiquement.
Puis, par un petit orifice pratiqué sur le couvercle on y insuffle de la fumée et on laisse les Bananes dans cette atmosphère pendant huit jours, après quoi elles sont retirées de
la fosse pour être pendues à l'air libre, ce qui les fait alors jaunir en trois ou quatre jours. Ce procédé réussit même avec les lîananes les plus jeunes.
On jugera, du reste, de sa simplicité par un moyen dont se servent les Indiens pour le mettre en pratique : J'ai parlé de la fosse et de son couvercle; ajoutons-y un vase en terre à large ventre et goulot relativement étroit, une poignée de paille (quantité suffisante pour fumer une fosse d'un mètre cube), et voilà tous les éléments qu'exige cette opération. Après avoir allumé la paille dans le vase et avoir introduit le goulot de ce dernier dans l'ori-
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALK N° Tf- — Octobre 1907
iîce ilu couvercle, de telle sorte que la fumôe produite par la paille en brûlant passe seule par le goulot du vase, on chasse lenlrniont la fumc^e du vase ilans la fosse en souillant par un petit trou fait exprès à la partie du vase qui se trouve alors audessus, jusqu'à ce que toute la paille ail fini de brûler; après quoi on relire le vase et on terme hermétiquement l'orifice du couvercle.
Ce procédé est employé à ma connaissance dans une maison d'éducation qui consomme par mois et pour son usage pro]iro 12.000 Bananes ainsi pré|)arées.
Les Indiens liaient encore la nialuration des régimes sur pied en perçant le tronc du lîananicr de part en part de manière h l'aire couler la sève au dehors.
Paul des Grottes.
Dindigul, 3 juin i907.
Nouveaux Cactus inermes de M. Luther Burbank.
Luther hurhank ; The New Agriculturnl-Horlicultural Opuntias. In-8°, 28 p. p. et d2 pliototypies. Brochure de propagande publiée par rétablissement de Santa-Rosa, Californie; juin 1907.
A plusieurs reprises, il a été ici question des Opuntias inermes du célèbre horticulteur californien (Voy. « J. d'A. T. », n" 40, 49 et 52 de 1905), mais rien d'absolument précis n'avait encore paru sur la valeur de ces obtentions en tant que plantes fourragères et fruitières. S'agissaitil lie types réellement supérieurs aux formes anciennement connues dans le Nord-Ouest Amérique, à Malle et sur le littoral méditerranéen? C'était là un point des plus importants à établir pour les cultivateurs des contrées tropicales el subtropicales exposés aux disettes de fourrage. ^ Les éclaircissements fournis jiar M. Lltuer Buri!A>k, dans une brucbure spéciale où il rend compte des résultats auxquels il est arrivé, permettent de dire que les nouvelles variétés de Cactus
inermes, issues du champ expérimental de Sanla-Rosa, possèdent îles mérites incontestables pour la culture fourragère. Ces résultats ne deviendront toutefois définitifs que dans quelques années, lorsque toutes les variétés auront acquis leur complet dévelop|)ement et fructifié, qu'elles auront été étudiées compjtrativemenl en dilTéfents milieux el dans diverses conditions sur une échelle plus étendue.
Le travail de croisement et de sélectionnement auquel s'est attaché M. Lltuer Blrbaxk a été entrepris avec les meilleures espèces indigènes dans l'.Vmériqiie ilu Nord et l'Amérique du Sud ou naturalisées dans les autres pays, accrues de toutes les formes plus ou moins inermes provenant du Département de lAgricullure des Etals-Unis, de Sicile, d'Italie, de France el du nord de l'.Vfrique. Plus de 30 espèces et de 100 variétés dérivées pour la plupart de VOpiui/ia Ficiis-i/u/ica (Figuier de Barbarie), de VO. Tiina et de VO. vidgaris furent ainsi cultivées et étudiées comparativement au point de vue de leurs mérites agricoles el horticoles. Après avoir observé (ju'aucune forme n'était absolument ineime, c'est-à-dire dépourvue d'aiguillons, de spicules et de poils, et que les meilleurs types fourragers étaient en général les plus médiocres producteurs de fruits, .M. Biuraxk commença les recherches expérimentales qui aboutirent à l'obtention de quehjues individus ne présentant plus aucune trace d épines ou de poils, même intérieuremenl. s'accommodant de toutes sortes de terrains et donnant un rendement dix fois supérieur aux lypes sauvages. Pendant l'été 190(1 une plantation de maquettes enracinées, en sol noir et compact, peu propice aux Cactus, a donné sur Vi d'acre un rendement moyen de 47 livrer '/, P**'" planle. équivalant à 90 tonnes à l'acre! La distance de plantation pour les Opunlias à grand développement est fixée à 8 pieds entre les rangs et à 3 ou 4 pieds sur les rangs.
