‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercial (volume 2)Chapitre 16 sur 171 · C--.- Especialidad en Planteles complètes · texte numérisé non relu

C--.- Especialidad en Planteles complètes

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Septième Année. N" 67 3^ Janvier 1907

Notre nouvelle Mercuriale du Havre

Nous avons habitué nos lerteurs à trouver chaque fois, dans le premier uuniéro d'une nouvelle année, quelque amélioration e.ssentielle du Journal, le plus souvent ces perfectionnements ont porté sur la Partie Commerciale que nous n'avons cessé d'étendre, d'enrichir ■et d'organiser. Cette année encore, c'est une noiivelle chronique commerciale que nous apportons à nos abonnés, en jjuise d'étrennes.

Un certain nombre de produits très intéressants n'étaient pas du tout cotes, jusqu'ici, dans les mercurialee du « J. d'A. T. » ; la lacune se faisait .sentir, en particulier, pour divers produits de droguerie et similaires, cultivés dan? des pays oii nous comptons une clientèle Adèle et gTossi.ssante Nous avons donc été très heiu'eux de nous a.ssurer la collaboration régulière d'un nouveau rédacteur commercial en la personne de M. Geo. Ern.st, négociantcommissionnaire au Havre, avec lequel nous entretenions, depuis plusieurs années déjà des relations surtout scientifiques. Car M. Ernst. ancien élève de l'Ecole supérieure de Pharmacie de Paris, demeuré en contact étroit avec les savants de ce grand établissement. olïre ce rare avantage d'être à la fois un commerçant très avisé et un naturaliste aimant la recherche et la docuiuentatiou précise. Nos lecteurs trouveront sous sa signature des renseignements souvent précieux et toujours très stirs.

La mercuriale de M. Ernst devant tenir une certaine place et le Journal n'en ayant plus beaucoup de reste, nous nous sommes décidés à supprimer, par compensation, la Mercuriale des produits coloniaux français ; d'ailleurs, une partie des produits qui y étaient cotés, ont été englobés dans la nouvelle mercuriale, dont le titre sera : Produits de Droguerie. — Produits divers. Pour les gros articles du marché, eu particulier, tels que cafés. cacaos, cuh's, cornes, caoutchoucs, etc., M. Ernst sera assisté, dans la rédaction de son bulletin, par M. Sjierling, négociant-consignataii'e au Havre, même adresse ; il se réserve, au contraire, les articles de droguerie, de tannerie, les essences aromatiques, etc. Pour évitei' des malentendus et en nous conformant au dé.sir des intéressés, nous ne mettrons qu'une seule signature, celle de M. Ernst, mais nous tenons à exprimer ici notre reconnaissance à l'ami qui a accepté de l'aider de ses lumières, pour le plus grand proilt du Journal et des colons. — M. SivEERLiNG distribue tous les mois une mercuriale imprimée des produits des colonies françaises, envoyé gTatis aux iiersounes qui en font la demande. Avis à ceux de nos abonnés qui désu'eraient entrer en rapports directs avec la maison.

Au moment de nous séparer de SIM. Puthet & C"", qui nous ont fait la mercuriale du Havre après le départ de M. Derais, soit depuis mai 1905, ce nous est un agréable devoir de leur présenter nos sincères remercîments pour la collaboration si utile et désintéressée qu'ils nous ont apportée pendant plus de dix-huit mois. Nous devons des remercîments particuliers à M. Bled qui prenait la ]j1us large part à l'établissement de cette mercuriale. Nos abonnés sont toujours sûrs de trouver, comme par le passé, auprès de MM. Pcthet & C"' et de M. Bled, l'accueil le plus gracieux, lorsqu'ils auront à s'adresser à leur entremise •commerciale ou à leur demander conseil. — La EÉDACTION.

JOIRNAL D'AGRICULTUHI': I l{< "PKALE

N" 1)7. — Janv. VM~

Quelques Arbres Fruitiers lndo=Cliinois

Manguier. — MauKoustan. — Litclii. — Lonpaii — Dourian. D'après une contéicucc de AI. D. Bois.

Ceci est le quatrième et dernier chapitre de la conférence de M. Bois, faite au Muséum d'Histoire naturelle. Dans notre numéro (11, nous avons publié ce qu'il a dit des légumes d'Europe cultivés en Indo-Cliinc : dans le numéro (i.'i, nous avons donné les principau.x tubercules cultivés par les indigènes pour leur alimentation : ])atates, ignames, taros, dolic bulbeux ; enfin, dans le numéro 65, un certain nombre de plantes vivrières et potagères cultivées par les indigènes pour leurs tiges, feuilles, gousses et graines, et quelques légumes-fruits. — X. d. l. R.

On trouve en ludo -Chine, un (ertain nombre d'arbres Iruitiers des pays eliauds, importés d'autres pays. C'est le cas du Bananier, dont on cultive d'excellentes variétés ; des Goyaviers ; de l'Oranger ; d(^ la Pomme -Cannelle (Annna squamosa) ; de l'Avocatier ; du Cocotier, du Papayei- {Garica Papaya) ; etc.

L'Ananas est au.-^si 1 (ihjct d'iniiiorlaMtcs culturch.

Parmi les arbres fruitiers originaires de la région ou de régions A-oLsines, on peut citer surtout : le Manguier, le Mangoustan, le Litchi, le Jacquier, le Dourian.

Le Manguier {Mangifera indica, Anacaidiacées) est originaire de l'Asie méridionale. C'est un très bel arbre qui peut atteindre 20 ni. de liauteur. >Ses feuilles sont lancéoiées, longuement atténuée.'- en iiointe, glabres, d'abord rosi's puis rouges dans le jeune âge ; d'un vert foncé brillant à l'état adulte. L'arbre donne un ombrage épais. Les fleurs sont j.'clites, d'un blanc rosé, disposées en grappes dressées. Le Iruit est une drupe de forme et de couleur A'uriablcs. 11 |iciil l'iic sphérique plus ou nioii].^' conijnime. droit ou courbé, vert, jaune ou rougcàtre à la maturité; il jicut avoir de 10 à lit! cm. de long c!

atteindre dans certaines variétés, le poids ■exceptionnel de 2 kilos. En général, le volume de la mangue ne dépa.s.se pas celui d'une poire moyenne.

Ce fruit contient au centre, un gros noyau aplati entièrement couvert de longues fibres, (pii pénètrent dans la pulpe qui l'entoure. Dans le fruit sauvage ou Mango, le noyau est très gros, couvert de longues fibres ; la chair est peu abondante et po.ssède une saveur accentuée de térébenthine. Mais il existe de nombreuses variét&s cultivées, dans l'Inde principalement. Certainesd'entre elles, comme les mangues Alphonse, FreyciNET, Mangue d'Ob, sont des h\v\<- délicieux, qui peuvent être comptés .m M()iMl>re des meilleurs fruits (Dunus dans U' monde entier.

Ces fruits ont une pulpe abondante, presque dépourvue de fibres, exempte de goût de térébenthine, juteuse, parfumée et sucrée. La mangue Alphonse est la plus estimée. Le manguier a été introduit dans tous les jiays intertropicaux. Il demande un sol profond et drainé, des pluies suiïisamment abondantes avec une chute annuelle de 1 mètre. Une altitude dépa.ssant 1.000 m. lui est défavorable. C'est au-dessous de 100 m.

daiif. les sols fertiles, eu région chaude qu'il donne les meilleius produits.

L'arbre se propage par semis ; mais les iiidi\uliis ainsi obtenus perdent les qualités des paitnts. Pour rcinoduire avec certitude les bonnes variété.s on emploie la greffe. La grelle par approche est celle qui est le plus généralement usitée ; mais la gretïe en fente (en couronne) donne aussi de bons résultats. Le marcottage est un l)i(iccd('- de multiplication également à recoin luaiulcr.

I']n ('ochinchiiie, la meilleure saison de pro- 1 ludion dos fruits est comprise entre mai

JOUUXAl. D'AGHICUI.TURE TROPICALE

et juillet ; la l'écoîte fi<t moindre en marsavril.

Eu sol approprié et en pay.s favorable, uu manguier peut produire de 5 à 10.0(»(! fruits ebacpie année.

