PARTIE COMMERCIALE
Le Marché du Caoutchouc
Chronique spéciale du « J. d'A. T. »
Par MM. Hecht frères & C'«.
Para. — La fermeté que nous avons signalée dans notre dernier article comme coïncidant avec la fin de l'année 190(). a persisté au commencement de l'année dans laquelle nous venons d'entrer.
Le Para l'Mii du Haut Amazone est monté h un moment jusqu'à fr. 14,45, prix auquel il s'est fait des affaires importmtes, aussi bien en disponible qvi'en livrable jusque sur les mois de mars et d'avril.
Cette hausse a été causée en grande partie par le retard qui s'est produit cette année dans les arrivages du Haut Amazone. Plusieurs rivières voient leurs récoltes retardées de \nès de deux mois sur les années précédentes, et si h' marché américain n'avait pas été approvisionné pour longtemps, nous aurions sans doute assisté à une hausse plus importante encore.
A la fin, le marché semble s'être nn peu calmé, sm'tout en raison de l'inditïérence des Etats- Unis qui paraissent vouloir attendre les içrands arrivages au Brésil avaut de se mettre résolument aux achats. Nous clôturons cependant avec de grands acheteurs à fr. 14,25, c'est-à-dire à peu près au même cours (ju'il y a un mois et encore est-il probable qu'à ce prix on ne pourrait obtenir de gros lots.
Sernamhy. — Le Sernamby Manaos après être monté un moment à fr. ll,.'îô reste très fermement tenu à 11,25, ce qui est un prix relativement bon marché par rapport aux autres sortes analogues.
Le découvert sur le Sernamby Pérou parait avoir été aussi grand pour janvier qu'il l'avait été pour les deux mois précédents et les vendeurs à découvert effrayés n'ont pas attendu la fin du mois pour se racheter jusqu'au prix maximum de fr. 11,80. Peut-être s' agissait-il encore de lots à livrer sur décembre et même novembre. Quoi qu'il en soit, cet élément semble avoir maintenant disparu du marché et il est peu probable que pour de la marchandise à livrer réellement en disponible, on obtienne rien qui y ressemble, aux cours en question. Quant au caoutchouc à livrer sur février à avril, il vaut de 10,80 à 11,80 suivant l'époque.
Le Sernamby Cameta est nominalement à 8,50 et celui des Iles à 8,30.
Caucho slnb. — Plusieurs petites affaires ont été traitées de fr. 9 à 9,2.">.
Les recettes av Para étaient au 17 janvier de 1.700 tonnes. Celles du mois de décembre 1906 se sont élevées à 2.610 t. (dont 90 du Pérou) contre .3.480 en décembre 1905, ce qui porte le total de la récolte du premier juiUet au 31 décembre 190fi à 14.730 t. contre 14.690 t. en 1905.
/.es statistiques générales donnent au 31 décembre les chiffres suivants, en tonnes, contre ceux de l'année dernière :
Sorlts du Para
Arrivages au Para
Stocka à Liver-
— depuis le
pool — & New-York
1)31 in!i
1" juiUet.
Expédit. du Para
— au Para
■5fi0
en Europe . .
— à New- York
En rout« pour
l'Europe
.'i;io
Sortes (VAfrxqxie
— New- York .
Stocks à Liver-
En route
pool
d'Europe à
— à Londres.
New-York
— à New-York
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Stocks sur le
Continent ....
Un
IiU
Arrivases à Li-
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CSG
— à Ixindres.
.Arrivages à Li-
— à New-York
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verpool . .
Livraisons à Ll-
— A New- York
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Livraisons à Li-
— à Londres.
verpool . .
i:tlO
— à New- York
— ;; à New- York
il. 10
If 70
Stocks de t. sort.
Sortes d'Afrique et d'Asie. — Toutes ces qualités sont restées extrêmement fermes et les lots supérieurs se sont vendus à des pris inconnus jusqu'à ce jour :
Les Conakry .Niggers se sont traités de fr. 12,15 à' 12,25.
Les Soudan rouges à 11,10.
Les Soudan blancs de 10,50 à 10,75.
De grandes affaires de Gambie prima se sont traitées entre fr. 8,50 et 8,75, de G. secondaire à 7,50 environ.
Les arrivages de Tonkin rouge sont presque nuls et se .sont vendus à des prix fort élevés.
Le Tonkin noir reste demandé à fr. 8,55.