Un choix parmi le> Opuntias inernit-T
N° 76 — Octobre 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
reçus à Santa-Rosa de sources très diiïérenles comprend en particulier : Op. anacantha, considéré ici comme une forme de VOp. Ficus-indica et indiqué comme étant l'objet d'une culture en grand en Algérie et en Tunisie; Op. Smith, également du nord de l'Afrique, d'où il a été rapporté par M. Emory Smith, est intervenu dans les croisements de M. Burbank en raison surtout de la valeur de ses fruits, malheureusement garnis de poils; Op. Mijers, découvert près de Trapuato (Mexique), pas répandu, absolument sans épines et souvent sans poils aréolaires; Op. Malta, donne de beaux fruits d'une qualité moyenne, dépourvu de soies mais légèrement épineux; Op. gymnocarpa, très recommandable par son fruit; Op. Shelley, de la Sicile; Op. Marin, le seul des anciens Cactus trouvé absolument dégarni d'épines et de soies, reçu de Floride, des Hawaii (1) et du ^lexique, d'un rendement peu élevé.
Les principales obtentions de l'illustre semeur américain sont les suivantes :
Op. San.ta-Rosa : Le plus vigoureux de ceux actuellement obtenus dans le groupe des Ficus-indi^a] les raquettes mesurent souvent 0'",60 de long et 23 centimètres de large.
Toutes ses parties sont lisses, sans traces d'épines, de spicules ou de soies.
Op. lonoma : Du même groupe. Ses raquettes, un peu moins longues (O'^,o0 de long), sont, par contre, plus épaisses que celles des autres formes. Complètement inermes.
Op. California : Articles de 0",oo sur 0°',30, très épais, mais parfois encore munis de quelques aiguillons ou de poils.
Op. Fresno : Provient d'un croisement de YOp. Smith, cité plus haut. Pas d'épines ni de soies. Malgré sa récente obtention (1895), ses articles mesurent déjà 0"',iO
sur 0"',20. Promet d'être l'un des meilleurs à tous points de vue.
Op. Monterey : Rattaché, ainsi que le suivant, à la série des « Tapuna » (I i, dont les caractères seraient une rusticité plus grande que ceux du type Ficns-im/ica, une taille moins élevée, une fructirication plus abondante. Celui-ci est le plus vigoureux de la série. Raquettes presque circulaires, très épaisses, de 0°,2o à O",.)!) de diamètre sur une plante d'un an. Quelques rares épines et des poils cotonneux sans inconvénients.
0/^.C/H'ro:Totalementdépourvud'épines; soies peu nombreuses et rudimentaires. Le plus riche de tous en amidon (i,06 % d'après l'analyse du professeur Jaffa).
Op. Guyaquil : Forme issue de graines reçues de Guayaquil, se rapprochant du type Ficus-indka. Articles épais, de 0",40 sur 0",lo. Pas d'épines; soies réduites. Intéressante par ses gros fruits jaunes, de saveur délicieuse.
Op. hybrides rustiques : L'auteur désigne ainsi plusieurs centaines d'hybrides créés entre les variétés de YOp. Ficusindica et celles de l'O. vulgaris, en vue de la culture dans les climats plus froids, tel celui de l'Alaska. Ces hybrides n'offrent pas, à notre point de vue, le même intérêt pratique que les formes précédentes, mieux adaptées aux régions tropicales. Ajoutons que ces dernières ont été mises au commerce, de sorte que nous saurons bientôt comment elles se comportent en grande culture. 0. L.