Le Jhni(ji>.iiiif(rn {Garciina ^loiignsiana. Outtifères). i-st un arbie de 10 à 15 m. de hauteur, à leuiilage persistant. Le fruit, de la grosseur d'une petite mandarine ou d'une grosse prune, possède une peau épaisse, lisse, de couleur rouge violacé à la maturité ; ce frnit contient à l'intérieur des ti'anches disposées, comme celles d'une oi'ange, chacune de ces tranches étant constituée par une graine entourée d'une pulpe succulente transparenté, dont la délicieuse saveur peut être comijarée à celle du raisin Chasselas.

Le mangoustan est certainement l'un des meilleurs fruits connus ; malheureusement il perd rapidement ses Cjualités et doit être consommé dès la récolte; 2 ou 3 jours après, il est complètement gâté.

On multiplie l'arbre par gi'aines, et la culture doit en être faite en sol bas et tourbeux, mais drainé. C'est une plante de la zone équatoriale, qui ne prospère que dans les pays où la chaleur et l'humidité régnent d'une manière constante. Ou le cultive surtout en CocMnchine où il porte le nom de Cay-Mang. Dans notre colonie les fruits miirissent de mai à septembre.

Le Litclii (Nephelium LUchi de la iamille des Sapindacées) est un arbre de 5 à 6 m. de hauteur, originaire de la Chine méridionale très répandu dans tout le sud de l'Asie, Les feuilles sont persistantes, composées pennées. Les fleurs sont verdâtres, disijosées en gi'appes. Le fruit, de la grosseur d'une noix, possède un piricarpesec ou coque couverte d'aspérités, et de couleur rouge à la maturité. Il renierme une gTaine enveloppée d'une pulpe blanche, transparente, juteuse, ayant la délicieuse saveur du raisin Chasselas. Le litchi est excellent à l'état frais.

On l'utilise aussi à l'état sec après l'avoir séché au four. Il constitue alors une sorte de pruneau qui ne jieut donner aucune idée

de la qualité de ce fruit lorsqu'il est consommé frais.

On trouve des litchis secs chez la plupart des marchands de produits coloniaux à Paris.

Le Longan {Kephelium Lnnguna) est un arbre voisin du litchi ; il est 'également l'objet de cultures importantes en Indo-Chine. Sou fruit est d'excellente qualité.

Le Jacquier {Artocarpus integrijolia) est \in arbre très voisin de l'Arbre à Pain (Artocarpus incisa) lequel est originaire d'Océanie où son fruit entre pour une grande part dans la nourriture des indigènes.

Le jacquier a pour patrie l'Asie méridionale et on en cultive plusieurs variétés en Cochinchine. C'est un arbre de 10 à 15 m. de hauteur, à feuilles entières, beaucoup plus petites que celles de l'Ai-bre à Pain.

Le fruit, très volumineux, est ovoïde et peut atteindre jusqu'à 70 cm. de longueur sur 40 cm. d'épaisseur. Il en est qui pèsent jusciu'à 15 kilos et même davantage-

Ce fruit contient des graines que l'on désigne soirs le nom de châtaignes et que l'on consomme en très grande quantité comme notre châtaigne d'Europe, après les a.v(.)ir fait griller ou bouillir dans l'eau.

Dans le fruit, ces graines sont plongées dans une pulpe blanche, crémeuse, dont la saveur est un peu sucrée, assez agréable, mais qui dégage une odeur infecte à laquelle s'habituent difficilement les Européens.

Le Dourian [Durio zibethinus , Malvacées). Cet arbre, cpelque peu cultivé en Cochinchine et au Cambodge, est l'objet de très importantes cultures dans l'Ai-chipel malais.

11 atteint de très grandes dimensions et ne prospère que dans la zone équatoriale.

Le fruit, de forme sphérique, ayant de

12 à 15 centimètres de diamètre, est couvert d'aspérités en forme de pointes coniques.

Sous le péricarpe, ou trouve une masse pulpeuse, divisée en tranches qui renferment les graines. Cette pulpe est blanche, crémeuse, un peu visqueuse ; elle a une saveur bizarre, sui generis, qu'on ne peut mieux comparer qu'à une crème sucrée

joruNAi. nAGiucn.rrHi-: thoimcai.k

N» «7. - Janv. 1907

dans laquelle on aurait introduit de l'ail et de l'oignon.

A cettt! saveur si particulière est associée une odeur d'hydrogène sulfuré d'une intensité telle que la présence d'un dourian s'en trouve révélée même à une grande distance.

Cette puanteur et cette saveur font que

les Européens couunencent par éprouver un véritable dégoût pour ce fruit curieux ; mais avec le temps on s'y habitue, parait-il. Quoi iju'il en soit, h- dourian est peut-être le fruit le plus estimé des indigènes et, souvent, des colons en .Vlalaisie.

1>. Bois,

As^isUllll :iti Mii^.t'iifD

Le 3' Congrès Rizicole Italien à Pavie

Analyse rapide des communications, d'après une note de M. V. (Jobetti.

Main-d'œu^Te et surproduction (Novelli). — Engrais chimiques (Menozzi). — Bnisone (Farseti).

Machinerie, Semoirs (Bianchini). — Variétés (Bianchini, Fakneti). — Questions fiscales

(Bercamasoo, Negri). — Rizières et Malaria (Golui). —

Contrat de travail (Galbahim). — Le riz au .lapon (Yahagi). — L'absence de délégués français.

Par M. F. Main

Le troisième Congrès Tîizicole Italien, qui a tenu ses séances à Pa\'ie du 27 au 29 octobre 1906, a e\i un succès plus grand encore que les précédents, dont il a été rendu compte dans les plusieurs n"" du « J. d'A. T. ». Un grand nombre de riziculteurs et de savants s'y sont rendus, et ils ont été très flattés de la i)résence de nombreux délégués étrangers venus d'Angleterre, du Chili, du Pérou, des Etats-Unis, d'Espagne, du Japon, de la Chine et de la Grèce. Le compterendu que nous avons sous les yeux (l),et que nous devons à l'obligeance de son auteur, M. le professeur V. Gobbetti, mentionne même l'adhésion de l'Indo-Chine Française ; nous savons qu'il a été dans les projets du Gouvernement de cette Colonie de s'y faire repré.senter officiellement, mais ce projet n'a pas été réalisé.

Les séances du Congrès ont été fort bien remplies, et une dizaine de rapports importants y ont été lus et discutés.

Sur la culture même de cette céréale et ses conditions économiques, nous remarquons le rapport du prof. M. NoVELLi, qui, estimant que la main-d'œiuTe ne s'accroît pas en proportion du développement des ri-

(1) (( Giornale di Agricoltura de la Ddinenica », n*> du 4 novembre iy(i6.

sières, déclare qu'il y a lieu d'en diminuer l'étendue, en les remplaçant par des prairies : nous avons a ])cinc besoin d'ajoiiter que, s'appuyant sur l'importance du riz dans le monde, de nombreux orateurs se sont élevés contre cette assertion s'appliquant. de toute façon, à quelques pays seulcnicnt. tels que l'ItaUe. l'Egypte, etc.

La question des engrais chimiques a fait l'objet d'une communication du prof. Mk- Nozzi, qui, après avoir donné des residtats d'essais faits avec des engrais phosphatés et azotés, a parlé de la magnésie, signalée par lui au Congi-ès de Novara. Il semble résulter des expériences faites que cette substance n'a pas d'action, ou tout au moins pas d'action directe.

Iveprenant la ([Ucstion toujours brûlante du u brusone », le prof. K. Fakneti en a fait l'historique : il a rappelé les deux opinions en présence : maladie parasitaire et maladie Ithysiologique, et s'est prononcé nettement, en ce qui le concerne, pour la maladie parasitaire, qu'il a pu isoler dans diverses recherches : il admet, bien entendu, les circonstances physiologiques prédisposant la plante à la maladie, circonstances assez prédominantes parfois pour faire croire à leur existence comme causes de la maladie. Les discussions soulevées piw ce rapport prou-

JOURNAL DAGRICULTIRE TROPICALE

vent que les spécialistes eux-mêmes sont loin d'être d'accord, et, à l'unanimité, le Congrès a invité le Gouvernement et les Conseils provinciaux à nommer une Commission et à lui accorder les fonds nécessaires pour mener à bien l'étude du bru- ■sone (1).

n a été peu question de mécanique au Congrès. Seul, le prof. Bianchini a exposé que, si l'agricultuie ne ijouvait, comme l'industrie, remplacer totalement la maind'œuvre par les machines, elle pouvait du moins, pour certains travaux, user avantageusement de celles-ci : indépendamment de la préparation du sol . il y a les semis et les sarclages. (Nous ajouterons : et la récolte).