Maniçoba. — Les arrivages continuent à être rares. Il semble qu'il n'y ait plus que deux qualités, l'une tout à fait supérieure, valant de 11 à 12 fr., l'autre très ordinaire qui se. traite entre 7,25 et 8,25.
Anvers. — On a vendu le 16 environ 320 t.
N» 67 — .Tanv. 1907
.lOlJHNAL D'AGItlCULTl'KE TROPICALE
qui se sont traitées avec une hausâe inoyenne (le 40 centimes au-des»ius des taxes.
Havre. — La prochaine vente iiura lien le 30 janvier et comprendra environ 30 t.
Caoutrhoui' cultivé. — On a payé de fr. l().ir> à 16,20 pour la qualité supérieure,
Mexique eultivi. — Un premiej- lot de cette provenance sera vendu à la vente du .'{(> janvier au Havre.
Hecht Frères â- C '".
.1, rue Sl-l.u/.ai-e.
Paris, 22 janvier 1907.
Le Marché du Coton
Chronique spéciale du « J. d'A. T. m Par MM. A. & E. Fossat
Nous coutimioiis a assistci- a dt's séances très peu mouvementées et étant donne le niveau des prix assez élevé où nous nous retrouvons à cette époque cependant peu avancée, le parti baissier devrait pouvoir se livrer à des pressions dirigées sur les marchés à terme en vue d'aiïecter défavorablement les cours de l'article, puisque maintenant il est plus aisé de se faire une idée sur ce que sera la récolte américaine en cours de route : les recettes et mouvements aux Etats-LTnis indiquent en effet plutôt une gro.sse production.
Malgré ces perspectives encourageantes pour les amateurs de ventes à découvert, il y a peu d'opérateurs enclins à risquer la partie ; la cause de cette pénurie de vendeurs est la marche fantastique de l'industrie qui, loin de désarmer, paraît au contraire très disposée à s'engager à fond sur toute l'année 1908.
Les achats faits journellement en disponible Amérique, sur les grands marchés du continent, sont sans précédents, et il se traite à Liverpool des affaires immenses qui atteignent parfois le chiffre de 18.000 balles en une seule journée.
Etant donné que les gTades ou classements qui intéressent le plus la consommation deviennent journellement de plus en plus rares, la situation actuelle peut continuer encore longtemps et les cours de
l'article rester très soutenus encore quelque temps.
Le Rapport des égreneurs. publié le 9 courant, indiquait 11.750.000 balles égrenées au l'^'' janvier, soit un million de balles eu moins que durant l'année de la plus grosse récolte ; en tenant compte du retard subi ])ar la récolte actuelle, il n'est pas permis d'espérer un rendement final au delà de 13 "l à 13 -^ millions (dont une forte partie non utilisable pour notre industrie française); soit à peu près l'équivalent des besoins de la consommation.
D'autre part, comme l'approvisiounement visible continue à être a.ssez restreint eu cotons américains, que les beaux classements qui conviennent le plus à la consommation font totalement défaut dès à présent et que la situation financière paraît devoir s'améliorer, il ne nous paraîtrait nullement impossible que le réveil de l'article se fasse sentir avant peu.
Il ne s'est traité, depuis la date de notre précédent article, que peu d'affaires en cotons autres que l'américain et cela simplement parce que, pour les beaux cotons de soie d'un classement au-dessus de la moyenne, les détenteurs, assurés qu'ils étaient cette saison de ne pas avoir de concurrence à craindre sur ce chapitre de la part des Etats-Unis, ont demandé des prix ne laissant plus aucune marge pour l'industrie et ont de ce fait écarté la demande.
Les dernières correspondances reçues de Haïti annonçaient que la future récolte serait intéressante et pour cette soi te nous continuons à préconiser surtout un nettoyage mieux compris du coton brut mis en balle, car les acheteurs préfèrent payer un cours assez élevé, mais recevoir un coton propre et de soie régulière.
Ci-après quelques chiffres indiquant « l'en vue » de la récolte américaine au 18 décembre (depuis le 1" septembre 190.5), en balles de 220 kg. en moyenne ; en regard, les statistiques des années précédentes à la même date : 1906/1907 1905/1906 1904/190.5 1903/1904 9.154.000 7.627.000 8.575.000 7.673.000
L'approvisionnement visible du monde entier
JOURNAL D'AGRICLLTL UK TWOPICAI.K
N"67 — Janv. 1907
était, au 18 janvier, eu balles (le 50 à 300 kg. selon provenance :
1907 lOOti 1905 1904
Cours du coton disponible, par sortes, en francs, au 19 janvier, les 50 kg. entrepôt :
UpUnd (MiddUoK)
lill . .")0
Broach (Fiae)
ii6
Ses Island (Extxa
Bengale (Fine)
Fine)
Chine (Good)
Sea Island (Fine)..
jjri
Egypte bran (Good
Haïti (Fait)
Fair)
li.".