Préparation du Caoutchouc du Funtumia elastica dans l'Uganda.
L' « Agricultural News », des Barbades (vol. YI, n" 127), publie une lettre de M. PL Hesketu Bkll cm. g., datée d'Entebe dans
(1) Probablement une forme de 10. Tiiiia, ou <• Pa- 11) S'agit-il de VO. Tapona Coult. considéré comme
bip! » des Hawaïens qui, d'api'és le D'' Buigbam. porte une forme de l'O. Tuna'1 Les noms donné-^ par M. Buh-
des fruits blancs ou rouges, en tous cas peu goûtés hank prêtent parfois à équivoque au point de vue
des habitants. botanique.
:)ir.
.lOritNAI. DAGRICULTLUE TROPICM.K N' Ti, — OcTonnE 1907
rUgaïula, qui doiiiiL' îles rensci^ncnienls inléiessants; sur la manière dont le lalex du liinlumia est traité dans ce pays. Cette méthode fort simple qui diiïèrc de celle suivie à Lagos, mériterait d'être essayée on Afrique Occidentale.
Les arbres sont saignés à l'aide d'incisions en forme d'anMe île liarong |)rali(|uées d'un côté seulement du tronc à l'aiilc diui ciseau en foimedo V. Les incisions parlent de la base du tronc jusqu'à une hauteur de 12 à 15 mètres, les funturaia des forêts de l'Uganda ayant un port très droil. 1res élevé avec des branches seulement au sommet. Ils sont saignés chaque trois mois par les compagnies concessionnaires de 1 oxploilalion du caoutchouc dans les dilTérenls districts. La quantité de lalex obtenue à chaque opération est d'environ un litre, un pied donnant en moyenne une livre dr caoutchouc pur par an.
Le latex obtenu est apporlé immédiatement à la factorerie, où on le laisse séjourner pendant deux jours dans de grands pots en terre. II est alors passé au travers de pièces de tissus de traite en colon rouge venihn's sons le nom de « turkey red ». l'ne quantité analogue d'eau est ajoutée au latex, et ce mélange est réparti par quantité d'un demilitre environ dans de petits vases en terre placés eux-mêmes au bain-marie dans des récipients [ilus grands contenant de l'eau maintenuejusteau-dessousdu point d'iMiullilion. Du carbonate de potasse est ajouté dans la proportion de 1 7" '^" l'^l*"^ '"* ^ l'eau, elle tout est malaxé avec une cuiller en bois jusqu'à coagulation, ce qui a lieu en général au bout de trois à quatre minutes. Le carbonate de potasse a pour résultat d'empêcher le caoutchouc de prendre une couleur noire qui le déprécierait.
Dans une factorerie visitée par M. il.
llr.sii.Eru Bell une rangée de six fourneaux rudimentaires était ainsi élablie de fagon qu'une domi-dou/.aine de gâteaux puissent être préparés simultanément.
Chaque pot cependant demandait j'allenlion d'un homme. Aussitôt que le latex est coaeulé, le iràleau de caoutchouc est sorti
du pol el p];ieé sous une presse pour en extraire toule l'eau; cette presse est tout à fait du même genre que celles qui servent à copier les lettres el à l'aide de 4 ou .'j planches intermédiaires peut servir en même temps pour plusieurs gAtcaux; elle est manœuvrée par deux hommes et la pression est assez forte |iour produire une feuilli- (il' i-aiiulr|ionc sur la(|uclle est imprimée la marqiu' de la t>ompaj;nie. I'res(|ue toute la résine (|ui est dans le caoutchouc est ainsi extraite en même temps que l'eau, les gâteaux sont ensuite lavés et séchés sur des claire-voies placées sous des abris.
Le caoutchouc prend peu à peu une couleur d'ambii' sombre. Il est presque absolument propre el tiansparent. .\u bout de peu de jours il l'sl i)rèt pour rex|)édition.
Le prix oblenii à Londres est actuellement de ij s. t) d. par livre.
Ce procédé est à la portée des indigènes (le l'Afrique Occidentale, de petites presses à vis n'étant pas très coûteuses et des presses plus fortes, mais toujours maniées à la main telles que celles qui sont nécessaires pour faire les blocs pouvant èlre placés dans les principaux villages ou dans les factoreries des négociants.