Il a fait en.suite l'historique du Concours des semoirs a riz, qui a eu lieu récemment en Italie, et a fait ressortir que ce Concours avait abouti à la construction de deux appareils évidemment perfectibles, mais capables, tels qu'ils sont, de rendre des services. Il a préconisé pour plusieurs machines la traction par câble ; c'est là un problème déjà soulevé en Indo-Chine — et il a terminé en appelant l'attention iiur la nécessité de créer une Station d'Essais de Machines, comme il en existe à l'étranger. SOI. Bianchini et Fakneti ont parlé de la variabilité des races introduites, au point de vue .spécial de la résistance au brusone.

Les conditions fiscales de la production et de la consommation du riz ont été successivement examinées par M. Bergamasco, qiii a étudié le régime douanier des divers pays producteurs ou importateurs, et par M. N". Negri, qiii a passé en revue les taxes de consommation locales et les charges résultant des tarifs de chemins de fer ; cette dernière question acquiert tous les jours, avec l'extension des transports de denrées, une influence plus grande, et elle ne saurait être étudiée de trop près lorsqu'il s'agit de produits d'une faible valeur .sous un poids élevé.

Les relations de la riziculture avec le développement de la malaria avaient fait l'objet, il y a trois ans. de longues discussions montrant bien l'importance de ce sujet en Italie. Ce sujet a reparu à Pavie, mais sous une autre forme, et c'est principalement sur la législation régissant le travail dans les rizières qu'a porté la communication du prof. GoLGi. A .son avis, c'est un préjugé sans fondement qui donne la riziculture comme le travail le plus malsain, il comporte en réalité des précautions nécessaires, qui ne .sont pas toujours prises. Telle qu'elle est, et malgré ses lacunes, la législation actuelle rend îles services, mais il faudrait tenir à l'application de certaines prescriptions d'hygiène qui sont lettre morte pour les paysan.s. Enfin, les récentes agitations ouvrières ont amené l'avocat A. Gal- BARiNi à étudier le contrat de travail dans son application aux rizières. A sa demande, le Congrès a émis le vœu de voh' s'élaborei des règlements locaux, spéciaux à chaque province, et se créer des Commissions arbitrales devant régler à l'amiable les différends qui pourraient survenir.

Parmi les communications des membres étrangers, les congre.ssistes ont écouté avec intérêt le professeur japonais Yahagi, qui les a entretenus de la culture du riz au Japon, 011 on obtient des rendements allant de 50 à 130 uuintHux à l'hectare, et de la pénétration des japonais en Corée, oii ils ont déjà créé une station rizicole.

Devant un succès aussi complet et en présence des sujets traités, nous ne pouvons que regretter encore plus l'absence de nos compatriotes. Espérons que la Direction de l'Agricultuie de l'Indo-Chine reprendra ses projets abandonnés et que le prochain Congrès, qui aura lieu à Vercelli (siège de plusieurs usines de machines agricoles spéciales pour rizières), sera suivi par des délégués riziculteurs et techniciens, susceptibles de faire profiter nos colonies de ce qu'ils y auront vu et entendu.

F. ALuN,

Ingénieur-aoronome.

(Il On Iroiivera dans les années .Tiilérieures du ".I. d'A-T. >, plusieurs notes sur celle maladie si irrax-c du riz, — N. d. l.U.

Paris. 10 janvier 1907.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALIC

N» 67 - Janv. 1907

Culture et Exploitation du Cocotier

aux îles Mallicola, Nouvelles=Hébrides

Par M. A. Vézia

Il nous arrive simultanément plusieurs notes sur la culture du cocotier dans des plantations françaises des Nouvelles- Hébrides. Celle qui suit relate principalement les pratiques adoptées dans la cocoteraie de Sateau des Masquelines (iles MaUicola) :

Semis. — Ou sélectionne les noix de coco en prenant de préférence les cocos germes sur la Grande-Terre, ou sur une autre île (ce qui est mon cas). Ou bien on en met de côté au cours de la cueillette, ou encore on en achète aux indigènes. On met ces noix germées sous abri de bananiers, ou d'arbres quelconques , en ayant soin , aux saisons chaudes, de les tenir humides par de fréquents arrosages ; on met en place quand les plants ont de 20 à 30 centimètres de haut.

Repiquage. — Après le défrichement, — débroussage, briilage des bois et herbes, — il importe de maintenir le sol le plus propre possible ; puis, on jalonne. Les trous devront avoir de 0"n50 à 1 mèlre de diamètre, avec une profondeur de 0"'.50 ; les noix ou plants devront être en elTet mis en terre très profondénu'nt pour leur donner une bonne direction. On recouvre les noix jusqu'au germe, laissant une <lifférence (contrebas) de 20 centimètres en^^^on par rapport au niveau général du terrain, ce qui permet aux eaux de ])luies de s'amasser dans les trous de plantation et facilite la reprise des plants. On tasse fortenunit à l'entour du coco, cette pratique assure aux ■()lants une grande régularité et un port droit.

Les pluies, dans la suite, comblent la différence du niveau (la marge des trous de plantation) ; de cette manière on obtient de fortes racines résistant au vent, (pii parfois est très violent. — quand ce n'est ])as un cyclone !

Distance. — Les cocotiers sont espacés, babituellHueut, en plaine, de 9 à 10 mètres, soit en lignes parallèles, soit en quinconces, en réservant une route carrossable pour l'exploitation dans l'avenu-. En montagne, on observe des espacements moyens de 7 à S mètres, l'un dans l'autre.

Cnlture intercalaire du maïs. — Pour payer les travaux de débroussage du terrain, la plantation et l'entretien des cocotiers, l'on intercale une deuxième culture, qui est le maïs ; nous arrivons à en faire trois récoltes ^y^r an , iiiic amiéi- dans l'autre.

On sème d'abord le mais en lignes distantes d'un mètre, et à 30 centimètres entre les pieds dans la ligne. Quand le maïs a atteint plus d'un mètre de hauteur, ce n'est qu'alors qu'on comiilètc le semis en rcsenuint du maïs entre les ligues; ce qui pcrnu't d'abriter les jeimes plants de raa'is sous l'ombre des plus anciens : précaution fort utile, surtout aux saisons sèches. A la maturité du premier semis, on en fait la récolte, et l'on continue à semer ; et cela durant quatre et cinq années, jusqu'à ce que les cocotiers, devenus gi'ands, le maïs ne donne plus que des résultats de plus eu plus médiocres qui ne paieraient pa.s la main d'œuvre ; ou y renonce alors.

Rendements. — Uabituellement nous comptons 7 années pour qu'un cocotier commence à rapporter, progiessant ensuite chaque année. Il n'est pas rare de voir des cocotiers donnant de 60 à 120 noix par an, ce qui est une bonne moyenne. On ne cueille pas sur l'arbre ; on se borne à rama-sser les cocos tombés. Le cocotier vit très longtemps, les imligèiies disent : la vie d'un homme, soit t)0 à 70 ans.

Maladie. — J'ai remarqué qu'il vient une maladie sur les feuilles de nos cocotiers : une sorte de voile blanc ; cela porte préjudice aux jeunes plants, qui finisseut par pourrir, si on n'y prend garde.

Eau de mer. — Il est certain que les cocotiers exposés aux embruns de la mer sont plus florissants que ceux de l'intérieur. J'en ai même planté dans le sable de la plage, qui, à chaque marée, .sont dans l'eau, ce qui ne nuit nullement à la valeur du coco.

Pas de café avec les cocotiers. — Je ne conseille pas d'intercaler la culture des cocotiers avec du café ; l'essai de divers colons, dont la « Société Française des îfouvelles- Hébrides », a été désastreux : chaque année les cocotiers perdent de leurs feuilles ; or, celles-ci tombant sur les caféiers chargés de fruits, dans leur chute cassent les branches et font tomber à terre la récolte ; on abandonne ce genre d'exploitation combinée.

J'en ai vu les effets, dans les caféeries et cocoteraies de Port Sandwich (Nouvelles- Hébrides) de la S. P. N. H. déjà citée ; je vous répèt*, c'était un désastre.