Savanilla (Fair)...
Egypte blanc (Good
Céara(Fair)
Fair)
17ij
Pérou dur (Good
Afrique Occ. Fair.
Ti.51
Fair)
Il'i
Saigon (Egrené)..
Autres sortes. — Cotations et renseignements sur demande. A. & E. Fossat.
Le Havre, 19 janvier 1907.
Sucre de canne et Sous-produits
Chronique spéciale du « J. d'A. T. »
Par M. George de Préaudet
Silualion générale. — Les cours du suci'e .sont toujours en baisse ; en France nous sommes descendus au-dessous de fr. 26, ce qui résulte, comme nous ne faisons que le répéter dans ce Journal, de la situation normale de l'article. Les autres marchés européens sont soutenus à la date où nous écrivons, il faudrait que nous les laissions reprendre de l'avance sans les suivre afin de pouvoir exporter; notre marché s'assainirait ainsi par l'écoulement de notre stock troji considérable. La situation donne beaucoup d'anxiété à nos planteurs coloniaux. Les sucres de la Réunion sont en plein arrivage: comme l'an passé, ils trouvent des cours d'application désastreux. Les expéditions des Antilles vont commencer dans doux mois, peut-être avant ; que coterons-nous à ce moment ? Tout dépendra de l'importance des ensemencements de betteraves: il est inutile de s'appuyer sur d'autres causes.
Antilles françaises. — L'usine Basse-Pointe étant dans l'impossibilité de charger ses goélettes vu l'état de la mer et la Martinique étant dénuée de voies de communication dans toute sa partie nord, 3.50 tonnes de la campagne 1905- 1906 ne pourront s'expédier qu'en 1907. La récolte s'annonce belle.
A la Guadeloupe, la mise en marche de plusieurs usines est retardée par suite de la relàclie à la Cologne du voilier « Sorrento » portant à la colonie du matériel, notamment l'usine Grande .^nse ne pourra commencer la roulaison avant le 15 février. Les cannes ne se sont pas développées partout comme on l'espérait il y a quelques
mois, ce qui atteint l'importance de la récolte-
Réunion. — Les cristallisés 98° se vendent à la parité de : déprime 0..50 à 0,25 sur cote n" 3. Les grains fins de chocolaterio se pla«-ent vers 1,50 prime sur cote des 88 à l'analyse.
Maurice. — Les exportations en Australie ont beaucoup diminué, passant de 57.000 tonnes à 1.200 tonnes en 1905-1906. Le Comité d'hygiène d.ans ce pays a récemment défendu l'introduction du sucre mauricien comme contenant de l'arsenic. Il va sans dire que la Chambre de Port- Louis se défend.
On sait qu'aux Indes les Brahmanes condamnent tous les sucres étrangers comme contenant du sang de bœuf, ce qui entrave le commen-.e de ce côté aussi. La compensation semblait être du côté de l'Afrique du Sud oii lep livraisons sont passées de 3.0001. à 40.000 t. dernièrement, mais l'abaissement du tarif douanier de '/g enlève à Maïuice sa situation privilégiée. I-à encore la lutte.
Haivaî. — D'après le« rapports du Consulat de France, la récolte est très tardive par siiite de la sécheresse et sui'tout du manque de bras ; une partie de la récolte sera même perdue. J^a situation de l'arciiipel est certainement prospère, mais la difficulté de trouver des bras est toujours grande : on essaye de renouveler l'immigi'ation portugaise ; un nav're apporte environ 300 travailleurs, mais il en faudrait 20.000.
Cuba. — D'après Guma, les exportations de sucre do Cuba en 1905-06, rcssortent :\ 1.150.466 tonnes, contre 1.04t.450 en 1904-05. Le stock étant de 993 t. contre 73.<î68 t., les ressources se montaient à 1.151.369 t., contre 1.118.098 t. en 1904-05. Déduisant la consommation locale, — 46.830 t., contre 46. 160 t., l'an passé,. — et le stock au 1" jau\'ier, — 19.450 t., — nous trouvons pour la production 1905-06, 1.178.749 t., contre 1.163.258 t. en 1904-05 ; soit une augmentation de 15.491 t. Si la totalité des cannes en terre peut être travaillée, la récolte 1905-06 dépassera 1.500.000 t. ; on la calcule exactement à 1.524.714 t.