Ennemis du Théier à Ceyian.
GnEEN(E.l : Knlomological notcs(« Tropical Agriculturi^t ■. mardi l'JOT, p. ISI i.
(Notice bibliographique.)
l'ai- M. P. Mahcilvl.
Une espèce de Termite, le Calolei'iues inilitaris, établit son nid à l'intérieur des Théiers de Ceyian. Les Insectes qui composent une colonie évident entièrement les grosses racines, le tronc et les grosses branches, mais, comme pendant longtemps ils n'attaquent (jue le bois de cieur. la végétation de l'arbre ne paraît pas en souffrir, et ce n'est que lorscjue les excavations des Termites sont extrêmement étendues que le Théier dépéril. Dans certaines cul-
N° 7G— Octobre 1907
turcs une quauLiLc d'arbres ont dû être arrachés à cause de leur envahissement par ces Insectes. D'après GREEN,la biologie du Calotcrmes militaris diffère beaucoup de colle de ses congénères. On ne rencontrerait pas dans leurs colonies de reines dilTérenciées; mais tous les adultes restant associés, seraient capables de reproduire ; on ne trouve pas d'œufs dans leurs nids et ils paraissent être vivipares. Des essais ont été faits pour asphyxier ces Insectes à l'aide de vapeurs toxiques; mais jusqu'ici les matériaux qui remplissent les cavités occupées par les Termites ont opposé une telle résistance à la circulation des gaz, que les meilleuies machines et les gaz les plus délétères n'ont donné que des résultats très incomplets. Actuellement la destruction et l'incinération des arbres atteints sont les seules mesures que l'on puisse conseiller. Comme ciiaque colonie reste confinée dans l'arbre qu'elle occupe, la destruction de ce dernier ne sera faite que lorsqu'il cessera de rapporter.
Un des ennemis les plus nuisibles au Théier de Ceyian est le Shot-borer {Xijlebonts fornicatus Eichhoff.) dont nous avons déjà eu l'occasion tle parler. Une nouvelle méthode de destruction de cet Insecte tend actuellement à se répandre : c'est celle du flambage intensif : elle se pratique à l'aide de torches faites avec des feuilles de Cocotier séchées, ou bien encore avec de vieilles toiles trempées dans du pétrole ou une huile combustible. Le traitement doit être appliqué, d'une façon très énergique, sur les plantations sérieusement compromises et qui autrement devraient être rasées jusqu'au collet. Uue quantité de petites branches se trouvent brûlées; mais des pousses nouvelles repartent en grand nombre des parties intérieures de la plante, et l'opération, tout en assurant une destruction complète des Insectes, fournit au point de vue du rapport de la culture des résultats incontestablement supérieurs à ceux que l'on obtient en rasant les arbustes à la base.
P. M.\RCHAL.
Riz gonflé.
Nous avons déjà eu l'occasion de signaler ce produit dont nous ignorons d'ailleurs l'utilisation i;ul inaire exacte. En attendant, nous relevons dans le Rapport Annuel du Colonial Muséum de llaarlem, quelques détails sur sa préparation.
Le riz gonflé (puffed rice) est préparé par une Compagnie américaine qui a fait breveter ses procédés. On place du riz ordinaire non puli dans un cylindre étanche, à raison de une demi -poignée par pied cube. On ferme hermétiquement et on soumet le cylindre à une température suffisante pour transformer l'humidité des grains en eau surchaufl'ée. En raison de la pression, il n'y a pas ('bullilion. Lorsque la température voulue est atteinte, on ouvre jjrusquement le cylindre, ce qui projette violemment au-dehors les grains qui augmentent aussitôt de volume, probablement par suite de l'expansion brusque de la vapeur qu'ils contiennent à l'état d'eau surchauffée.
La Compagnie américaine en question aurait utilisé ce procédé pour divers légumes, mais jusqu'ici elle n'en aurait fait l'application pratique et commerciale qu'au riz. L'inventeur du procédé est le D' Alexandre P. Anderson. Nous retiendrons en passant ce fait particulier que le riz employé est du riz non poli, ce qui, comme on le sait, augmente ses qualités nutritives et sa saveur.