Bétail. — Après que la cocoteraie a existé pendant 4 ou 5 années, c'est le moment de s'occuper de l'élevage. Le buffalo-grass, ou un chiendent du pays, offriront un pâturage très avantageux pour le bétail, d'un excellent rapport. Mais je recommande bien de ne pas essayer d'introduire les animaux à cornes avant la 4'' ou o'^ année ; j'ai dû payer bien des ennuis occasionnés par mon bétail, l'ayant laissé paître dans la cocoteraie dès la 3^ année de plantations. Surtout les taureaux, qui ont un talent pour dénicher les feuilles tendres des jeunes cocotiers dont ils sont très friands, et même au besoin luttent à coups de tète pour faire tomber le palmier.

Cueillette. — Coprah fumé (snioke coprah). — Les noix des cocos tombant à terre sont ramassées par les indigènes qui arrachent

d'un côté, avec leurs dents, un bout de fibre et attachent les noix l'une à l'autre ; il en résulte des paquets enchevêtrés de 10 cocos, qu'ils emportent par 2, 3 ou 4 paquets à la fois, avec un bout de bois sur les épaules. Ils entassent ces tas sur les rivages, oîi les noix .sont prises par pirogue ou baleinière et transportées aux stations à coprah, ou vendues aux blancs telles que.

Dans les endroits éloignés du rivage, les indigènes font le coprah en coupant les noix en deux et viennent l'apporter en chapelets jusqu'aux stations, ou bien ils débarrassent les noix du coir (bourre) en se réservant une partie de la libre pour les attacher deux par deux et en taire des paquets comme il a été dit plus haut.

Le déshabillage des cocos se fait à l'aide d'un bout de bois appointé, formant pieu, qvi'ils enfoncent en terre : en un tour de main, en quatre coups, ils enlèvent la bourre ; un indigène peut éplucher de 4 à 600 cocos par jour.

Une fois les cocos rendus à la station à coprah, ils sont coupés (après avoir été débarrassés du coir), à l'aide d'un sabre d'abattis, d'un seul coup ; c'est un coutelas de 14 à 16 pouces. Puis, les noix sont mises sur une claie dans une case que nous appelons fumoir u smoking house ». La claie est élevée de l'"50 à 2 mètres, l'amande regarde le sol. On alimente un feu durant 1 à 2 jours, c'est la bourre de cocos qui sert pour cet " enfumage » de l'amande. Après l'enfumage, l'amande se détaché assez facilement de la cocjue ligneuse ; il n'y a plus qu'à la couper en fragments prêts à être livrés au commerce.

Dans les îles, on fait peu de « sun dried » (coprah séché au soleil) : nous avons des averses assez fréquentes, qui pourriraient l'amande à la saison des pluies, d'autant plus qu'en ces pays neufs, on est installé très primitivement, au début surtout.

N'ayant pas d'ouvriers de métier, on est obligé de payer de sa personne et de faire preuve d'initiative, en se faisant tour à tour maçon, menuisier, charpentier, peintre, cultivateur, jardinier, etc.

JOl'RNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Janv. 1!)07

Main-A'œitrre. — La niaiii-d'œuvTp est difficile à obtenir ; en ce pays neutre, on recrute les « boys « par ses -[jropres moyens, ou par des recruteurs de profession, métier pénible et très dangereux. Les indigènes, chez eux, sont très paresseux, ne vivant que du travail des femmes, ou de la pêche ; quand ils sont expatriés d'une ile à l'autre, on en lait de bons serviteurs.

Ecoulement. Prix. — On commence à faire du « sun-dried », mais cela est diir à obtenir des indigènes, et répugne à toutes leurs façons d'agir. Les colons sont plus tentés à le faire, la différence de prix oscillant autour de 25 francs la tonne en plus, pour du sun-dried.

Le mais se paye de 55 à 200 francs la tonne, suivant les époques de l'année et l'état du stock de Nouméa. Chaque mois, les Kouvelles-Hébrides envoient par le paquebot « Pacificiue » des Messageries Maritimes, de 1.500 à 2.500 saes do 100 kg. environ, non compris les vapeurs anglais.

Le coprah est à un prix très rémunérateur : entre 350 et 400 francs, pris sur place, sans

aucun frais. Les vapeurs ou voiliers font même l'ensachage et le pesage et rendent les sacs vides.

Tout se paye en or anglais, très peu eu argent français, ou bien on échange contre des articles de traite ou de première néces- .sité

Dans ma tournée, ce mois-ci. j'ai i)u li- Yvcr et obtenir le prix de 402 fi-. 50 la tonne de coprah, vendue à un négociant de la place de Nouméa, prix net. sans aucun frais. Les courriers anglais font la concurrence à nos nationaux, à l'avantage des (>xploitants et planteurs de ces pays.

Vous avec pu remarquer à l'Exposition Coloniale de Marseille mes envois de eoi)rah, sun-dried. smoke et en chapelets-

Voir. — N'est pas utilisé ici; depuis bientôt un an, MM. V.VQtriN & SrnwTîiTZER, du Havre, possèdent un grand sac de cette bourre, expédié par mes soins. Ils devaient me donner le rendement de fabrique. Je vous en ferai part dès que je le connaîtrai.

A. VÉZIA.

Tonghoiié(NlleCalédonie), 18nov. 1906.

Les Outils de Labour Perfectionnés

Les charmes de A. Bajac : <( L'Ethiopienne », « La Française » et « Brabant double

Communiqué

Dans toutes les cultures et sous toutes les latitudes, une condition essentielle de réussite est de posséder l'outillage convenable, car c'est surtout en agriculture que s'applique l'adage bien connu : on ne fait rien avec rien, autrement dit : rien ne se crée et nous ajoutons, rien ne se perd.

Bien ne se crée : il est évident que pour récolter il faut d'abord confier à la terre une quantité déterminée de semence et en outre lui restituer, sous forme d'engrais organiques ou chimiques, ce qu'elle a donné précédemment sous forme de moissons. Mais cela ne siiffit pas.l

Avant de jeter le grain en terre, il faut

l'avoir préparée, cette terre, 11 faut Tavoir labourée, hersée, débarrassée des herbes nuisibles qui. elles, ont le fâcheux privilège de croître spontanément et de se développer avec une désespérante facilité, surtout dans les pays à température élevée. Et que faut-il pour assurer la boime préparation du sol i II faut preniièrenuMit une bonne charrue, et c'est ici que trouve son ap])lication le second tcrint» de notre adage : rien ne se perd.

Ce n'est pas de l'argent perdu que celui consacré à l'achat d'un bon matériel de culture, c'est au contraire de l'argent placé à gros intérêts, car, nous le répétons, un

Ianv. 1907

JOI'HNAL D'AGIIICULTUI^E TROPICALE

outillage perfeetiouué, solide, bien approprié au travail demaudé, est le iJiemier et le meilleur auxiliaire de l'agTiculteui'.

Evidemment dans les pays neufs, où cet outillage moderne est encore totalement inconnu ou inemployé, la transformation ne peut s'opérer que progressivement, en tenant compte des usages locaux, du genre de cvdture, des attelages usités et du personnel préposé à la conduite.

C'est ainsi qu'aux Colonies il faut, du moins au début, des outils simples et solides, qu'on puisse mettre sans crainte entre les mains d'indigènes inexpérimentées.

train à deux roues lui assure aussi plus de stabilité en travail.

* il 11 [ Ile I i* lliiujii

ili V lu

Tel est le cas de la charrue « Ethiopienne » (fig. 1 ) construite aux Etablissemknts à. Ba,jac. à Liancourt (Oise) ; c'est un outil robuste, tout en acier, qui i)eut être traîné par chevaxix, buffles, mulets et au besoin à bras d'hommes ; malgré sa gi-ande simpliiCité, elle est infiniment supérieure aux charrues de pays, par trop primitives, dont la disparition n'est qu'une affaire de temps.

Un autre modèle, également recommandable pour les colonies, est la charrue dite >( La Française de A. Bajac » (fig. 2) dont les organes se prêtent, mieux que dans le précédent outil, aux différents réglages en profondeur et largeur de raie ; son avant-

Chari'ue « La Française » de A. Ba,iac

Ces outils sont de bonne con.struction et leur fonctionnement est satisfaisant, mais il y a quelque chose d'infiniment mieux pour quiconque désire posséder une charrue tout à fait perfectionnée, une véritable charrue de progrès : c'est le « brabaut double » de A. Bajac (fig. 3), qui réunit tous les avantages qu'on peut souhaiter rencontrer dans ce genre d'instruments.