Porto-Rico. — Les frais de fabrication du sucre se montent, pour les 100 kg., 96°, rendus à New- York, :i :
Canne IV. 14. «8
Kubrli-alion ^.4-
.Mise à lioid 0 4;
KrcI cl Assurances 2.1.1
Soit fr. i.ï,'J.">
La valeur du sucre 96° à New- York est actuellement de fr. 40. acquitté, et l'on sait q»io les sucres de Porto-Rico ne paient pa« de droits.
N" 67 — Janv. 1907
Demerara. — D'après le Département d'Agiiciilture, la superficie plantée en canne est de 31.200 hectares dont 1.000 appartenant à de petits cultivateurs. C'est en dix ans une augmentation de 4.440 hectares. Le pri.\ de revient d'une tonne de sucre est de 2(3 1 francs. En 1890, il était de fr. 289.2.5. Les cannes obtenues de graines remplacent de plus en plus la ': Bourbon ". Elles donnent des rendements supérieurs à cette dernière de 12 à 20 % et demandent moins d'engrais.
G. DE Peéaudet.
Xantes, 20 janvier 1907
Le Marché du Café
Chronique spéciale du « .T. d'A. T. » Par M. H. Vermond.
Les « walorisateurs " brésiliens semblent affolés; leurs manipulations diverses ne peuvent arrêter le flot toujours montant du café. Immobiliser de la marchandise dans les entrepôts pendant un temps plus ou moins long, essayer de cacher l'importance réelle des recettes journalières, retarder l'expédition des récoltes sur les ports d'embarquement, tout cela ne diminue pas d'une unité le nombre de sacs, ne détrmt pas un kilo de café. C'est se cacher les yeux pour n'être pas vu.
Aussi, nous sommes aujourd'hui à 37 fr. 7.5. en attendant mieux, probablement. Le Brésil émettait il y a quelques années la prétention d'anéantir tous les autres pays producteurs de café ; certes, il leur a fait bien du tort ; mais, c'est encore lui la plus pitoyable victime de sa surproduction insensée et aucun expédient, y compris la fameuse « Régie du café en France ", n'est capable de le sauver.
11 devra fatalement, sans même que l'Etat ait à s'en mêler, par la .simple loi naturelle de l'offre et de la demande, réduire ses plantations ; mais ce ne sera pas demain, et nous avons encore des années de bas prix en perspective.
Cours au 19 janvier. Entrepôt Havre, 1^/4 % comptant ; les 50 kilos .•
Santos good average
Malabar fr.
Rio lavé supérieur. .
Haïti Port-au-Prince
Moka
Mexique gragé
Java Hollande (bon or-
Porto-C'ahello et La
Guayra
Libéria supérieur de
GuadeIoupeHab.(à 1.)
Java
SI
Porto-Rico
Libéria dit d'Afrique -
Costa-Rica lavé
Bourbon
Guatemala lavé
Nouméa
San-Salvador
Kouilou de Madagascar
y -B. — Ouelques-unes des qualités cotées dans le tai)leau ci-contre M'nrriveiit en faitjamiiis au Havre ; nous les avons choisies cependant comme pennetlant de suivre le plus facilement la tendance (fenérale des cours des provetiances en question, I>ans tous les cas, nous indiquons les cours à la parile du Havre. — Les cafés des colonies françaises bénéficiant d'une détaxe de :n francs par 50 kilos, il faut diminuer leur cote d'autant pour la comparaison avec le reste ilu tableau.
H. Vermond,
3, me des Juges Consuls.
Paris. 19 janvier 1907
Le Marché du Oacao
Chronique spéciales du « ,1. d'A. T. n
Par M. Anthime Alleaitme
L'année !!l"lj qui vient de se terminer, uura été marquée par la hausse extraordinairenient brusque des cacao.s de toutes provenances : en effet ce n'est qu'à partir de la fin d'aoîit qu'aclieteurs et consommateurs ont pris leur parti d'une hausse qui s'imposnit tant par suite de la faiblesse des récoltes en cours que par la dimiiiutiou progressive des arrivages et des stocks disponibles sur les divers marchés européens. Le Havre, Londres et Hambourg en tête.
Nous reviendrons le mois prochain sur les productions des diverses provenances, mais dès maintenant nous pouvons constater les eft'ets qui en sont résidtés •
Au Havre, nous nous trouvons au 31 décembre avec un sctok en entrepôt de 07.175 sacs, contre :