Succédanés du Jute.
'L'Impérial Inslitute de Londres a examiné et analysé l'an dernier divers échantillons de fibres qui lui avaient été envoyés de l'Afrique Centrale. Ce sont des fibres de « Denje » (Sida rkombifolia), « Nzonogwe » [Triuinfella rhomboidea) « Lichopwa »
(nom scientifique indéterminé) et « Buaze » (Securidacalongepedunculata), sur les trois premières desquelles M. le Professeur
JOUUiNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 7C. — ÛciomiK 1907
DuNSTAN s'est livré à une série d"ox|)(''riences. 11 on résulte que ^^i !;i troisième n'a pas «J'inlérôl connnonial, les deux pn-mitres présentenl assez de qualités pour que les industriels puissent s'y intéresser. — Lu longueur moyenne des mèches de i< iN/onogwe » est de l'",20. et elles se comportent bien à l'usine. Le prix moyen estimé est de 400 francs la tonne. — La résistance semble ôtre un peu inférieure à celle du jiile, mais ce fait est |irubablemciil dû à un défaut de préparation, cucillelli' de lif;es Irop^nùies et insuffisance de rouissaf;e. (Juanlau « Denje », il est supérieur au jute de tous points; sa valeur est considérée comme étant de 6 °/o plus grande. On estime qu'en culture normale, le rendement à riieetare serait égal à celui du jute; toutefois il y aurait lieu d'étudier la plante [lendanl quebjues années et de la sélectionner; il faudrait de même approfondir l'action du rouissage sur les tiges de •< l)en je », et voir si un broyage préalable ne serait pas susceptible de réduire d'un bon tiers la durée du rouissage.
Tout cela est fort bien et nous ne |)nuvons que souhaiter un plein succès à ceux qui essaieront de doter l'agriculture et l'indiislrie d'un nouvel élément de prospérité. .Mais nous ne pouvons nous empêcher de penser à ce sujet à une réflexion lue il y a (juelques années dans un de nos confrères anglais, à propos dune nouvelle agave : il y a déjà de très nombreuses et excellentes espèces connues, sur lesquelles des travaux considérables ont été faits et dont on a acquis une connaissance approfondie. JN'e vaudrait-il pas mieux en développer la culture que de rechercher de nouvelles espèces sur lesquelles tout est à faire? Ou devons-nous croire que l'abaissement de la qualité des jutes de l'Inde, très sensible depuis quelque temps, est assez grande pour justifier les recherches d'une plante susceptible de remplacer ce textile? Nous espérons que les choses n'en sont tout de môme pas là.
" L'Agricoltura coloniale >■.
Le mois de juillet a vu l'apparili(Ui du premier numéro d'un nouveau confrère, » l'Agricoltura coloniale », organe de l'Istitulii .\gricolo (Coloniale Italiano, et de 1 I. Ilicio -Vgrario Speiimentale dell" Eritrea. Cette revue paraît tous les deux mois à Florence, 2, place Saint-Marc. Dans un article de tète, la Direction (en l'espèce Dott. (ji.No Hautoi.o.mi.mk GiOLi i expose son programiuc. (|ui est de venir eu aide à ri'migration ilalieiinc, priucijiali'un'nt aliuirnlét' par la classe rurale, en dé\elo|>jiaul riu>li uction agricole pratique et surtout en ce qui a trait aux pays tropicaux, estimant que la ditl'usion de cet enseignement ne [leul que décupler la valeur des races italiennes dont on reciumaît déjà les qualités d endurance, de sobriété et d'activité. — La tâche sera facilitée par le choix des collaborateurs italiens, auxquels s'adjoindront des personnalités déjà fixées dans les contrées où l'Italie a planté sou dral)eau. Nous avons reconnu au passage les noms de .MM. B.vldrati, Borgi, GuiLiOLE,elc. que connaissent bien iu)s lecteurs. — Les riziculleuis de nos amis ne figurent pas sur la liste : nous espérons pouvoir dire qu'ils n'y figurent pas encore, les listes de la première heure étant généralement incomplètes, car leur présence nous y semble tout indiquée.