La charrue brabant double est la machine labonreuse par excellence, qui se tient seule en travail sans que le conducteur ait à y mettre la main autrement que pour la retourner à chaque bout de raie, ce qui se fait d'ailleurs avec facilité. Travaillant à l'aller comme au retour et versant toujours la terre du même côté, elle laboure à lîlat. ce qui permet par la suite, de donner, toutes les façons que l'on désh'e et pour tous les genres de cultures ; tel qu'il est fabriqué aux Etablissements de Liancourt et avec les

Fig. 3 —Charrue BialKinl ilmililr ili- A, Bajac

nombreux perfectionnements qu'y a apportés M. Bajac, le brabant double est véritablement la charrue moderne, le nec ■plus ultra de la construction agricole.

JOURNAI. iJAGHICn.TlHK TKOPICALE

N» 67 - Janv. ITOT

Papier de Bagasse

L'information du n West India Comittee » : Trinidad et Barbade. — Critiques du (c Louisiana Plantur u. Probabilité d'un nouvel échec. — Le carton dp bagasse.

Mise au point.

M. George de Pkéaudet attire notre attention sur une note du « West India Comittee's Circular 11 de Londres, reproduite par plusieurs de nos confrères coloniaux, dont « Le Cernéen », de Maurice ; en voici le fond :

» M. Beet de Lamarre, do Tiiniilad, :t pris se.s dispositions pour eroer sous peu une usine qui l'abriqueni du papier de bagasse et de fibres de bananiers.

« A la Barbade, un syndicat s'est constitué dans le même but. Un brevet pour les procédés de fabrication a été pris récemment. » Afin de s'assurer un approvisionnement régulier de bagasse, pendant un teniijs raisonnable, on tente d'obtenii' des propriétaires sucriers la faculté d'acheter leur bagasse, pendant cinq ans, aux conditions suivantes : 1 S 20, par tonue pour les balayures (« sweepings ») de certaine qualité, et, pour la première qualité, convenablement séchée. 5 >* par tonne.

Des brevets pour la fabrication du papier de bagasse furent i)ris à la Guyane, dès 1883, ])ar ^l. QriNTix Hogg. qui expédia même daus la colonie des machines ad hoc. Mais, dit-il, cette expérience démontra que les frais étaient trop élevés pour que l'opération rapportât ; aussi y renonça-t-on.

Une autre tentative fut faite, sans succès également, par la « New Colonial Co. >•. Elle échoua parce que .son papier de bagasse était couvert de taches noires qu'il était impossible de faire disxmraître ».

Depuis, ILsons-nous, les conditions ont changé et l'on espère que les nouvelles tentatives réu.ssiront.

Malheureusement, notre confrère de la Nouvelle-Orléans, le « Louisiana Planter », du 20 octobre 1900, doiiiu' sur la même question des renseignements infiniment moins optimistes. Nous avons eu déjà bien souvent l'occasion de citer ce périodique

dans le « J. d'A. T. », précisément à proposde ce problème si ardu du papier de bagas.se, et toujours nos lecteurs ont pu constater que le « Louisiana Planter « avait vu juste ; il lui est rarement arrivé de se dédire en cette matière. Cette fois encore, nous craignons fort qu'il n'ait raison de crier gare. L'article du « J^ouisiana Planter » est une répon.se directe à l'information duuW. I. C. Circular ». laquelle y est citée en substance. Il .se trouve que c'est ce même Quintin Hogg qui avait monté la papeterie de baga.sse de Kenilworth, eu Louisiane, dont il a été (juestion à différentes reprises dans le « J. d'A. T. ». L'atïaire dut être abandonnée par suite du rendement industriel insuflSsant, singulièrement inférieur au rendement tiiéorique sur lequel ou s'était basé dans les devis : la bagasse ne fournit, en fait, que très peu de papier, en dépit de sa richesse en fibre et cellulose. L'explication anatoniique et chimi(|ue en a t'té donnée par M. Brow.m: (voir " J. d'A. T. », n" 35, p. 154).

Le rajjport est jjIus la\(nal)le lorsqu'il ne s'agit que de fabriquer du gros carton. M. Tennant Lee en fait avec de la bagasse, en Louisiane et semble y trouver son compte; le « Louisiana Planter » promet d'en dire jilus long prochainement.

En passant <Y l'affaire de la Barbade. — qui est lancée par MM. Cottle, Catford & Co., — le « Louisiana Planter » fait observer tout d'abord que la bagasse sèche, telle que ces nu-ssieurs l'exigeront probablement pour le prix offert de 5 dollars la tonne, représente à peine le quart du poids de bagasse sortant du moulin.

D'auti-e iiart, le charbon de terre est beaucoiiii |iliis cher à la Barbade qu'en Louisiane ; or, l'échec de Keuihvorth a démontré qu'au prix où la papeterie peut

N» 67 — Janv. 1907

effectivement payer la bagasse, le sucrier y perdrait en la lui vendant, car il faudrait bien qu'il achète du charbon pour remplacer la bagasse dans les foyers de sa sucrerie, et ce charbon, en Louisiane même, coûte plus cher .que la papeterie ne saurait payer la bagasse équivalente.

Le calcul s'établit à peu près comme ceci :

Il faut brûler 1 kg. de charbon pour obtenir un kg. de sucre. Et lorsqu'on brûle de la bagasse, la presque totalité de ce qu'on en obtient comme déchet de fabrication de 1 kg; de sucre, y passe. C'est avec ces données qu'il faut opérer dans chaque cas particuliei' pour voir" si eu raison du prix

du charbon, on a avantage ou non à se défaire de sa bagasse.

Le calcul du prospectus du Syndicat de la Barbade semble reposer, d'ailleurs, sui' un malentendu grossier. Ses auteurs admettent que 100 tonnes de .sucre laissent 400 tonnes de bagasse ; or, ce chiffre ne serait acceptable que si on parle de bagasse humide.

Eu fait, — le « Louisiana Planter » le déduit de minutieux calculs — les gens de la Barba.de ne sauraient recueillir. ])Our 100 tonnes de sucre, plus de 13.3 à 140 tonnes de bagasse sèche. îfotre confrère eu conclut que tout le raisonnement .sur lequel l'affaire est basée, tombe dans l'absurde.

Le Compte =Rendu officiel de l'Exposition du Caoutchouc

à Cevlan

Analyse rapide des conférences faites à l'occasion de l'Exposition. — La culture combinée de l'Hevea et du Coton en terrain irrigué. — La vulcanisation directe du latex. — M Le caoutchouc en blocs et le séchage dans le vide. — Cultures .secondaires : Tabac. — Camphre

Noticel bibliographique

The Ceylon Bnbber Exhibitioii, Scptember \3-tJi, ■274h. 1906. In-8" carré, XXIX, 1.30 pp. Quelques photos (vues et groupes). A. M. & J. Fergdson, édit. à Ceyian. Dépôt à Londres : 52, Gracechurch St., E. C— 1900. Cartonné, 4 shillings.

Ce volume donne, d'une part, les listes des récompenses et autres documents officiels de l'Exposition du Caoutchouc à Ceyian, d'autre part le compte rendu complet des conférences, démonstrations et excursions faites à cette occasion. Avec le traité de Wright analysé dans notre n» 6.5, § 1270, et ce recueil de comptes-rendus, on a le tableau le plus instructif, le plus véridique de tout ce qui se fait, à Ceyian, eu Malaisie et dans l'Inde, dans le domaine si nouveau, si passionnant, si riche d'avenir, du caoutchouc cultivé.

L'Exposition a été un succès sans précédent, on peut le dire en toute conscience: rénumération des têtes de chapitres du Compte-Rendu de Ferguson donnera une

idée de l'activité intense qui y fut déployée. Il faut considérer ciue le texte de chacune des conférences et démonstrations est suivie d'iuie analyse très complète de la discussion à laquelle prenaient part les spécialistes venus un peu de partout et les planteurs les plus réputés et les plus expérimentés ; quel ques-uus de ceux-ci sont déjà à la tête de superficies importantes de caoutchoiitiers en rapport ( principalement Hevea ) et expédient leur marchandise par tonnes suf le marché mondial. — Voici les sujets que nous relevons dans la table des matières :

Pp. 1-8, J.-C. WiLLis :• Caoutchouc et coton. Il s'agit d'une région particulière de Ceyian où l'air étant humide mais les pluies insuffisantes, la culture semble pouvoir se faire néanmoins avec succès en y suppléant par l'irrigation ; c'est ce concours de circonstances qui permettrait de combiner l'obtention des deux produits, le coton

JOLNNAI, DAGRICILTURE THOIMCAI.K

N" ti"

Ianv 1907

étant envisagé coin me «ultuiv il'attfiitf t-ntre les lignes des llevea.

Pp. 9-22, E. G. WiNDLE : La cultiirc du caoïitchoiic dans le sud de l'Iude.

Pp. 23-41, Herbert Wright : Le caontc'iioiie ciiltivé et son avenir.

Pp. 41-54, Kelav.w B.vmber : La viilcanisatiou du caoutchouc. — L'éniiueiit chimiste croit à l'avenir de la vulcanisation directe du latex. Les heureux essais ouvrent des horizons nouveaux et laissent prévoii' une transformation profonde — dans un avenir plus ou moins procliain — de la mamifacture mênu' des objets en caoutchouc.

P[). 55-58, K. E. Green : Les insectes ennemis des arbres à caoutchouc.

Pp. 5<S-()(>. T. Petch : Les ennemis cryptogames.

Pp. 07-72, Kelway-Bainiber : Culture et distillation du camphre. Nous avons tléjà donné des extraits de ce chapitre, et nous en donnerons encore d'autres.Il n'y a guère de lien entre la culture du camphre et celle du caoutchouc ; la conférence s'explique simplement par le fait que le camphre est d'actualité.

Pp. 73 - 74, Spencer Brett (de la maison Gow, WiLSON & Stanton, de Londres) : Kéflexions sur les conditions nécessaires pour faire bien voir pai- la manufacture, les caoutchoucs cultivés.

Pp. 75-80, C. K. SiMITHETT (de WiLSON,

Sïutkett & Co) : Sur la meilleure forme et préparation à donner au caoMtclio\U' cultivé.

Pp. 81 -0(», J. B. Carruthers : La culture du caoutchoïKt en Malaisie.

Pp. 91-102, C. G. Dewitt (de la maison Lewis & Peat, de Londi-es) : Sur la meilleure façon d'emballer et d'expédier le caoutchouc.

Pp. 103-110, Kelway Bamber : La cultm-e du tabac à Sumatra. — L'auteur voudrait voir créer à Ceylan une station d'essais spéciale, le tabac devant servir, éventuellement, de cultvire d'attente, entre les lignes des Hevea.

Pp. 111-110, Herb. Wright : Présen-

tation de machines destinées au traitement sur place du latex et du caoutchouc.

Le nombre et la variété des machines exposées, la plupart en fonctionnement, et dont plu.sieurs sont déjà d'usage courant dans l'ile et en Malaisie. révèle d'une façon particulièrement impressionnante la vitalité et le modernisme de la culture du caoutchouc dans les colonies anglaises.

Pp. 117-128, llERB. Wrk;ht : Excursion à Henaratgoda. — Démonstration des procédés de saignée de l 'llevea sur les arbres du Jardin botanique, les doyens des caoutchoutiers cultivés du monde.

P|). 128 et 129, Francis Pears (de Lanadron Estate, Johore, presqu'île de Malacca) : Interview, sur la préparation du caoutchouc en blocs. — Cette présentation nouvelle, couronnée par la plus haute récompense de l'Exposition, est appelée — c'est le sentiment à peu près général, — à supplanter toutes les formes pratiquées jusqu'ici. On fait d'abord des « crêpes » (v. " J. d'A. T. » n" 03) qui sont séchées rapidement dans le vide, dans im appareil de Passbtjro tel qu'en emploient les manufactures eui'opéennes ; puis, ces « crêpes » sont agglomérées en gros blocs solides au moyen d'une presse. C'est là le « dernier cri», en attendant que la vulcanisation diiecte du latex, préconisée par M. Kelway Bamber, acquiert droit de cité ; ce qui amènerait, dans cette branche d'industrie, une transformation ])rofonde dont il serait hasardeux de vouloir, dès aujouid'lmi , ]U'edire les limites et l'évolution.

Nous tâcherons de donner, dans de prochaines notes, quelques glanures recueillies dans les chapitres cités, en groupant de ])référence les données ayant trait à la végétation et à la saignée de l'ilevea et aux machines employées pour le traitement expéditif du latex, des scraps et des co]H'aux. Ce dernier mot appelle une explication : H s'agit des « chutes » d'écorce imprégnée de caoutchouc, qui constituent un déchet inévitable avec le procédé courant des saignées répétées comportant un rafraîchisse-

No .67 — Janv. 1907

ment ou rabotage continuel de la lèvre inférieure des incisions. Une grande maison de Ceylan a présenté une machine pour la trituration de ces copeaux.elle ]Kxraît s'acquitter admirablement de sa tache et trouvera, peut-être, une application dans d'autres pays, pour le traitement d'écorces caout-

cboutiférées quelconques, des caoutchoucs d'herbes, lianes, etc.

Nous allons aussi grouper en un article séparé, les renseignements très importants donnés incidemment sur le caoutchoutier de Céara, que l'Exposition a décidément mis en très bonne posture.

L'Étude du /Manioc dans l'Est Africain Allemand

La coUection d'Amani. — Quelques facteurs agissant sui- la teneur en acide cyanliydriqiie. — Maniocs rouges et Maniocs blancs. — Descriptions de variétés. — Le Manioc de Madagascar. -

La maladie de la « frisure ».

Analyse d'un mémoire de M. le Professeur Ziidceeiiann

M. le professeur ZnviMERJLiNN, directeur de l'Institut de Biologie agricole d'Amani. — • qui est la station agronomique de l'Est Africain Allemand, — donne, dans son organe « Der Ptianzer », u° 16-17, du 20 novembre 1906, un mémoire de 15 pp., très substantiel, sur le manioc ; ce petit travail constitue, en effet, un document des plus importants, malgré sa brièveté. La station d'Amani a évidemment entrepris une étude très sérieuse de cette plante économique si importante ; nous ne doutons pas que son personnel, très actif, ne sache mener la tâche à bonne fin et nous serions heureux d'y contribuer par la publicité et les relations du « J. d'A. T. >). M. ZendœrjVIANN s'occupe notamment, de réunir le plus grand nombre possible de variétés.

D'après l'ouvrage américain de Teacy que nous avons eu l'occasion de signaler dans le « J. d'A. T. », on cultiverait rien qu'au Brésil, — patrie du manioc, — une cinquantaine de sortes douces et une dou zaine de vénéneuses. M. Zeveviermann s'est adressé aux diverses institutions scientifiques des tropiques, pour obtenir des graines et boutures des maniocs dont elles pourraient disposer et il adresse la même demande aux planteurs ; il offre en échange d'envoyer à ses correspondants des graines ou boutures de quelques-unes des variétés déjà cultivées à Amani. Voilà une occasion excellente : nous engageons nos lecteurs à en profiter et

à se mettre en correspondance avec ce savant et habile observateur.

M. Zbevierm.\nn s'est posé, entre antres, la question de savoir si les caractères botaniques généraux indiqués par les auteurs comme distinctifs entre les maniocs doux et les maniocs amers, étaient bien sérieux. La réponse paraît négative, tout au moins pour quelques-uns des signes relevés ; en particulier, la plupart des caractères qui, d'après une récente communication de Peckolt (k Berichte der Deutschen Pharmaceutischen Gesellschaft », 1906, vol. XVI. p. 22), distingueraient les maniocs doux du BiésU, ne se retrouvent pas chez les maniocs cultivés par les noirs de l'Est-Africain Allemand, généralement doux ce^jendant. Xotammeut, on ne les constate pas cliez le manioc dit de îladagascar, très apprécié dans la colonie allemande où il est couramment consommé crii.