Le premier nuun'ro de >■ l'.\gricoltura coloniale ■' qui comporte 100 pages et 10 photographies contii'ul luIre autres : une étude sur VAyave Sisaitina, sigiu'C du l'rof. Baluuati; les IMuntes à caoutchouc du Congo Belge (Doit. E. Persano); la Convention de Bruxelles (Prof. .V. Adecco» ; l'œuvre de la Société pour la culture du coton en Erythrée (G. Lavelli de Capitaine); etc., etc. — Parmi les notes, nous avons vu le » J. d".\. T. » cité à maintes reprises. Enfin les actes de l'instituto Agricolo Coloniale Italiano occupent environ 25 pages.
iNous souhaitons un bel avenir à notre jeune confrère qui arrive certainement à
NO 70 Octobre 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
son heure et comblera une lacune dans la presse italienne.
A propos du « Palo Amarillo », nouvel arbre à caoutchouc du Mexique.
Depuis l'entrelilet paru dans notre n" 74, p. 249, sur une euphorbe k caoutchouc, signalée au Mexique par les D" Altamiro et Endlich, nous avons eu connaissance d'une note publiée sur la même plante par le D' 0. Stapf, le réputé botaniste de Kew, dans le Bulletin n° 7 de cet établissement. Elle résume également l'article de M. Endlich, en y apportant toutefois quelques modifications. La première se rapporte à la dénomination spécifique de la plante; au nom d'Euphorbia elastica, qui demeure acquis à l'espèce africaine décrite par le D' Pax, d'après les échantillons de M. E. Poisson, le D"' Stapf substitue celui AE. fulva. Cette espèce se rapproche beaucoup de YE. calyculata H. B. K. qui croit dans les mêmes régions et peut prêter à confusion. Nous trouvons signalée, en second lieu, une demande de concession au nom de M. Llaglna y del Hove, de Michoacan, pour l'installation d'usines destinées à exploiter le Palo Amarillo de plusieurs États mexicains. Enfin, l'opinion suivante de M. G. Kennedy, vice-consul anglais à Mexico, formulée dans un rapport du 1" mars 1907, a plus particulièrement retenu notre attention : « On n'a encore trouvé aucun moyen pratique de séparer la résine du caoutchouc à un prix de revient qui permette de considérer VE. fulva comme producteur d'un caoutchouc commercial ».
Le ton de ce rapport nous éloigne quelque peu des chiffres de production et des devis d'exploitation et de culture établis par M. Endlich, d'une manière plutôt hypothétique.
La canne à sucre au Brésil.
Nous recevons d'un de nos correspondants du Brésil quelques renseignements sur la dernière campagne de canne à sucre ; entre autres choses, il a été essayé cette année un nouvel hybride à tige complètement noire, dont plusieurs boutures ont été plantées : il en existe aujourd hui une centaine de pieds.
C'est une canne robuste, ayant de la grosseur et donnant beaucoup de tiges par pied.
Toutes les usines des environs de Bahia brûlent du bois et de la bagasse ; la dépense du bois est d'environ l.j % du poids des cannes travaillées.
Le procédé Naudet n'est guère employé dans la région ; dans un récent voyage que l'auteur y a fait, il n'aurait pu, parait-il, trouver d'usine- employant ses brevets.
Déchiqueteur pour Canne à Sucre.
Nous ignorons si « déchiqueteur ■> est bien le mot propre, la description que nous avons de l'appareil étant insuffisante. Il s'agit d'une machine destinée à remplacer les broyeurs placés avant les moulins à canne. Notre confrère le « Louisiana Planter », qui, dans son numéro du 1"' juin, en donne un dessin, dit que cet appareil accouplé à un moulin à cannes à 3, 0, ou 9 cylindres, en augmente singulièrement la puissance ; c'est ainsi qu'un déchiqueteur et un moulin à 3 cylindres font le travail d'un moulin à 6 cylindres, et qu'un déchiqueteur et un moulin à G cylindres font le travail d'un moulin à 9 cylindres. De plus, la canne est si complètement désagrégée qu'il suffit d'une pression très faible pour en extraire la totalité du jus.