Du reste, il apparaît de plus en plus, que la richesse en acide cyanhydrique qui cause l'amertume et la nocivité des maniocs vénéneux, n'est pas seulement liée à la variété botanique mais aussi aux conditions de culture ; d'autre part, les maniocs les plus doux en contiennent toujours d'assez grandes quantités dans l'écorce des tubercules ; cela a été nettement démontré par Carmodt à la Trinidad. Dans les races vénéneuses, le poison est réparti plus uniformément dans toute la substance du tubercule.

N» 67 — Janv. 190:

L'influence du sol est affirmée par BtJK- KILL dont l'intéressante monographie a été analysée dans le n" 40 du « J. d'A. T. «, p. 318. Elle est également attestée par les noirs de l'Usambara.

M. ZnvQtKRMANN a aussi recueilli le témoignage d'un noir qui lui inspire confiance : d'après ce cultivateur, des maniocs doux deviendraient amers sous l'influence de sécheresses prolongées, accompagnées de fortes chaleurs ; de même, les tubercules pris sur des plantes très âgées de maniocs généralement doux, seraient couramment amers ; etc.

Il a été dit ])lus haut que la plupart des maniocs couramment cultivés dans l'Est .tll'ricain Allemand, sont doux. Les indigènes de la colonie distinguent les variétés de manioc en « blanches » et en « rouges « ; les premières ont la peau (conche tubéreuse) des tubercules légèrement jaunâtre ou grise tirant sur le brun : chez les secondes, elle est d'un rouge brun plus ou moins vif. La coloration apparaît surtout à la lace interne de la dite couche tubéreuse. « Le manioc de Madagascar », si intéressant à divers titres, se classe dans les variétés « blanches » quoique les assises du tissu cortical sousjacent y soient toujours d'un rose plus ou moins vii'. selon l'âge et la végétation des pieds examinés. Les constatations visées ci-dessus, sont aisées à faire sur des tubercules frais, car ils se pèlent facilement.

La couche tubéreuse qui revêt les tiges d'un certain âge, semble participer de la même coloration que les tubercules ; dans les tiges encore, le pigment est abondant, surtout dans les a.^sises internes de la dite couche. Un examen superficiel ne renseigne point à cet égard, car le vert intense des assises chlorophylliennes sous-jacentes trans- ])araît toujours assez pour donner à la tige des colorations extérieiires variées où le rouge de la couche tiibéreuse n'apparaît que masqué par le vert de la chlorophylle et devient, ainsi, difficile à distinguer.

La concordance de la teinte de l'assise tubéreuse des tubercules et des tiges, est très nette chez le « manioc de Madagascar » qui est

une variété" blanche » : cette teinte est jaunâtre dans les deux cas. De même, chez le manioc « makandoro », sensiblement plus coloré et chez le « makauderinya », rougebrun ^^f;

Ces trois variétés sont les seules que M. ZiSDCERMANN ait cu l'occasion d'étudier à fond, il en donne des descriptions extrêmement détaillées que nous n'hésitons pas à recommander comme modèles aux personnes désireuses de s'appliquer à l'étude des formes si nombreuses de cette plante si répandue aujourd'hui dans les deux hémisphères. Il se réserve de décrii'e dans la suite, d'après le même schéma, — lorsqu'il les connaîtra mieux, — les autres maniocs de la colonie. Toutes les variétés que l'on aura pu réunir à Amaui y seront cultivées en plusieurs séries parallèles, les sujets de chaque série étant placé.s dans des conditions aussi identiques que possible ; et on se propose de relever en même temps que leurs signalements botaniques exacts, la qualité, la précocité et le rendement des tubercules, la durée de leur conservation en terre, etc.

Dans un prochain numéro, nous donnerons, à titre d'exemple particulièrement intéressant pour nos lecteurs, la traduction lie la description que M. Zuemermann fait du manioc dit de Madagascar et qui provient etïectivement des boutures primitivement importées de cette île. Ce manioc étranger a été reconnu économiquement supérieur aux races du pays et tend à s'y répandre de plus en plus.

M. Zr>rMERMANN qui est un phytopathologiste universellement ré])uté. ne ])onvait manquer de faire entrer dans son progi'anime de recherches l'étude des ennemis et maladies du manioc ; il en relève plusieurs, mais dans ce nombre, la maladie encore mystérieuse (bactérienne'?) qu'il appelle « Kraeuselkrankheit » (la traduction française serait : Frisure) est la seule qui cause des dégâts vraiment sérieux dans l'Est Africain Allemand. L'auteur lui a déjà consacré deux notes dans des numéros précédents du « Pflanzer » et il se propose d'y revenir prochainement.

N" 67 - Janv. 1907

l.e Tournesol. — Sa culture en Russie

Historique. — Teneur en huile. — Variétés comestibles et d'iiuilerie. CueOIette. — Batteuses. — LTne culture de remplacement

— Exigences. — Soin.s.

le Saflor.

D'après D. N. Prianichnikov.

Dans notre n" 44, nous avons expliqué que le tournesol (Helia)ithus annuus) intéresse les planteurs de certains pays tropicaux dont le climat con\ient à la plante quoiqu'elle ne soit pas généralement classée parmi les cultures tropicales. Nous avons indiqué à la fois à quelles difficultés les planteurs se heurtent lorsqu'ils veulent vendre leur récolte :

Cette graine oléagineuse, l'une des plus importantes de la Russie, cultivée et connue plus ou moins dans bien d'autres pays, n'a pour ainsi dire pas de débouchés sur les grands marchés internationaux. Le planteur du Mozambique qui le premier nous avait demandé de nous occuper du tournesol, nous écrivait le 13 mai 1905, qu'il avait enfin vendu sa graine en Angleterre au taux de 20 fr. .50 les 100 kg. et que ce prix lui convenait très bien. Il notait d'ailleurs, dès ce moment, que le marché était limité.

Le 6 juin, il en avait la preuve, à ses dépens :

« J'ai, écrivait-il, été leurré de belles promesses, mais aucun acheteur ne s'est présenté pour de gros lots : j'ai donc interrompu mes essais de culture en grand, bien que je reste per.suadé qu'il y a quelque chose à faire et qu'il faudrait pousser l'étude. — La teneur en huile des graines est vraiment faible. Il faudrait triturer, je crois, sur place. »

Le 10 aoiÂt de la même année nous recevions, sur la même culture, une lettre de la Eéunion, de notre excellent confrère, M. Al^g. de Villèle, nous demandant à nouveau de ne pas abandonner le sujet et de voir, en particulier, comment les choses se passent en Russie, le principal pays de production. Xous sommes heureitx de pouvoir offrir aujourd'hui un l)on document d'origine russe sur le tournesol, nous l'avons extrait du chapitre consacré à cette graine

Précédé d'une note de la Rédaction.

dans le cours d'Agriculture spéciale professé à l'Académie Agiicole de Moscou par notre camarade, D. N. Prianichnikov (3« éd., Moscou, 1904. En russe).

Le tournesol ( podsolnetchnik des Eusses) est, parmi les graines oléagineuses cultivées eu Russie, la plus pauvre en huile (24 %), le ricin en est la plus riche (50 à 60 %).

La patrie du tournesol est l'Amérique, et notamment le Mexique et le Pérou, d'oii les Espagnols l'importèrent pour la première fois en Europe. Il fut ainsi cultivé d'abord en E.spagne, et ensuite en France et dans d'autres pays, tantôt comme plante d'agrément, tantôt en vue des graines destinées à la consommation. En Russie, le podsolnetchnik apparut vers le commencement du xix<? siècle. Là il trouva un terrain exceptionnellement favorable à sou développement dans la région sud-est, et principalement de Saratoff et de Vorouège. C'est précisément dans le gouvernement de Saratoff que, vers le milieu du siècle dernier, le paysan Bokarofï apprit la culture du tournesol. Le goîit de la graine du tournesol rappelant celui de la noisette du cèdi-e, dont on extrayait de l'huile en Sibérie, Bokaroiï eut l'idée de tenter la même expérience sur la graine du tournesol.

La richesse en huile de la giaine du tournesol n'est pas bien considérable, la moyeune étant, comme notis venons de voir, de 24 % (moyeune, il est vrai, souvent dépassée dans les sortes spéciales destinées à l'extraction de l'huile). Mais si l'on considère que ce taux est calculé sur le poids intégral de la graine, de sorte que le poids de l'amande se réduit de 53 à 55 %, cette dernière peut déjà paraître comme étant très riche en huile.

JOURNAL D'AiimCri.TL'HK Hit H'ICAl.K

Janv. 1907

Les diûereutes variétés de tourm'st)ls se divisent en deux gioupes : d'un côté celles dont la giaine, grosse, oblongue, avec des rayures noires dans le sens de la longueur, est destinée à la consoniniation, et d'autre part celles dont la graine, menue, courte, ventrue et blanche, est particulièieinent recherchée par l'huilerie. Ces dernières, dont le poids brut comprend moins de coque, grâce à la forme ventrue des graines, sont d'un poids net supérieur d'un quart à celui des premières. Dans les deux groupes, les sortes se distinguent ])ai- la couleur des graines, dont la gamme va du blanc au noir. Il en est même qui comportent plus d'une teinte.

Voici (HH'l(|ucs noms de variétés de tournesols .

<( Mousseline » (kiceïny), « grise » (séry), « mouchetée » (riaboï), « noiraude » (VORO- NOK), etc.

... Par suite de la proi'onde\ir de ses racines, le tournesol s'accommode aisément de terrains relativement secs. Toutefois, il est loin d'être l'ennemi de l'humidité et affectionne tout particulièrement les terrains périodiquement inondés (par les hautes eaux printauières).

... Le tournesol, par la ([uantité de matières minérales tirées d\i sol. se rapproche de la pomme de terre et de la betterave à sucre. 11 emmagasine notamment beaucoup de potasse (environ 90 kg. par hectare). C'est pour cela qu'on considère la cendre comme l'engrais le mieux approprié à cette plante, et c'est par cette même consommation intense de potasse que l'on essaie d'expliquer le fait que la culture de cette j)lantc pratiquée sans interruption ])endant jilusieurs années sur le mênu' terrain (comme cela se fait souvent en Hussie) donne des récoltes de moins en moins abondantes. Mais en réalité, cela doit être attribué en partie, et peut-être même uniquement, à l'orobanche, à la rouille et aux autres ennemis qui. alors, s'attaquent au tournesol.

La quantité de la semence nécessaire oscille entre 10 et 40 li\Tes russes i)ar deciatine, selon la manièi-e de renscniincement

et la qualité de la graine (le plus souvent cette quantité est d'environ 20 livres).

... Les distances entre les rangs varient de 8 à 16 pouces russes (verchoks) selon la nature du terrain et celle de la plante. (Ainsi, iioui les sortes d'imilcrie. ces distances sont moindres que. pour les sortes comestibles.)

Les soins à donner pendant la culture, comprennent : le binage qui s'opère ordinairement en deux fois : l'éclaircissage des plantes (si besoin est) ; le buttage (bien iiue cette dernière opération, très indiquée à la suite d'une forte sécheresse, ne soit pas toujours piatiquée), et enfin le pincenuMit qui a ])()ur objet la suppression des branches latérales inutiles, afin de favoriser le développement d'un ou deux chapeaux seulement, lesquels profitent ainsi de toute la sève de la plante. Cette dernière opération est surtout applicable aux sortes li'liuilerie.

La maturité du tournesol se reconnaît aux signes suivants : jaunissement de la base des chapeaux, lictrissure et chute des pétales, coloration et durcissement de la graine. — Dans les petites cultures, chez les paysans, on récolte les chapeaux un à un, au fur et à mesure qu'ils mûrissent ; mais dans les grandes plantations une telle façon de ])rocé(l('r reviendrait tro]) cher. Foice est donc d'opérer le tiavail simultanément dans le champ entier. 11 importe alors de saisir le moment projjice à la récolte, car les graines insuffisamment mûres sèchent mal, pourrissent parfois et, toujours, le battage en est très difficile, tandis que les graines trop mûres toml)ent tro]) facilement et sont perdui's.

On procède donc habituellenu-nt à la récolte dès ([ue la majeure partie des chapeaux ont mûri et .sans attendre les autres. La récolte s'opère soit en coupant les chapeaux que l'on cnlilc sur les tiges mêmes du tournesol pour les faire sécher, soit en co\i]>ant hi tige nuMue au ras du sol, soit enfin en arrachant toute la plante avec sa racine. Dans le premier cas. ou procédera, ainsi, par exemi)le : les chapeaux de huit

N0 87. — Janv. 1907

JOURNAL D'AGHICl'LTURE TROPICALE

rangs parallèles sout enfilés sur les tiges d'un seul (le huitième) et les chapeaux une fois secs, on coupe ces tiges faisant office de tringles et on les entasse sur des charrettes s'avançant le long des rangs.

Le battage de chapeaux secs se fait au moyen de fléaux, de battoirs cylindriques ou de batteuses mécaniques spéciales ; M. B. GoRiATCHKiNN. en a décrit plusieurs dans le « Vestnik Selskavo Khosiaïstva » de 1904, notamment les machines de TcHA- CHINSKI, Abakoitîmov, Menghikov. etc.

maladies du tournesol, dont nous ne retiendrons que les conclusions où l'auteur s'arrête incidemment aux qualités et défauts d'une plante oléagineuse, cultivée aussi comme tinctoriale, entre autres dans l'Inde anglaise, — le Carthmnus tinctorius.

Par suite des grands ravages produits dans le tournesol par ses différents ennemis, ou a, ces derniers temps, préconisé le saflor comme plante propre à le remplacer en Russie. Ce qui milite surtout en faveur du saflor, c'est sa résistance à la sécheresse.

T"ne bonne récolte donne environ cent jointe à une relative insensibilité aux gelées

pouds (1.600 kg) de graines par dessiatina (1 ha., 1), la moyenne étant de 60 à 70 pouds. Les tiges, les chapeaux (dont une partie est aussi donnée aux bestiaux), les coques vides, enfin, servent de combustible ; les foyers du pays sont spécialement aménagés à cet effet. La cenclre de ces foyers est très riche en carbonate de potasse, et peut être utilisée soit pour l'obtention de ce corps, soit comme engrais. Les tourteaux de tournesol sont hautement appréciés, c'est une excellente nourriture concentrée pour les bestiaux.

Suit une étude sur les ennemis et les

blanches ; enfin son immunité vis-à-vis des insectes et autres parasites qui déciment le tournesol. Mais, d'autre part, le saflor fournit un tourteau sans consistance, s'effritant facilement et amer, ce qui le rend très inférieur au tourteau de tournesol. Toutefois, ces matières désagréables, ayant leur siège dans la coque, peuvent être éliminées en décortiquant la graine avant son passage à la presse. On reproche encore au saflor ses feuilles extrêmement piquantes qui rendent la cueillette peu commode. Mais on pourrait peut-être obtenir, par la sélection, uue variété plus maniable.

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Les mérites du Coffea robusta

Ses qualités eultiirales. — La question île sa résistance aux maladies.

D'après M. U. D. Mac Gillavry

Dans un article du <( Tropenpflanzer i, de mars 1905, M. H. D. Mac Gillavry, planteur et pépiniériste à Djati Eoenggo (.Java), l'obtenteur du fameux « cacao blanc « résume ainsi les avantages du Coffea. rohnsUi, ce caféier d'origine inconnue répandu dans les cultures dans ces dernières années, par la maison Linden de Bruxelles :

1" Il est réfractatre à l'Hemileia ;

2" Il pousse plus vite que le Libéria ;

3° Il est plus prolifique et fournit un café meilleur.

Il semble d'autre part, à lire les périodiques hollandais, que le dépulpage du

('. Robuste présente certaines difficultés avec les dépulpeurs ordinaires.

Dans le n^ 63 du « J. d'A. T. », M. De Wildeman, tout en préconisant chaudement le C. canephora dont le ('. robusta ne serait d'après lui que l'une des nombreuses formes, déclare cependant que cette espèce est i( aussi facilement attacpiée par l'Hemileia que le caféier classique, le C. arabica. Nous aimerions apprendre, par nos correspondants à Java, ce qu'ils ont observé, eux, à ce sujet ; ainsi qu'au sujet de la résistance aux anguillules des racines qui sont également l'une des grandes raisons de la substitution graduelle du Libéria à l'arabica à Java et dans d'autres pays. Nous publierons, du reste, prochainement, des notes plus détaillées de M. De Wildeman, sur le C. robusta d'après les témoignages de la presse spéciale de Java.

JOURNAL D'AGIîICULTUHL: THOPICAI.K Nn 67 — Janv. 1907

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