La machine, due à M. Warmoth, est alimentée par une courroie sans fin et la canne est entraînée dans le cylindre par un hérisson tournant lentement et garni
3iO
JOURNAL DAGRICULTL'rŒ TROPICALE N° 76 — Octobre 190"
do iliMils solide^. Le cylindii- en lùli- porli' un arbre cenlral tournant à grande vitesse; les détails que nous possédons sont trop vagues pour que nous puisssons indiquer la nature et la forme exacte des pièces travaillantes montées sur cet arbre. La capacité est de l.oOO tonnes de cannes par jour, avec une augmentalion garantie de capacité du moulin de 23 "/o- La forte motrice nécessaire est, paraîl-il. très faible, et bien inférieure à ce que serait celii' nécessitée par la substitution à un numliii existant d'un appareil dune capacité plus forte de 25 ", „.
M. Warmotii a également élaMi im |)rlil modèle de laboratoire pouvant être utilisé pour les recberches expérimentales sur la teneur des cannes en jus et en sucre.
Le Manioc à Malacca.
La note ci-dessous est déjà ancienne ; nous l'avons relrouvée dans les papiers de notre regretté directeur .M. Vilbouchkvitch; mais comme la question n"a cuère perdu de sou actualité, et que les chiffres indiqués n'ont pas changé, nous la publions intégralement. Nos lecteurs pourront d'ailleurs, en consultant nos mercuriales depuis 190G, constater que la situation n'a pas changé, et que l'exportation de la fécule de Singapore n'a pas augmenté.
Nous relevons dans le » Tropical Agriculturist » de décembre l'.IOî) quelques indications bien curieuses données au c Times of Ceylon » par ^L Moonuoi^sK, administiateur de la Malacca Rublter (]" nouvellement constituée : la Compagnie en question vient d'acheter dans la région de Malacca (Etats Fédérés Malais) une propriété plantée de caoutchoutiers pour laquelle elle a payé 2. 250.000 dollars (mexicains'?) ; or, il paraît que rétablissement de cette plantation n'a rien coûté au vendeur, vu que tous les frais ont été largement récupérés par lui en
cultivant le manioc i-nlre les jeunes caoutchoutiers (comparer » J. d'.V. T.
Jusqu'ici les Chinois monopniisaient en fait la culture du manioc dans la colonie, mais les Européens commencent à s'y mettre à leur tour et une compagnie même a été constituée qui se propose le manioc comme culture exclusive.
Cependant le gouvernement refuse aujourd'hui toute concession qui serait cultivée en manioc seul, il n'en accorde plus que pour di's iilaiilations proprement dites, car los Chinois avec leur culture de courte durée ont épuisé le sol partout où ils ont passé, de sorte que de vastes étendues de terre ont dû être abandonnées; c'est même là, paraît-il. la grande raison de la diminution si considérable des exportations de priuluils du manioc de la presqu'île de Malacca constatée ces temps derniers (comparer nos mercuriales d'Extrême-Orient par exemple « J. d'.V. T. », n° 35, pp. 26 et 27).
M. MooRHOLSE estime le rendement de l'acre à 130 piculs de racines, susceptibles de donner 30 piculs de fécule et I 1 2 picul de déchet, excellent fourrage pour porcs, bêles à cornes, etc. M. Mooiuioisi; calcule sur un prix moyen de 6 dollars le picul de fécule; en fait, le prix actuel est, dit-il, de 8 dollars. Le déchet se vend, selon lui, aussi cher que la fécule. Noire témoin prévoit deux récoltes en trois années.
Le texte de l'interview Ti laqiu'lle nous av(Uis emprunté ces quelques chiffres ne brille pas par un excès de précision; c'est ainsi ([u'à deux lignes di' distance le journaliste fait parler M. Moouiiolsi; tantôt de tapioca, tantôt de yam (igname), tantôt de farine de sagou, et ce n'est que par conjecture que le lecteur devine que dans tout cela il ne s'agit toujours que du manioc. Les indications précitées seront donc comparée» titilement avec la note sur le manioc dans les Straits, que nous avons publii'e dans notre n° 33 i mai IDOii.
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JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N" 77 — Novembke 1907
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